COMMÉMORATIONS. Un an après les attentats du 13 novembre 2015, notre blogueuse Sabrina prend la plume et raconte comment elle a vécu et vit ces événements.

  1 an. Et pourtant j’entends encore la terreur résonner en moi. Les cris, les pleurs, la douleur, la souffrance, l’angoisse, la peur… C’était comme si c’était hier. Ce soir-là, j’étais chez des amis. Dans une bulle, nous rions devant de délicieux cocktails et quelques apéritifs. Nous étions heureux et innocents. Personne ne pouvait imaginer que cette « agréable » soirée se transformerait en cauchemar.

“Si on zappait sur TF1 voir où en est la France face à l’Allemagne ?”. Jusque là tout va bien : un but pour la France signé Olivier Giroud. Les sirènes de nos smartphones commencent à sonner de plus en plus fort. Plus le temps passe, plus elles se font stridentes. TF1 n’a pas encore arrêté son match. BFMTV est déjà sur le terrain. En une : massacre au Bataclan. Que se passe-t-il ? Pourquoi ?

Un peu plus tard, les images du stade de France. Principalement, celles des supporters qui courent dans tous les sens sur le terrain. Puis celles des footballeurs stoïques et effrayés. Je ne lâche pas la télévision de toute la nuit. La terreur est bien là, sous mes yeux. Et le pire, c’est que je ne peux rien faire. La peur, l’envie de pleurer m’envahit, mais je me retiens. J’ai du mal à réaliser. On dirait un cauchemar ou le pire des films d’horreur. La réalité me frappe en plein fouet lorsque je reçois l’appel de ma grand-mère qui m’appelle du Portugal, morte d’inquiétude. “C’est donc bien réel…”

Les jours ont passé, la France essaye d’aller de l’avant.  Malgré la peur de sortir et notamment celle de prendre les transports, les Français restent soudés et affrontent cette horreur. L’avenue de la République est recouverte de fleurs et de bougies, un peu comme dans un cimetière. Les messages d’amour, taggés sur les murs du monde entier, remplissent mon cœur d’émotion.

Aujourd’hui, je ressens toujours la même chose. Je pense à toutes ces victimes : celles qui ont laissé leur vie, et celles qui souffriront toute leur vie à Paris, Bamako, Bruxelles, Orlando, Nice, en Irak, en Syrie. Nous sommes lassés.

Sabrina ALVES

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