Le Saint-Valentin, c’est demain. La fête des amoureux ne connaît plus de limites. Tous les moyens sont bons pour rendre cet instant inoubliable. Les femmes se parent de lingerie olé-olé pour le plaisir de leurs compagnons ; les hommes parsèment de pétales de roses le chemin qui sépare l’entrée de l’appartement du lit, avec bougies parfumées pour seule lumière. Les accessoires sont personnalisés, comme les mugs avec la photo du couple ou le string avec le nom du Roméo brodé dessus. Et puis, il y a la tranche 14-20 ans, qui appréhendent cette fête de différentes façons.

Les 14-16 ans s’échangent des cartes pleines de mots doux avec un petit pendentif en forme de cœur. Les 17-20 ans s’accordent une journée entière, avec cinéma, dîner au resto et cadeau glissé de la paume de la main au partenaire d’en face. Certains sont anti Saint-Valentin. Je demande à un ami : « T’as prévu quoi pour samedi? – Mais y a quoi samedi ? – Bah c’est la Saint-Valentin !! – Oh ! M’embête pas avec ta Saint-Valentin, toi ! Tu sais, j’ai pas besoin du 14 février pour dire je t’aime à ma copine et lui offrir un cadeau. Avec moi, c’est la Saint-Valentin tout les jours. – Ah bon ? C’est quand la dernière fois que tu lui à offert un cadeau ? – Heu… »

Moi, j’appelle ce genre de mecs, des rigolos ! Ils font semblant d’être aux petits soins avec leur copine, et aux filles qui leur demande s’ils sont doux avec leur moitié, ils répondent : « Oh, ma copine, moi j’lui dis je t’aime tout les jours et elle le sait ! J’lui ai offert un bouquet de roses hier, sa joie m’a fait fondre. » Mais quand ils sont avec la bande de copains, ils changent de registrent : « Oh les filles ! Elles veulent tout le temps des cadeaux et des mots doux. J’suis pas un romantique, moi ! Les fleurs, c‘est cher, en plus, avec la crise, hein ! Vas offrir une rose à cinq euros à ta meuf ! »

Bref, chez les jeunes, la Saint-Valentin, c’est la totale ou pas du tout. Moi, c’est plutôt la totale. Le 14 février, c’est l’occasion de rappeler à l’être aimé à quel point il nous est cher. Et de le lui prouver avec un sacré beau cadeau. Un cadeau qui le surprendra. Quelle femme ne rêve pas d’une sérénade (avec la bague quand même, faut pas exagérer non plus) ou d’une demande en mariage devant un coucher de soleil ? Mais je divague… Les standards du romantisme sont les meilleurs.

Revenons à la lingerie. Travaillant dans le secteur, je me rends compte que beaucoup de femmes souhaitent acheter des dessous fringants, voire carrément (je ne trouve pas mes mots). A croire que pour les 30-50ans, la Saint-Valentin rime avec nuit blanche. Quand j’entends : « Bonjour mademoiselle, je cherche un ensemble rouge ou rose un peu hot pour ma nuit de Saint-Valentin, je veux marquer le coup », je réponds : « Oui, bien sûr, je vais vous trouver ça. » J’ai très envie de rire mais je me retiens. Je conseille la cliente, l’oriente vers des modèles que personne ne porterait en temps normal. Mon boulot, c’est de vendre, donc, je vends. Tout en satisfaisant madame. Comme dit le Dom Juan de Molière : « Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans de changement. »

Inès el Laboudy

Inès el Laboudy

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