Aminata habite le 19e arrondissement de Paris. Elle a bien voulu répondre à mes questions, mais a refusé de se faire prendre en photo sans l’accord de son mari. « J’ai commencé à mettre le voile quand je me suis mariée. Le porter, ça me rassure et ça reflète exactement ce que je suis. C’est très romantique de choisir de n’être vue que par l’homme qu’on aime, c’est une barrière contre le regard des autres. Mais au-delà de ça, c’est ma conviction personnelle et religieuse qui me conforte dans mon choix. »

« Bondy Blog : Vous avez deux filles, quels conseils leur donnerez-vous par rapport au port du voile ?

Aminata : Elles feront le choix qu’elles veulent. Ma mère ne m’a jamais rien imposé, je ferai de même avec mes filles.

Quel regard les gens ont-ils sur vous ?

Le regard de certaines personnes est très violent, mais je les ignore. Des gens, parfois, croient que je ne comprends pas le français, alors que je suis née ici et que je suis juriste de formation. Je ressens une grande intolérance de la part de certaines Maghrébines. Elles ne conçoivent pas que ce soit un choix de ma part et que je ne subisse aucune pression. J’aimerais que les gens dépassent ça et qu’ils aient moins de préjugés.

Et au travail, comment ça se passe ?

Je suis actuellement en congé parental. Je pense que je resterai au foyer par la suite, car avec trois enfants et un mari qui travaille beaucoup, c’est ma place. »

La majorité des femmes voilées que je connais ne sortiraient jamais dans l’espace public sans leur voile. Et de plus en plus de jeunes filles optent pour le port de cet accessoire religieux, de leur plein gré, disent-elles. D’autres femmes non moins musulmanes ne conçoivent pas, à l’inverse, de sortir la tète couverte en France. Pour elles, la religion est dans le cœur avant tout. C’est le cas de Malika : « Moi, je suis contre, pourtant je suis très pratiquante. Mais les femmes de ma famille le portent presque toutes. Elles m’ont longtemps fait des remarques jusqu’au jour ou mon mari les a remises à leur place en leur disant de s’occuper de leurs affaires. »

Nadia Méhouri

Nadia Méhouri

Articles liés

  • 2 ans après la mort de Sabri, la famille demande toujours justice

    Samedi 21 mai 2022, à Argenteuil, une marche blanche a été organisée par la famille de Sabri Choubi. Mort, il y a deux ans, dans un accident de moto, les proches demandent des réponses dans cette affaire qui impliquerait un véhicule de la BAC. Reportage.

    Par Audrey Pronesti
    Le 23/05/2022
  • À Paris, la Modest Fashion fait le show et s’engage

    Pour la première fois en France, un événement dédié à la mode pudique a vu le jour. Organisé par l’agence et média Modest Fashion France, l’événement « Modest Fashion Summer Session » s’est déroulé du 7 au 8 mai 2022. Étoffes chatoyantes, clientes enjouées, talks à thèmes et défilés étaient au rendez-vous. Retour sur un événement aussi stylé que politique.

    Par Sylsphée Bertili
    Le 16/05/2022
  • Aux Pavillons-sous-bois, des mois sans anglais ni histoire pour des troisièmes

    Au collège Anatole France, aux Pavillons-sous-Bois, pendant des mois certains élèves de troisième n'ont pas eu de professeur d'histoire-géographie, ni d'anglais. Alors même qu'ils et elles préparent le brevet. Une situation chaotique que beaucoup d'établissements dans le département de Seine-Saint-Denis ne connaissent que trop bien. Reportage.

    Par Hadrien Akanati-Urbanet
    Le 11/05/2022