Infusions, graines de nigelle, gelée royale… Tous les jours, Nassima suit à la lettre la routine qu’elle s’est choisie pour affronter le coronavirus. Cette infirmière de 41 ans a appris, peu après le début du confinement, qu’elle avait attrapé le Covid-19. « Un matin, je me réveille lourde, je me demande ce qui m’arrive, raconte-t-elle. Le jour même, je commence à sentir des courbatures comme si on m’avait rouée de coups, je les sentais même à la racine de mes cheveux. Le moindre mouvement me faisait mal. »

La jeune quadragénaire pense alors à une simple grippe mais les symptômes s’étoffent : oppression thoracique, étouffement, essoufflement… Quand s’y ajoutent une forte toux, des grosses migraines et des troubles digestifs, Nassima est emmenée aux urgences par une de ses amies. Elle passe le test mais l’infirmière peine à faire le prélèvement : « En prenant le grand coton-tige qu’elle introduit dans ma cavité nasale, elle me dit ‘Je n’arrive pas à aller au fond, ça risque d’être un faux négatif’. » Un sentiment confirmé par le résultat du test, qui n’empêche pas Nassima de savoir qu’elle a bien contracté le virus.

La recette de Nassima

On lui donne des Doliprane pour soulager les symptômes. Mais la mère de deux enfants sait que son salut passera par autre chose. Elle qui dirige un institut de « santé naturelle », Umanesens, fait la part belle à ce type de solutions. « Je bois beaucoup d’eau, pas de boissons gazeuses, pas de lait, raconte-t-elle. Je bois des infusions au thym, au romarin, à la verveine, du miel bio… » Pour se requinquer, Nassima prend également « tous les matins, à jeûn, une ampoule à base de gelée royale, d’extrait de racine de gingembre et de racine de sureau. »

Mais ce n’est pas tout : la maman de Younes, 11 ans, qui a lui aussi contracté la maladie, renforce son organisme avec « du magnésium, de la vitamine B et C, des gélules d’huile de foie de requin avec de la vitamine D, de la propolis en gélule. » Ah, et on a failli oublier « les compléments alimentaires de champignons de reshi pour booster le système immunitaire. »

Avec toute cette artillerie, les symptômes de Nassima ont commencé à s’atténuer au bout du neuvième jour, assure-t-elle. Elle recommande ainsi de manger équilibré, des épices tel que le curcuma, le cumin ou le gingembre, des graines (sésame, nigelle, tournesol, chia) qu’elle-même mange tous les matins à jeûn avec son fils. Contrairement à la mode qui a marqué le début du confinement, « il faut éviter les pâtes, c’est un aliment acidifiant qui n’est pas bon pour le système immunitaire », affirme-t-elle. Nassima préconise donc plutôt des légumes, des légumineuses et des céréales complètes.

Vivre aussi normalement que possible

Malgré toutes les précautions que Nassima a pu prendre, son fils Younes a lui aussi contracté la maladie mais avec moins de symptômes : diarrhée et troubles digestifs notamment. « Un matin, mon fils s’est levé en me disant ‘Maman, j’ai les jambes bizarres’. Je lui demande alors si ses jambes étaient comme du coton et il m’a dit que c’était le cas. » Mais elle se rassure : « Il a plein de symptômes mais il tient le coup. »

A deux, Nassima et Younes font confiance à la nature et à ses remèdes pour les débarrasser du coronavirus. Encore très fatiguée, l’infirmière tente de mettre de la vie dans son appartement de Colombes : elle fait l’école à son fils et le maintient en activité en lui proposant de regarder des films, de jouer avec leur lapin ou de nettoyer la maison ensemble. Une autre forme, tout aussi naturelle, de résilience.

Chahira BAKHTAOUI

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