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Ils étaient pompiers, âgés de 20 et 23 ans. Ils voulaient se rendre utiles en sauvant des vies. Ils y ont laissé la leur. Vendredi matin, en se levant, ils ne savaient pas que ce serait le dernier jour de leur existence. C’est ça qui est triste et injuste. Ce sont mes petites voisines qui sont venues me dire qu’il y avait eu un incendie à « Riquet ». Elles n’ont pas arrêté de pleurer depuis. La caserne des pompiers se trouve le long du canal de l’Ourcq et on les voit tous les jours quand on sort les enfants pour les amener à l’école. Alors, ça crée des liens, on les aime bien nos pompiers. Ils sont beaux et sympas, en plus d’être généreux. 

C’est une voiture pleine d’essence qui a pris feu à cause d’un chalumeau, dans un garage automobile du 19ème arrondissement de Paris, du coté de la rue Riquet. Quelqu’un a appelé les pompiers qui sont arrivés aussitôt, la caserne étant à deux pas. Mais  pendant l’intervention, l’un des plafonds du garage s’est effondré sur deux d’entre eux, et ce fut le drame, l’un est mort « sur le coup », l’autre de ses blessures. Je me suis rendue sur place et j’ai discuté avec des témoins du drame, qui soupçonnent une origine criminelle de l’incendie. Voici leur version : « N’importe quel garagiste sait que l’on ne doit jamais utiliser un chalumeau à côté d’un circuit gras, et là il y avait de l’essence, c’est un incendie allumé volontairement dans le but d’obtenir les assurances car ce commerce ne rapportait pas d’argent. » Je préfère croire  à la thèse de l’accident. 

Nous devons nous rappeler que des hommes et des femmes font des métiers avec passion au service des autres, et que parfois, cela leur est fatal. Je pense aux pompiers, aux infirmières, aux ouvriers du bâtiment, et à bien d’autres corps de métier encore. Ces professions sont rarement reconnues à leur juste valeur, et, sans aller jusqu’à parler de précarité, celles et ceux qui les servent n’ont pas le salaire qu’ils mériteraient d’avoir.

Après l’explosion de Bondy, qui a fait un mort, il y a à peine trois semaines de ça, l’incendie du garage de vendredi s’est produit dans mon quartier, juste en face de l’immeuble de Sally, et je voulais écrire ce billet en hommage à ces deux jeunes pompiers qui venaient à peine de commencer leur vie d’adulte.

Nadia Mehouri

Nadia Mehouri –

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