Cela fait quelques jours qu’il est de retour sur la terre ferme. Et ce lundi 10 décembre, Charles Hedrich a fait escale à Bobigny pour une soirée organisée par le Club des entrepreneurs de la Seine-Saint-Denis, partenaire de son expédition. Visiblement, les habitants de Bobigny sont enchantés d’accueillir l’aventurier des temps modernes dans leur ville. Et tous les yeux sont braqués sur lui dès son entrée dans la salle.

Son aventure a commencé le 9 juillet dernier, lorsqu’il est parti de Saint-Pierre-et- Miquelon, et c’est le 30 septembre qu’il a effectué son virage aux Canaries pour remettre le cap sur les Antilles. Dès que le rameur raconte son expédition, le public est captivé par ses exploits.

Charles Hedrich n’en est pas à sa première aventure. Dès l’âge de 20 ans, il participe aux 100 kilomètres de Millau. Puis, à une expédition dans l’Himalaya à 7 000 mètres d’altitude. Ayant vite constaté ses capacités physiques, il s’initie naturellement à des sports qui demandent de l’endurance et un moral à toute épreuve.

Mais il va d’abord connaître plusieurs vies, notamment en tant que chef d’entreprise, avant de vivre celle de « sportif aventurier ». Ce n’est qu’à 45 ans que sa passion prend le dessus quand il décide en 2003 de participer au Paris-Dakar moto, qu’il termine à la 6e place dans la catégorie des moins de 400 cm3. Depuis, il n’a jamais cessé de se lancer des défis, notamment un tour du monde à la voile en solitaire en 2004-2005, mais aussi l’Everest, dont il atteint le sommet en mai 2006, ou encore une expédition solo de 550 km en Antarctique et d’autres aventures qui ont suivi.

Une vidéo de quize minutes est projetée sur son voyage. Nous voyons le baptême de son bateau, le départ, des passages sur son quotidien et son arrivée en Martinique. Des moments inoubliables que Charles Hedrich raconte avec humour malgré les difficultés qu’il a dû vivre : la lutte contre des vents forts et des tempêtes, le manque de sommeil, une intoxication alimentaire… Et même un retournement complet de son embarcation : « Une première pour moi, mais tout s’est bien passé ! Aucun matériel cassé à part un bout de frontal… » Il a connu ensuite d’autres petits problèmes techniques, comme la panne de son pilote automatique. Autant d’événements qui n’ont fait qu’accroître sa détermination à atteindre son objectif.

D’autres séquences montrent dans quelles conditions il a vécu au quotidien. Charles avait peu de place, se nourrissait essentiellement de sachets de purée et buvait pas mal d’huile.

Ce qu’il aime avant tout ? Être le premier à réaliser quelque chose que personne n’a encore pu faire. Pour comprendre d’où vient cette motivation, il donne quelques indications sur son parcours : « J’étais officier dans la marine marchande. Je trouvais qu’il n’y avait pas cette dimension physique qui m’intéressait. J’ai donc été l’un des seuls à faire mon service militaire à Saint-Cyr Coetquidan, puis comme chef de section dans les chasseurs alpins. Ce n’est pas l’armée en tant que telle qui me plaisait, mais plutôt la dimension physique et montagneuse… »

Ce qui frappe Georges Guilbert, président du Club des entrepreneurs de la Seine-Saint-Denis, c’est la modestie de Charles Hedrich : « Quand on l’écoute, on a l’impression qu’il a eu des moments compliqués durant les 145 jours, mais que c’étaient des vacances ! Alors que pas du tout : c’est un exploit extraordinaire, jamais personne ne l’avait fait auparavant ! »

À 54 ans, il n’est pas prêt de retirer sa révérence. À peine arrivé, il pense déjà à sa prochaine expédition. Cette fois, celle-ci se ne fera pas en solo, mais en duo : Charles sera accompagné par le skipper océanique Pierre-Marie Bazin pour une première mondiale à la rame à travers le passage Nord-Ouest (qui relie l’Atlantique au Pacifique). Si tout va bien, rendez-vous à la mi-juin 2013 pour le début de l’aventure.

Hana Ferroudj

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