A défaut de ne pas avoir réussi à avoir de places sur les sites de réservation, David et Jessica, vont vivre pour la première fois une finale de Top 14 avec Orange, l’un des partenaires principaux du championnat. La journée risque d’être forte en émotion pour ces férus du ballon ovale. L’arrivée au stade de France se fait en pagaille, toutes les rues sont barrées, les supporters en « rouge et noir » gravissent les routes au son des hymnes de chaque équipe, parfois nous avons même du mal à les distinguer. Le Pilou-Pilou ( le chant des supporters toulonnais) résonne a chaque coin du stade. Les toulousains eux, se font plus discrets. Première impression : Toulon joue à domicile.

Une fois arrivés devant la porte du stade, Orange a dans son programme prévu un avant-match dans un des salons du Stade de France. Les personnes sont invitées à faire leur propres pronostics sur cette finale et le bruit court que « Toulon va tout donner ». Des professionnels du rugby donnent même leur impression. Philippe Garuet, l’un des meilleurs piliers du monde annonce un « match serré » alors que Sébastien Chabal promet « un grand match avec un grand score », il pronostiquera même à 38-21 cette finale. Entre deux passages au buffet, le joueur Néo-zélandais Byron Kelleher fait son entrée dans le salon, tout le monde se prête au jeu de la photo en lui demandant gentiment de « revenir à Toulouse », mais le All Black a l’air d’avoir fait le choix de se retirer du monde du rugby.

17 heures 50 : l’heure de la finale a sonné. Direction les tribunes pour le spectacle. En effet en raison de l’Euro2012 et du match Allemagne-Portugal retransmis sur les écrans à partir de 20 heures 45, la finale se déroule à 18 heures. Installés bien confortablement sur nos sièges, l’arrivée des deux équipes sur la pelouse du Stade de France nous coupe le souffle pendant environ cinq secondes. Jean-Marc Ayrault fait, lui aussi, son entrée sur la pelouse pour saluer les finalistes des deux équipes.

18 heures. L’arbitre siffle, c’est parti pour 80 minutes de bonheur. Bière à la main pour certains, smartphones ou appareil photos pour d’autres, tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment. Les drapeaux volent au dessus des supporters et chacun brandit fièrement ses couleurs.« Qui ne saute pas n’est pas toulou-sain » d’un côté et « Parce que Toulon », de l’autre. Les camps sont bien délimités.  Sur le terrain le jeu au pied domine malgré un temps pluvieux dans les premières minutes de jeu. Les pénalités s’enchaînent, et tous attendent ne serait-ce qu’un essai pour égayer cette finale. A la mi-temps, nous décidons avec Céline d’aller prendre un petit coup à boire au salon, on parle de Roland Garros et nous espérons malgré tout voir du beau jeu en seconde période.

Il ne reste que 40 minutes à nos rugbymen pour nous impressionner, mais le jeu au pied persiste, le RCT défend très haut empêchant au jeu toulousain de s’installer. Le jeu paraît bloqué des deux côtés. Pourtant, le beau temps a fait son apparition. La pelouse reste glissante et certains joueurs ont goûté à la tendre pelouse du Stade de France à maintes reprises. Que serait un match de rugby sans un peu de castagne ? Trois cartons jaunes dans toute la rencontre dont deux à l’encontre de deux talonneurs bien connus du championnat. Notre William Servat national, que certains voient déjà au poste de président, ainsi que Sébastien Bruno, vont au frigo pendant dix minutes. Si certaines occasions se dessinent doucement, les points, eux, continuent à s’enchaîner au pied. Le stade se fait tout petit jusqu’à cette 75e minute.

Toulouse mène 18 à 12 mais Toulon est proche de la ligne d’essai et force le passage. Les séquences de rucks s’enchaînent et les supporters toulousains retiennent leur souffle. Car si Toulon aplatit, il prend l’avantage et le titre de champion de France est pour eux. « Non, Non, on laisse pas passer ». Mains sur la tête, certains se cachent les yeux pour ne pas voir le spectacle qui se déroule tout près de la ligne. Les toulonnais eux veulent y croire. Tout près de nous, ça pousse la rade toulonnaise à l’essai et les supporters toulousains crient pour soutenir leur équipe en défense. La cloche sonne la fin du match au Stade de France mais le ballon est encore en jeu, on tremble, on se regarde jusqu’à temps que l’arbitre siffle une faute toulonnaise. Les joueurs toulousains lèvent les mains, sautent, ça y est on a compris… Le Stade Toulousain est champion de France pour la 19e fois.

Les supporters toulonnais quittent le stade la tête baissée alors que leur président, Mourad Boudjellal, félicite le stade toulousain et présente ses excuses aux supporters qui ont fait le voyage. Les joueurs du RCT viennent chercher malgré tout leur médaille de finalistes. Quant aux joueurs du Stade Toulousain, ils ont l’opportunité de toucher ce « bout de bois » qui symbolise le trophée des vainqueurs. Ils viennent embrasser leur famille, et se tournent par la suite vers leurs supporters, leur permettant même pour certains chanceux de toucher le fameux bouclier de Brennus.

Quand à nous, encore sous le coup de l’émotion nous décidons d’aller nous rafraîchir au salon et manger un petit quelque chose. Coupe de champagne oblige, nous écoutons les deux biarrots Damien Traille et Imanol Harinordoquy parler de leur future saison et leurs objectifs pour la saison 2012-2013. Philippe et son maillot toulousain vient nous rejoindre en débriefant sur le match. On refait le match, mais nous sommes heureux que le « bout de bois » retourne au Capitole. De la capitale au Capitole, le Stade Toulousain a réussi encore une fois son objectif de cette année : ravir ses supporters.

Jessica Fiscal

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