BONDY BLOG – Etes-vous lié à la descente de police qui a eu lieu au matin du 29 mars à Tremblay-en-France, le jour de la diffusion du reportage de TF1 consacré au trafic de drogue dans l’un des quartiers de la ville ? LARSEN – Les gens savent que je n’ai rien à voir avec cette descente. Malgré ça, je fais face à des problèmes très complexes depuis la diffusion du reportage.

Des problèmes de quel type ?

La semaine dernière, on s’en est pris à la mère de mes enfants à son domicile, à Tremblay. Des gens ont cassé sa voiture et l’ont menacée sur son palier. Quand je suis au quartier, personne ne me touche et quand je m’absente on s’en prend à mes proches.

Savez-vous qui sont ces individus ?

Cette violence contre les miens n’a aucun lien direct avec le reportage ou la descente de police. J’ai eu un différend avec quelqu’un qui prend prétexte de ce reportage pour essayer de me faire du mal.

La boîte de production d’Emmanuel Chain, « Eléphant et cie », vous a-t-elle versé de l’argent pour votre participation à ce reportage ?

Rien du tout ! Il n’a jamais été question d’argent ! S’il le faut, je sors mes relevés bancaires pour prouver ma bonne foi.

Toutefois, il est étrange que la descente ait eu le matin-même de la diffusion du reportage.

L’un des mecs qui s’est fait arrêter lors de la descente de police était sous commission rogatoire depuis un moment, et lui-même reconnaît que je n’ai rien à voir dans cette affaire. Le commissariat de Villepinte pistait ces gens depuis octobre 2009. Ils étaient sur écoute. Ce n’est qu’après que la police judiciaire a pris le relais.

Comment en êtes-vous venu à participer à ce reportage ?

Il y a un journaliste de RTL qui m’appelle pour me dire qu’il a une collègue qui va quitter la radio pour travailler avec Eléphant et Cie (la boîte de production d’Emmanuel Chain) pour une nouvelle émission. J’ai accepté de participer à ce reportage qui se plaçait non pas du point de vue de la police mais du point de vue des dealers. C’est ce qui m’intéressait. J’ai donc rencontré la journaliste chargée de tourner ce reportage, elle me dit que ça doit s’appeler « Quand les dealers font la loi ». Là, j’ai refusé, ça faisait trop cliché, j’ai demandé à revoir l’angle.

Cela ne vous a-t-il pas mis la puce à l’oreille ? Avez-vous songé à stopper votre collaboration avec l’équipe de tournage ?

Moi, je voulais juste montrer la vie des gens. Pas uniquement des dealers, mais de tout le monde. Je voulais montrer ce qu’on vit. Et en même temps montrer la dure réalité des dealers…

Ne vous êtes-vous pas dit qu’au montage, TF1 ferait à sa « sauce » ?

C’est vrai que je me suis fait avoir. Je leur ai fait confiance pour le montage. J’ai demandé de flouter les bâtiments pour qu’on ne puisse pas reconnaître l’endroit, ça n’a pas été fait. Au bout d’un moment, la journaliste s’étant fait accepter dans le quartier, elle venait seule le matin pour filmer et je n’étais pas là, donc je ne pouvais pas contrôler ce qu’ils faisaient. Mais en même temps, il y a une chose que les gens doivent savoir : les « dealers » qui apparaissent dans ce reportage sont bidons, excepté un.

Donc le reportage de TF1 est en partie bidon ?

Bien sur ! Je n’étais pas complètement bête pour prendre le risque de présenter des vrais dealers à TF1 !

Le fait que les gens se posent des questions sur votre rôle dans cette affaire s’explique en partie par le fait que l’on vous voie à visage découvert dans le reportage…

Alors pour ça, c’est simple : je devais apparaître juste pour parler de mon action sociale auprès des jeunes, qui consiste notamment en la réhabilitation de bâtiments. Après, voyant que les gens ne parlaient pas trop, notamment les jeunes, TF1 a monté un scénario qui n’avait rien à voir avec ce qui était convenu au départ. TF1 m’a utilisé de façon à ce que les jeunes se montrent et parlent à la caméra, mais moi, je ne devais pas apparaître.

Quelle sera la suite pour vous ?

Je vais poursuivre mes efforts. Il y a encore beaucoup de travail et je ne vais pas m’arrêter à cause de cette péripétie.

Propos recueillis par Aladine Zaiane

Lire la réponse d’Emmanuel Chain : Réponse-à-Larsen-et-au-Bondy-Blog
Lire aussi : Y-a-du-Larsen-dans-la-Marseillaise

Aladine Zaiane

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