C’est dans ce contexte que Stéphane Lacombe a souhaité rappeler les buts de l’association « Onze Janvier » mais également de l’Association Française des Victimes du Terrorisme et revenir sur certaines polémiques « post-onze janvier » et sur la collaboration de l’association avec Mohamed Sifaoui, président de l’association « Onze Janvier ».
L’Association Française des Victimes du Terrorisme (AFVT) : soutien et assistance aux victimes
L’AFVT a vu le jour en 2009 grâce à Guillaume Denoix de Saint Marc dont le père, Jean-Henri, a trouvé la mort lors de l’attentat du DC10 d’UTA en 1989. Guillaume Denoix de Saint Marc, après un long combat pour l’indemnisation par l’Etat libyen des victimes de cet attentat, est alors désireux de créer une « une structure pérenne, efficace et en prise directe avec la société, pour porter assistance aux victimes et contribuer à l’abolition du terrorisme, dans le respect des droits de l’Homme et du droit international ».
Aujourd’hui, cette structure s’articule autour de deux pôles :

  • « VIVA » qui recouvre tous les besoins exprimés par les victimes du terrorisme mais également l’action juridique de l’association. « L’AFVT se constitue partie civile dans toutes les affaires de terrorisme » précise Stéphane Lacombe. L’association organise également des cérémonies de commémoration quand les familles le demandent et leur apporte un soutien financier en plus de la cérémonie organisée par le cérémonie à toutes les victimes du terrorisme tous les 19 septembre. Tout cela contribue à « lutter contre l’oubli ».
  • « DVT » (pour Diplomatie des Victimes du Terrorisme) qui œuvre à la prévention de la radicalisation, avec notamment des interventions en prison ou des victimes s’adressent à des détenus. L’objectif est de faire s’exprimer les victimes « en tant que personnes » comme le précise Stéphane Lacombe « ça gène quand les victimes s’expriment en tant que personnes car, par exemple, les membres d’Action Directe avait pour habitude de dire « nous avons tué des symboles » lorsqu’ils commettaient un attentat contre un PDG mais c’est une manière de se dédouaner ». Dans le cadre de cette action, l’AFVT œuvre également auprès de la Commission Européenne au sein d’un « think tank » sur la prévention de la radicalisation à travers les témoignages des victimes.

Une action qui est à l’origine du rapprochement de l’association avec Mohamed Sifaoui et  « Onze Janvier ».
L’AFVT et le « Onze Janvier »
« Avec Mohamed Sifaoui, on s’est rencontrés en 2014 car après tout ce qu’il avait déjà fait, il voulait créer quelque chose pour agir sur le terrain, il voulait aider à créer une riposte républicaine structurée. On a découvert qu’on partageait les mêmes valeurs comme le respect de l’Etat de droit ou la lutte contre la peine de mort puis après ce qui s’est passé en janvier, ça s’est accéléré ». Concernant certains tweets de Mohamed Sifaoui qui peuvent ne pas être considérés comme très « onze janvier » justement, et auxquels du coup, l’AFVT en tant que membre de l’association « Onze Janvier » se trouve attachée, Stéphane Lacombe se dit « scotché de lire les accusations concernant Mohamed Sifaoui. Je ne veux pas en faire une victime mais vous n’imaginez pas ce qu’il reçoit comme torrents de boue tous les jours. Avec tout ce qu’il a vécu, autant en Algérie qu’en France, s’il y a quelqu’un qui peut ouvrir sa gueule c’est bien lui. Et puis, Mohamed Sifaoui a le droit d’écrire des conneries. »
L’association « Onze Janvier » est officiellement née le 17 mai, compte 1.400 membres et regroupe journalistes, artistes ou encore acteurs de la société civile qui se structurent autour de différents pôles de compétences. L’objectif est de « construire du data républicain pour lutter contre les extrémismes sur la toile. On travaille avec les spécialistes du conspirationnisme. Le but est d’initier quelque chose car on veut perpétuer la flamme du onze janvier. »
Sur les évènements de janvier justement, Stéphane Lacombe évoque une « séquence historique. Il y a eu un espèce de basculement qu’on le veuille ou non. En tout cas, je trouve hallucinant que des intellectuels, des idéologues, au lieu de s’interroger sur la barbarie des actes, fassent le procès des gens qui sont descendus dans la rue. L’analyse d’Emmanuel Todd ne se base sur aucune donnée scientifique, il a la même mécanique que Zemmour, ils racontent leur représentation à eux de la réalité. Pascal Boniface aussi ne se base sur aucun élément tangible pour critiquer l’association Onze Janvier ».
En attendant, l’AFVT continue son action auprès des victimes, notamment celles des événements de janvier. L’association « Onze Janvier » quant à elle, est en pleine structuration pour lancer différentes actions au sein des différents périmètres qu’elle s’est fixée.
Latifa Oulkhouir
 

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