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Rue Ordener dans le 18ème arrondissement populaire de Paris, c’est toujours l’interrogation et la stupéfaction pour les habitants d’un immeuble et son voisinage. Sur la porte cochère du bâtiment qui donne directement sur la rue très commerçante, ils ont découvert, jeudi 20 septembre l’inscription suivante à la peinture noire : « Ici vivent des ordures juives, notamment au troisième ». Sous le tag antisémite, une croix celtique, un signe symbole des groupuscules d’extrême droite. C’est la journaliste de Libération Marie Ottavi qui l’a rendu publique via son compte Twitter.

Je suis français avant tout et je n’ai pas être défini par mes opinions, ni par mes origines, ni par ma religion

Une enquête a été ouverte par le commissariat du 18ème arrondissement et une plainte a été déposée. Depuis également, la mairie d’arrondissement a nettoyé les tags antisémites.

Un des habitants du troisième étage pense être la cible visée. En effet, en avril 2017, après être rentré de sa journée de travail en fin d’après-midi, l’homme se fait agresser. « La personne, que je ne connaissais pas, m’a demandé de l’argent. J’a refusé. Je suis rentré chez moi et je voyais l’agresseur attendant en bas de l’immeuble, dans ma rue. Je me suis mis à ma fenêtre et l’homme me fixait ». 

Trois semaines plus tard, ce sont deux tentatives d’incendies criminels qui ont lieu sur cette même porte cochère. L’homme ne fait pas le rapprochement mais la découverte des tags antisémites ne lui laisse désormais plus aucun doute. L’enquête déterminera si ces éléments sont liés ou non. « Je suis français avant tout et je n’ai pas être défini par mes opinions, ni par mes origines, ni par ma religion ».

Sur le palier d’en face, un jeune couple s’est installé il y a à peine un mois, tous les deux sont choqués.  « Ma femme a eu très peur. Nous sommes très inquiets », réagissent ces deux Brésiliens venus de Berlin.

Dès le lendemain de la découverte du tag, les élus du 18ème arrondissement se sont déplacés pour rassurer les riverains. Les premiers adjoints au maire, Emmanuel Grégoire et Carine Rolland, ont rencontré les habitants, notamment l’homme visé. Ils ont manifesté leur soutien et leur présence. « Ce genre d’actes n’est pas habituel, encore moins dans ce quartier multiculturel », indique la mairie. Dans un tweet, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a fait part de son soutien à la communauté juive.

Audrey PRONESTI

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