Frigorifié après l’entraînement, nous passons encore chez Gabrielle. Malgré l’heure tardive, elle a préparé un bon repas. Elle a aussi enregistré le reportage de France 2, où nous reconnaissons certains personnages, comme le frère de Mokhtar. Bof. Avec ce ton qui mêle si bien distance et sollicitude, le journaliste assène qu’il est resté dix jours à Bondy. Les jeunes nous ont dit six. Il y a deux ou trois bonnes choses, mais le reportage ne décolle pas vraiment. 

Passé minuit, Gabrielle nous ramène tous les trois à l’hôtel, en faisant un détour par le Raincy, une ville voisine, très bourgeoise, où l’on se croit dans un autre pays, puis Clichy sous Bois, où les émeutes ont démarré. C’est vrai, il y a beaucoup de béton, des immeubles en mauvais état, rien de prévu pour les loisirs, la vie sociale. Commentaire de Paolo:

– Ouais, c’est la dèche. Mais en même temps, il y a des banlieues beaucoup plus pourries en Europe, au sud de l’Italie, en Angleterre, en Allemagne. Et c’est ici que cela explose. C’est bizarre. Peut-être que cela n’est pas lié au niveau de misère, mais plutôt à ce que l’Etat promet aux gens? La France veut toujours être gentille, elle fait plein de promesses, non? Les autres pays ne promettent rien, alors les gens des banlieues n’attendent rien et se débrouille, sans se révolter.

A voir. C’est une hypothèse à tester. 
Reprenons la dans un mois ou deux, quand on saura tout sur Bondy.

Par Serge Michel

Serge Michel

Articles liés

  • Le blues des petites mains du monde de la nuit

    Après 16 mois de fermeture administrative, les discothèques ont rouvert leurs portes le 9 juillet dernier. Mais alors que l’épidémie repart, l'étau se ressert déjà pour bon nombre de professionnels partagés entre la colère des derniers mois sans activité, et le doute concernant le futur. Nous avons rencontré quelques petites mains du milieu, qui racontent la précarité des derniers mois.

    Par Lucas Dru
    Le 22/07/2021
  • « On avait envie de ramener les vacances en bas de leurs bâtiments »

    Avec la crise sanitaire, pour de nombreux jeunes des quartiers populaires, l’été se passe souvent à la maison. Pour faire face à un été compliqué, des associations proposent (heureusement) des alternatives pour les plus jeunes. Reportage.

    Par Kamelia Ouaissa
    Le 16/07/2021
  • Le fast food social de l’Après M, 13 organisé à Marseille

    Dans les quartiers Nord marseillais, l’Après-M est en pleine phase de transition : de la débrouille à la structuration, mais toujours dans une quête d'indépendance. En pleine discussion avec la mairie phocéenne qui a annoncé son rachat, le 9 juillet prochain l’Après-M connaîtra la nature de sa propriété et de ses propriétaires. En attendant, l’auto-organisation locale reste toujours la marque de fabrique de la structure qui continue de fournir de l’aide alimentaire. Reportage.

    Par Amina Lahmar
    Le 08/07/2021