C’était jeudi soir, dans le TGV 9277 en direction de Lausanne. Au départ du train, à 18h04, toutes les places sont prises, mais dans la voiture-restaurant, on découvre une curieuse ambiance. Juchés sur les tabourets hauts, trois ou quatre gaillards ont le nez plongé leur laptop. Manifestement ils se connaissent, de temps en temps échangent quelques mots. Ce sont des pendulaires, ils travaillent à Paris mais habitent à Dijon. « Moi, je pars à 6h de chez moi, explique l’un d’eux, et j’arrive à 8h30 au bureau. C’est tranquille ! »

Ca fait quand même cinq heures de déplacement par jour, ce n’est pas fatigant ?

Oh non, s’exclament-ils en chœur. Mieux vaut ça que le RER !

Dans le groupe, un seul n’a pas d’ordinateur portable, il joue au sudoku. On me le présente : « Lui, c’est l’ancêtre, ça fait 21 ans qu’il fait les courses. » Sa philosophie tient en quelques mots : « Paris, faut avoir les moyens ! Et moi, je préfère Dijon à la banlieue. »

D’ailleurs on arrive. Dijon, les deux tiers du train descendent. Il est bientôt 20 heures. Ils ne sont pas encore chez eux, mais ils ont échappé à la banlieue…

Alain Rebetez (L’Hebdo)

Alain Rebetez

Articles liés

  • La cantine des femmes battantes : solidarité féminine, ambition et cuisine

    #BestOfBB Lancée en fin 2019, l’association dionysienne La cantine des femmes battantes vise l’émancipation des femmes précaires grâce à la cuisine. Tous les weekends, Aminata, Mariame, Maïté et Fatou se réunissent pour cuisiner, vendre et livrer une cinquantaine de plats à Paris et en Seine Saint Denis. Issues de parcours compliqués, ces cuisinières ont décidé de monter l’association dont elles avaient besoin, afin d’aider, par la suite, les femmes qui leur ressemblent. Reportage.

    Par Sylsphée Bertili
    Le 26/07/2021
  • Le blues des petites mains du monde de la nuit

    Après 16 mois de fermeture administrative, les discothèques ont rouvert leurs portes le 9 juillet dernier. Mais alors que l’épidémie repart, l'étau se ressert déjà pour bon nombre de professionnels partagés entre la colère des derniers mois sans activité, et le doute concernant le futur. Nous avons rencontré quelques petites mains du milieu, qui racontent la précarité des derniers mois.

    Par Lucas Dru
    Le 22/07/2021
  • « On avait envie de ramener les vacances en bas de leurs bâtiments »

    Avec la crise sanitaire, pour de nombreux jeunes des quartiers populaires, l’été se passe souvent à la maison. Pour faire face à un été compliqué, des associations proposent (heureusement) des alternatives pour les plus jeunes. Reportage.

    Par Kamelia Ouaissa
    Le 16/07/2021