[#PRÉSIDENTIELLE2017] Il y a quelques semaines, nous avions rencontré Atika El Mouafik, une jeune étudiante de 21 ans qui allait voter pour la première fois. Deux mois plus tard, nous la retrouvons : elle nous raconte comment elle a vécu cette campagne et ce qu’elle s’apprête à faire au second tour. Témoignage. 

Avant même de commencer notre entretien, Atika El Mouafik prévient. « Non, je n’ai pas voté pour Hamon au premier tour mais pour Mélenchon ». La jeune femme dont le vote penchait pour le candidat socialiste au premier tour, notamment en raison de ces idées environnementales, a fini par choisir le candidat de la France Insoumise. « Je suis restée longtemps dans le flou, à hésiter entre l’un et l’autre. Après avoir regardé pas mal de meetings de Mélenchon ou certains de ses discours notamment celui à Marseille, ça m’a décidée. Jean-Luc Mélenchon et son désir de démonter les grosses entreprises et d’essayer de combattre les banques et les lobbies m’ont fait changer d’avis ! »

Les débats d’avant premier tour ? Non, elle ne les a pas regardés, « une perte de temps » dit-elle » . »Les regarder se casser les pattes en public comme si on était face à une pièce de théâtre, non merci ! » Le résultat Marine Le Pen face à Emmanuel Macron, à vrai dire, Atika en a un avis bien arrêté. Pour elle, Emmanuel Macron  » c’est avant tout de la publicité, en aucun cas un homme politique ». Quant à Marine Le Pen, elle la voit comme « une grande manipulatrice qui s’est servie des attentats récents pour manier la peur comme jamais ». La jeune fille n’arrive pas non plus à comprendre comment François Fillon est arrivé en 3ème place du premier tour. « Soit ses électeurs font comme si les affaires étaient fausses, comme si cela n’existait pas, soit ils sont riches, soit il faut carrément être maso pour élire quelqu’un pareil… »

« Le vote blanc c’est une manière d’exprimer mon avis, c’est une prise de responsabilité »

Pour sa première élection, la jeune étudiante en licence d’information à Saint-Denis, veut donner un sens à son vote, « voter pour des idées et non pas contre quelqu’un », dit-elle. « Je ne vais pas donner la légitimité de mon bulletin de vote à Emmanuel Macron », affirme-t-elle, sûre de son choix. Et si Marine Le Pen passe ? Et bien, dit-elle « cela nous donnera une bonne leçon, comme on dit on apprend de ses erreurs« . Atika est catégorique : elle ne veut surtout pas faire partie du pourcentage qu’obtiendra Emmanuel Macron. Elle n’adhère pas à ses idées et pour elle, le vote ne peut se résumer à faire barrage quelque soit la situation ou le risque. Atika a donc choisi : elle votera blanc et c’est un choix définitif, quitte à prendre tous les risques « Le vote est un devoir qu’il faut accomplir sinon je m’abstiendrais. Se déplacer au bureau de vote pour glisser un bulletin « blanc » et dire par ce bout de papier que je ne suis pas d’accord avec les choix proposés c’est une manière d’exprimer mon avis, c’est une prise de responsabilité ». Atika n’est pas la seule à avoir fait ce choix autour d’elle : sa mère et son frère ont aussi décidé de voter blanc, pour les mêmes raisons.

« Que ce soit avec Marine Le Pen ou Emmanuel Macron, on va en chier mais pas sur les mêmes points »

Atika se dit « révoltée » face aux consignes de vote et aux appels à voter pour Emmanuel Macron pour éviter au parti de l’extrême droite d’arriver au pouvoir. « C’est mon droit de vote, c’est à moi de prendre ma décision en mon âme et conscience ». Et que pense-t-elle de la polémique qui a suivi l’absence de consignes de vote de la part de Jean-Luc Mélenchon ? « Donc, on lui reproche de ne pas dicter et manipuler ses électeurs, c’est quand même fou, non ? » A l’inverse, l’étudiante dit saluer de la laisser libre de son choix.

Cette élection laisse un goût amer à la jeune femme qui, quelque soit l’issue de ce second tour, voit la France se diriger vers la régression. « Que ce soit avec Marine Le Pen ou Emmanuel Macron, on va en chier mais pas sur les mêmes points ». 

Célia KADI

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