Sakho, Pogba, Ribéry, Benzema, Sissoko… Ces joueurs de l’équipe de France ont un point commun : ils sont tous issus des quartiers populaires. Comment expliquer l’image de vivier dont jouissent les banlieues sur les terrains de football ? Pour en parler, le Bondy Blog a invité Jamel Sandjak, président de la Ligue de Paris Ile-de-France de football, et Karamoko Sissoko, vice-président aux sports d’Est Ensemble (93). Tous deux ont souligné l’importance du football dans les banlieues, comme  un loisir mais aussi comme un vecteur d’ascension sociale.

Ancien joueur, entraîneur et directeur général du club de Noisy-le-Sec, Jamel Sandjak est revenu sur son expérience, depuis la direction du District 93 à, la Ligue de Paris, depuis 2012. Il a insisté sur la difficulté pour un jeune de devenir footballeur. « Sur 5 000 jeunes qui jouent au football, seul un devient professionnel. » Président-fondateur du Sporting Club Bagnolet, Karamoko Sissoko est revenu sur le parcours de certains de ses joueurs, « dont on a appris qu’ils étaient convoqués pour être recrutés dans des pays de l’Est, avant d’être prévenus par mail ou par téléphone qu’il fallait aller les chercher. » 

Le patron du foot francilien est également revenu sur le débat autour de l’émergence d’un deuxième club professionnel à Paris. « Je soutiendrai tout projet d’un deuxième club populaire en région parisienne« , a affirmé Jamel Sandjak. L’occasion aussi d’envoyer un message aux dirigeants du Paris Saint-Germain, dont le projet à portée internationale est parfois accusé de se faire au détriment de la région francilienne. « Le Paris Saint-Germain a tout à gagner à devenir un club populaire. J’espère que les dirigeants du PSG vont prendre conscience de la richesse de leur environnement. Il n’y a aucun projet qui peut durer comme une fleur si on ne s’occupe pas de son environnement. »

Ilyes Ramdani

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