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Il est à peu près 13 heures 30, rue de l’esprit à Aulnay-sous-Bois. Les gens, venus nombreux, se rassemblent devant la mosquée du quartier Les Etangs.  Le prêche de l’Imam est audible via un haut-parleur. « Les dégradations ne rendront pas la vie à Abdelilah » souligne-t-il. La famille du défunt ayant lancé un appel à l’apaisement après une nuit mouvementée dans la ville, « d’un statut d’innocent, qu’il était peut-être, vous le rendez coupable » dit-il. Le religieux insiste sur le respect du défunt, d’autrui, la tolérance devant un public à l’écoute et silencieux.  Il revient sur la nécessité, pour un musulman, de vérifier une information, « il ne faut pas colporter des informations sans les vérifier, surtout lorsqu’il s’agit d’un mort » en référence aux nombreuses rumeurs qui ont circulé, notamment dans les médias. La prière du vendredi a été suivie de « salat Janaza » (prière en hommage à une personne décédée).

Ce sont des jeunes, filles des garçons, des parents, pères et mères de famille,  le maire de la ville Gérard Segura, et d’autres représentants et employés de la commune qui ont entamé une marche en partant de la mosquée. En tête de cortège, des jeunes vêtus de tee-shirts blancs qui répètent à haute voix tout au long du chemin « la ilaha ila Allah, Mohamed rassoul Allah » (il n’y a d’autres Dieu qu’Allah et Mohamed est son messager). Cette marche silencieuse se poursuit dans le calme et les pleurs, en cet après-midi ensoleillée du vendredi 13 janvier.

La marche se termine dans le quartier de Balagny, au pied de l’immeuble où Abdelilah a trouvé la mort. Son cousin prend le micro. Emporté par l’émotion, il appel au calme et au respect de sa famille et à la mémoire de son cousin défunt : « Même moi je pète un câble » s’exclame-t-il en pleurant. « Aujourd’hui personne ne sait exactement ce qu’il s’est passé » dit-il, et s’exclue de rejeter la faute sur qui que ce soit. Il cite cependant, le rapport du médecin légiste qui indiquerait qu’Abdelilah aurait eu un « souffle au cœur ». Il aurait eu une malformation, une artère en moins au niveau de cet organe, selon son cousin.

D’autres personnes prennent la parole. Des paroles entre émotion et colère, notamment envers les médias qui ont « sali l’image » d’Abdelilah.  « Ils nous prennent pour des animaux » peut-on entendre. Une jeune fille me demande un mouchoir, sa copine ne peut s’arrêter de pleurer, comme une partie des personnes présentes qui assistent à cet hommage les larmes aux yeux. Pour clore cet hommage, des invocations ont été faites pour Abdelilah. « C’était quelqu’un de bien, de droit, il travaillait pour aider sa mère et son père qui est malade » raconte un jeune à propos du défunt. Les gens qui le connaissaient peinent à croire l’image qui lui a été donnée. La plupart le décrivent comme une personne respectable.

Beaucoup de rumeurs circulent sur les circonstances de sa mort. Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête. Pour le moment une seule chose est sûre, c’est qu’une famille est en deuil et qu’elle demande le respect de la mémoire de son fils.

Imane Youssfi

(photo : Marc Menou)

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