Cela fait un mois que la rédaction d’Europe 1 est sans nouvelles de ses deux journalistes, enlevés le 6 juin dernier. Un comité de soutien a été crée, il se réunissait aujourd’hui devant la radio.

Rue François Ier, dans le VIII arrondissement parisien, devant Europe 1, à moins une cinquantaine de journalistes s’étaient rassemblés sur le parvis. Un agent d’entretien de la ville de Paris s’interroge : « vous savez ce qu’il se passe ? ». Une femme lui répond « ce sont deux journalistes français qui ont été pris en otage en Syrie. Un rassemblement de solidarité est organisé ». Il n’a jamais fait attention aux deux affiches placardées sur les murs d’Europe 1. Des vendeuses sorties tout droit des boutiques chic du quartier acquiescent. « Pourtant je travaille ici tous les jours. Ce qui est sûr, c’est qu’elles ont été affichées il y a moins d’une semaine. Avant, il y avait Bruce Toussaint et Laurent Ruquier, je me souviens ».

Didier François, grand reporter pour Europe 1 et Edouard Elias, jeune photographe de 22 ans ont été interceptés par des hommes armés alors qu’ils étaient en route vers Alep, dans le nord-ouest de la Syrie. Un comité de soutien réuni autour de Florence Aubenas, Serge July et Karen Lajon, s’est mis en place. Et le premier rassemblement de solidarité s’est tenu ce mardi 9 juillet à 15 heures devant Europe 1.

Pour Serge July, Didier François « est une personne qu’on connaît ». « ‘On’ c’est l’ensemble de l’équipe. On n’est pas seulement touché, on est bouleversé ». Florence Aubenas a failli ne pas monter sur l’estrade pour s’exprimer. Elle se souvient de l’époque où elle se trouvait dans la même situation en Irak et où Didier François lui avait manifesté son soutien. « J’ai failli ne pas prendre la parole. L’idée que ce soit moi qui la prenne aujourd’hui pour manifester mon soutien à Didier, c’est quelque chose de très émouvant ».

Le comité de soutien rappelle qu’en « Syrie, au moins 24 journalistes de toutes nationalités et au moins 58 citoyens journalistes syriens ont été tués. Un comité se crée aujourd’hui au nom de Didier et Edouard. Il ne s’agit pas d’oublier les autres, mais, au contraire, de défendre à travers eux tous les journalistes aujourd’hui otages en Syrie et dénoncer une situation qui confisque la liberté d’informer ».

L’information a été rendue officielle après es pourparlers de rigueur entre les autorités Française et la Syrie. Maintenant « il faut une médiatisation, dit Florence Aubenas. C’est fondamental pour les droits de l’homme ».

Mimissa Barberis

Un comité de soutien

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