Hier à 17h30, un rassemblement a eu lieu à l’esplanade Claude Fuzier à Bondy. Politiques locaux et habitants se sont réunis pour rendre hommage à Charlie Hebdo. 

Sur l’esplanade, régnait une atmosphère de recueil aux regards hagards des bondynois toujours aussi interrogatifs face à cet événement d’hier. On ne comprend pas une telle barbarie me disent-ils tous chacun à leur façon…

« Notre réponse à l’intimidation, ce sera le courage. Notre réponse au repli identitaire, ce sera l’ouverture aux autres. Notre réponse à l’injonction de nous taire, ce sera la parole libre et démocratique » a déclaré dans son discours Sylvine Thomassin, maire (PS) de Bondy. Le discours est suivi du  « chant des partisans » entonné par tout le monde.

« On s’est rendu compte que Bondy dans sa diversité était là et ça c’est le Bondy qu’on aime et qu’on connait, qui va rester debout sans avoir peur de son voisin car les terroristes ne doivent pas gagner. Je suis fière de ma ville ce soir » confie la maire de Bondy.

A son tour, Gilbert Roger, Sénateur (PS) de la Seine Saint-Denis, présent également à ce rassemblement, souligne : « C’est un drame abominable. J’espère qu’on va retrouver ces fauteurs de trouble et les sanctionner très durement. Il faut ensuite qu’on prenne les mesures pour changer notre regard parce que désormais ce n’est pas simplement un acte de terrorisme. C’est une guerre qui est désormais sur le territoire national et en Europe. Que les bondynois soient là pour communier ensemble, et bien c’est une belle chose ».

Les autres tendances politiques de Bondy étaient également au rendez-vous. Une conseillère municipale UMP relève à son tour : « C’est un hommage aux victimes et à leurs famille. Un Grand drame. Un grand deuil pour notre famille française et pour les français. Oui, à la liberté d’expression ! Oui, à la liberté de vivre ! Oui, à la liberté de penser ! Vive la France ! Vive la République ! ». Sa collègue UMP poursuit : « il y a aujourd’hui une participation des habitants qui montrent que la démocratie doit être respectée, que nous sommes en République, que nous ne devons pas nous laisser faire. Nous devons continuer le combat et surtout rester tous unis ».

Une autre conseillère municipale du parti communiste dit aussi : « c’est la France qui est touchée en plein cœur par cette action là. Le fait que les gens à Bondy se réunissent, ça prouve bien que tout le monde est ému et qu’il y a la volonté de passer outre cela et que les membres de Charlie Hebdo ne sont pas morts pour rien. On s’attaque à la liberté d’expression mais ils n’arriveront pas à nous faire taire de cette façon là ».

«  Je suis venue à ce rassemblement car cette affaire m’a beaucoup saisit sur le plan émotionnel »

 « Ce rassemblement unit tous les peuples, toutes les religions… ça unit tout le monde contre le terrorisme pour la paix » déclarait une bondynoise dans la foule.

Il y aussi ce jeune homme, Zakaria, qui m’a fait part de son sentiment : « il ne faut pas faire l’amalgame avec tous les autres musulmans car je suis musulman moi-même.  Ces gens là sont des terroristes pas des mulsumans. Un musulman ne tue pas au nom de Dieu. Le terrorisme est un virus que nous devons combattre tous ensemble toute religion ou sans religion et toute nationalité confondue ».

«  Je suis venue à ce rassemblement car cette affaire m’a beaucoup saisit sur le plan émotionnel, explique Auriane, j’en ai même pleuré et j’avais vraiment envie que l’on s’unisse car on doit réagir, on ne peut pas laisser les choses comme ça. Je me suis sentie intérieurement l’obligation de me rendre ici. J’ai vraiment envie de faire évoluer les choses ».

Une centaine de personnes se sont déplacées hier sur cette esplanade Claude Fuzier. Quelques enfants étaient présents, mais principalement des adulltes. A 18h30, cet hommage à Charlie Hebdo a pris fin.

Cristel Fabris

Articles liés

  • Le blues des petites mains du monde de la nuit

    Après 16 mois de fermeture administrative, les discothèques ont rouvert leurs portes le 9 juillet dernier. Mais alors que l’épidémie repart, l'étau se ressert déjà pour bon nombre de professionnels partagés entre la colère des derniers mois sans activité, et le doute concernant le futur. Nous avons rencontré quelques petites mains du milieu, qui racontent la précarité des derniers mois.

    Par Lucas Dru
    Le 22/07/2021
  • « On avait envie de ramener les vacances en bas de leurs bâtiments »

    Avec la crise sanitaire, pour de nombreux jeunes des quartiers populaires, l’été se passe souvent à la maison. Pour faire face à un été compliqué, des associations proposent (heureusement) des alternatives pour les plus jeunes. Reportage.

    Par Kamelia Ouaissa
    Le 16/07/2021
  • Le fast food social de l’Après M, 13 organisé à Marseille

    Dans les quartiers Nord marseillais, l’Après-M est en pleine phase de transition : de la débrouille à la structuration, mais toujours dans une quête d'indépendance. En pleine discussion avec la mairie phocéenne qui a annoncé son rachat, le 9 juillet prochain l’Après-M connaîtra la nature de sa propriété et de ses propriétaires. En attendant, l’auto-organisation locale reste toujours la marque de fabrique de la structure qui continue de fournir de l’aide alimentaire. Reportage.

    Par Amina Lahmar
    Le 08/07/2021