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Le 11 Novembre, à Villiers-le-Bel aussi. L’association Collectif Fusion et le collège Martin Luther King ont décidé, à leur manière, de rendre hommage aux héros de la Grande Guerre, en particulier aux combattants venus d’ailleurs, morts, comme les autres, pour la France. Des affiches représentant des soldats des colonies sont visibles dans toute la ville et une exposition sur le même thème a lieu dans la salle Marcel Pagnol de la commune. Le but de cette action est de créer une mémoire commune et de mettre en valeur le rôle joué pas ces soldats algériens, marocains, sénégalais ou annamites, rarement mis à l’honneur dans les commémorations et dont le rôle n’est que très succinctement rapporté dans les manuels scolaires.

Un professeur d’arts plastiques de Martin Luther King, impliqué dans cette action, exprime son enthousiasme, mais il dresse aussi un constat terrible : « Dans notre établissement, la plupart de nos élèves ont des parents issus de l’immigration. Pour nous, c’était important de faire participer directement les enfants, ils pouvaient enfin voir que leurs arrière-grands-parents ont participé à la construction de la France, que l’identité française est aussi la leur. Mais le chemin malheureusement est encore long. Certains enfants refusaient de voir la réalité en face, pour eux ces soldats africains étaient des traîtres. Pour eux, l’histoire de France n’est pas leur histoire. C’est par des actions comme celle-là qu’on peut changer les mentalités. »

La mise à l’honneur de ces héros oubliés ne peut avoir qu’un effet positif, estime Malamine, un instituteur d’origine africaine : « Nous avons pris part à l’initiative du Collectif Fusion, car nous voulions que les élèves s’identifient à l’histoire de France, qui est leur histoire aussi. Il est important de véhiculer des exemples, de transmettre un message, dans une ville qui a connu des émeutes il y a moins d’un an. »

Les responsables de Collectif Fusion affirment qu’en dépit des graves heurts de novembre 2007 survenus à Villiers-le-Bel, les élus de la commune n’ont pas été réceptifs, au départ, à cette action. Pour la municipalité, le fait de mettre en avant une communauté dans une commémoration nationale semble contraire aux lois de la République. Dominique, le responsable de l’association Collectif Fusion, raconte : « On a dû se battre pour faire accepter notre projet auprès de la commune, c’est vraiment bizarre pour une ville qui a connu une épreuve douloureuse en 2007. Mais l’inertie des politiques n’a rien avoir avec la couleur parisane. De gauche ou de droite, ils sont réfractaires à ce type de démarche. Il est temps de regrouper les communautés, c’est le sens, aussi, de notre action. »

Cela fera bientôt un an que la ville a été endeuillée par la mort tragique de deux jeunes, renversés par une voiture de police. L’enquête n’est toujours pas close.

Chaker Nouri

Chaker Nouri

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