Après avoir dévoré ma langouste, je dois rapidement quitter la salle des Fêtes. Je sors de l’immense mairie mais je suis hélé par quelqu’un. « Vous êtes l’échotier de Lausanne? » J’acquiesce. « Je suis un compatriote! » me lance un homme en s’approchant de moi. « Je m’appelle Marcel Heger. Je suis d’origine bernoise. J’ai encore de la famille en Suisse. Vous savez, je suis Français mais j’ai toujours gardé le passeport suisse ». Je lui demande si beaucoup de Suisses vivent à Bondy. Il me dit que non. Il doit se sentir un peu seul. Il faudra qu’un Bernois de la rédaction de L’Hebdo aille lui rendre visite. Michel Beuret, chez nous, est d’origine bernoise. J’en parlerai à Michel.

Les Bondynois connaissent la Suisse. Ahmed a été animateur dans une colo du Jura français. Il en a profité pour faire un saut en Suisse. Gilbert Roger, le maire, connaît bien Genève: son beau-frère habite en Haute-Savoie et travaille dans le canton de Genève.

Les gens de Bondy sont tout de même hallucinés de connaître le montant des salaires helvétiques. J’explique: « mais nos loyers et nos primes d’assurance-maladie sont très élevés. Donc, notre pouvoir d’achat n’est pas si élevé que ça ». Mais ce discours passe mal. Les Français pensent que « tous les Suisses sont riches ». Il faudra vraiment faire circuler à Bondy le numéro de L’Hebdo sur les « 300000 pauvres de Suisse », préparé par Alain Rebetez, le journaliste neuchâtelois de notre magazine.

 

 

Par Roland Rossier

 

Roland Rossier

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