Annonce de la RATP : mercredi 11 juin, nouvelle rame sur la ligne 2. Elle équipera « prochainement » les lignes 5 et 9. Je me renseigne immédiatement auprès du service presse, mais je suis rapidement déçu. Pour la ligne 5, celle que je prends le plus et qui m’amène à Bobigny, je devrai attendre, car le nouveau matériel n’y sera mis en service qu’entre 2010 et 2012. Ce n’est pas une raison pour ne pas l’essayer. Je me rends donc mercredi matin, jour d’inauguration, sur la ligne 2, à la station Stalingrad. Et j’attends, excité comme un môme avant d’ouvrir un cadeau.

Bientôt, je vois arriver le fameux MF 2000 (MF pour Métro ferré). Il a de la gueule, ce grand serpent vert qui fend l’air en glissant sur les railles. De grandes vitres offrent une vue imprenable sur son intérieur, où de vrais usagers ont pris place. Les portes, de grandes écailles transparentes, irisent une lumière verte et réfléchissent les rayons de soleil qui percent au-dessus de cette station aérienne.

Les flans du boa s’ouvrent et laissent descendre une foule pressée. Je monte en tête de la rame inaugurale. L’avant est réservé à la partie média. La foule y est moins dense. J’y rencontre Jean-Damien Py, responsable de la mise en service de ce nouveau métro auprès d’Alstom. Il me fait le laïus du commercial qui connait son animal : « Le MF 2000 offre un plus grand confort. Les sièges sont plus grands pour suivre l’évolution anthropométrique des français (en gros, on est plus gros). Il est plus sécurisé, les séparations des anciennes rames ont été supprimées pour permettre aux gens de se rassembler en cas d’agressions. De plus, il y a de nombreuses caméras qui peuvent être visionnées par le conducteur. En cas d’agression, un disque dur sauvegarde les événements précédents et ceux qui suivent une attaque. Enfin, la rame est équipée d’un film anti-tags qui permet de nettoyer les graffitis plus facilement ».

Seul moins dans ces nouveaux plus, les nouvelles rames ne sortent d’usine qu’au rythme d’une par mois. Celle dans laquelle je me trouve est donc la seule en service pour l’instant. Je pars à la chasse aux usagers dans le boa. Charlotte Azzopardi, Londonienne d’environ 25 ans, apprécie le désigne de la nouvelle rame : « It’s great », s’émerveille-t-elle. Génial, quoi. Seydina Seck, jeune informaticien, partage cet avis. Habitué de la ligne 2, il exprime son enthousiasme sans retenue et compare la nouvelle rame au métro de Tokyo. « Je suis un vrai Parisien et j’aime prendre le métro. C’est agréable, une rame qui n’est pas dégradée. Et puis, nous Parisiens, ça nous représente mieux que les anciennes qui ont une trentaine d’années. »

Arnault, papa d’Henri, a, lui, quelques réticences. « Cette nouvelle rame supprime encore des sièges, du coup, pour s’asseoir, c’est plus difficile Je ne vois pas l‘intérêt. » C’est ça, le métro parisien, tout le monde le prend mais chacun en parle différemment. C‘est pour ça que ceux qui en parlent le mieux sont les étrangers.

Axel Ardes

Pretty woman dans le métro


Nouvelle rame sur la ligne 2
 

envoyé par Bondy_Blog

Axel Ardes

Axel Ardes

Articles liés

  • À Paris, la Modest Fashion fait le show et s’engage

    Pour la première fois en France, un événement dédié à la mode pudique a vu le jour. Organisé par l’agence et média Modest Fashion France, l’événement « Modest Fashion Summer Session » s’est déroulé du 7 au 8 mai 2022. Étoffes chatoyantes, clientes enjouées, talks à thèmes et défilés étaient au rendez-vous. Retour sur un événement aussi stylé que politique.

    Par Sylsphée Bertili
    Le 16/05/2022
  • Aux Pavillons-sous-bois, des mois sans anglais ni histoire pour des troisièmes

    Au collège Anatole France, aux Pavillons-sous-Bois, pendant des mois certains élèves de troisième n'ont pas eu de professeur d'histoire-géographie, ni d'anglais. Alors même qu'ils et elles préparent le brevet. Une situation chaotique que beaucoup d'établissements dans le département de Seine-Saint-Denis ne connaissent que trop bien. Reportage.

    Par Hadrien Akanati-Urbanet
    Le 11/05/2022
  • Objections, des poèmes pour raconter les comparutions immédiates

    Le 15 avril est paru Objections, Scènes ordinaires de la justice, un livre de l’historien et poète, Marius Loris Rodionoff. Il y raconte en poèmes les comparutions immédiates auxquelles il a assisté entre 2015 et 2019, dans les Tribunaux de grande instance de Paris, Lille et Alençon. Un livre percutant dont les portraits qui s’enchaînent nous montre la misère sociale et la violence de cette justice ordinaire qui condamne et emprisonne chaque jour. Critique.

    Par Anissa Rami
    Le 10/05/2022