Si vous avez vu le documentaire de Jean-Baptiste Péretié appelé « French-Bashing… comment ils adorent nous détester » qui est passé sur Canal +, vous savez donc ce qu’est le French-Bashing. Pour les autres, je vais vous donner la définition, donnée dans le documentaire. French-Bashing : sport pratiqué pas les Anglo-Saxons qui consiste à frapper sur les Français. Un sport qui est revenu à la mode.
Rassurez-vous, les Anglais et les Américains ne frappent pas vraiment sur les Français, pas du tout. Ils critiquent la France et font passer les Français pour ce qu’ils ne sont pas, avec des clichés. Je ne vais pas vous cacher que c’est durant ce documentaire que j’ai le plus adoré être Français.
Mais concentrons-nous sur les clichés que les British et les Américains ont sur vous et moi.
Tout d’abord, le Français serait arrogant. Je crois que les Américains se voilent la face parce que Kanye West bat les records d’arrogance à lui tout seul. Donc imaginez à l’échelle de toute la population américaine. Les Français ne sont pas tous arrogants, sauf si nous réduisons ça à l’échelle des Parisiens… (On voit tous le Parisien comme quelqu’un d’hautain et sûr de sa supériorité).
Ensuite le Français serait paresseux et assisté. D’après eux nous avons beaucoup trop de vacances, beaucoup trop de jours fériés durant le mois de mai et en plus, quand on ne fait pas la grève, on attend calmement nos allocs. Au niveau des grèves c’est vrai qu’il y en a plus qu’aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Je ne saurai dire qui abuse, les chefs d’entreprise ou les ouvriers ? Mais ce n’est pas le seul point qui peut les pousser à dire que nous sommes paresseux. Et le fait de dire que nous ayons trop de vacances ne veut pas dire que nous sommes paresseux, comme le prouve le dernier numéro d’Alternatives économiques, titré « 5 idées reçues sur les Français ». « 35.7 heures. En matière de travail, les études internationales ne cessent de nous reléguer en queue de peloton, mais la plupart d’entre elles comprennent un sérieux biais : ces statistiques ne prennent en compte que les salariés à temps plein […] Du coup, nous travaillons en réalité globalement plus chaque semaine (35.7 h) que les Allemands (35.3 h) et les Britanniques (31.6 h) ». Ce qui nous prouve que les Britanniques ont du souci à se faire. Durant un JT présenté par Laurent Delahousse, on apprenait que le salarié britannique rapporte en moyenne 39.2 euros par heure de travail, alors que le salarié français lui rapporte en moyenne 45.6 euros (c’est normal, on travaille plus longtemps). Prenez ça chère Reine Elizabeth.
Les Français n’aimeraient pas les entreprises. Encore un cliché infondé : il n’y a que 2.3 millions d’entreprises en activité au Royaume-Uni alors qu’en France nous en avons 3.5 millions. Mais il faut avouer qu’en France, nous n’avons pas l’art d’attirer les chefs d’entreprises étranger sur notre territoire, comme le fait si bien Boris Johnson, le maire de Londres.
Jamais on ne verra Anne Hidalgo, maire de Paris, s’adresser à des chefs d’entreprise étrangers en disant : « Paris est la meilleur des villes pour vos entreprises ». C’est vrai que Manuel Valls lorsqu’il était à Londres avait dit à des entrepreneurs britanniques : « My government is pro-business » (« mon gouvernement est pro entreprise »), mais ce n’était que des mots et nous savons tous que les mots sont aux politiciens ce que le chant est aux sirènes, indispensables pour attirer dans un piège.
La jalousie, mère de tous les clichés
Et le pire des clichés c’est que les Français seraient défaitistes. Cette phrase vient d’un épisode des Simpson où Willie, le jardinier de l’école, était professeur de français et il a qualifié les Français « de singes défaitistes mangeurs de fromages ». Cette qualification (je dirais plutôt cette insulte) renvoie à l’époque de Vichy. Ce que les Américains essayent de dire par là c’est que nous étions des lâches, des collabos et des traitres et que nous le sommes encore (uniquement parce que nous avions décidé de ne plus les suivre en Irak). Ils ne se rendent même pas compte de ce qu’ils disent. On pourra parler de traitrise lorsque vous vous serez excusés d’avoir mis le président français sur écoute. Je sens une drôle d’odeur… Serait-ce celle de l’hypocrisie ? Notons que les Américains se prennent pour des sauveurs depuis le débarquement de 1945. Ils en oublient même le fait que, sans La Fayette, ils n’auraient jamais eu leur indépendance. Nous sommes à égalité.
Rassurez-vous, les Anglo-saxons n’ont pas pour nous que de la haine, ils ont aussi beaucoup de compliments. Comme le fait que pour eux la femme française (surtout la parisienne) est belle, très séduisante et chic. J’aurais aimé que ce soit le cas pour toutes. L’espoir fait vivre, comme on dit. Pour eux Paris est une ville romantique. Totalement vrai : Paris est la ville la plus belle et la plus visitée au monde. C’est aussi la meilleure ville pour un dîner en amoureux. On peut d’ailleurs y trouver du romantisme pour tous les goûts.
Je vais maintenant vous dire pourquoi j’ai adoré être Français durant le documentaire. Parce que je ne voyais que de la jalousie dans les yeux de ceux qui nous critiquaient ! Nous avons tellement de belles choses dans notre pays, eux-mêmes l’avouent, nous avons un des meilleurs systèmes de santé de l’occident. Certes, il a ses failles, mais regardez la galère qu’ont les Américains à se soigner. Ils se moquent de notre classe politique, mais Donald Trump n’est pas mieux. Même Kanye West se présente aux élections. Si ça, c’est une classe politique. L’école est ouverte à tous, oui il y a encore des inégalités, mais pas comme aux États-Unis. Nous avons tellement plus que ces Anglo-saxons. Je rigole quand j’entends Andy Street, le patron de John Lewis dire « je n’ai jamais été aussi mal à l’aise dans un pays… Rien ne fonctionne et personne ne s’en soucie » ou encore : « la France est finie ».
Nous sommes tout de même la 6ème puissance mondiale. Si nous sommes finis, je plains ceux qui sont derrière. Il faut être fier d’être Français. Ils adorent nous détester, mais ils viennent tous en France : 17 millions de Britanniques passent leurs vacances ici. Le quart du Royaume-Uni prend ses congés en France. Ils envient nos femmes. Paris est la capitale de la mode. Nous avons tellement de choses dont nous pouvons être fiers. Je finirai cet article avec un mot : « PATRIE ».
Miguel Shema

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