Réel outil de communication, Twitter est devenu un incontournable de la scène politique. Les concernés ne cessent de poster des tweets, encore faut-il qu’ils les assument entièrement… Hadjila s’est intéressée à quelques cas…

 La scène politique française est malade, et elle a le syndrome de la Tourette. Jean-Sébastien Vialatte, un députe UMP au profil twitter PMU « biologiste, député  du Var, Maire de Six-Fours-les-Plages », nous a dernièrement régalé d’un exquis tweet, que ne renierait pas Jean-Paul Guerlain ou les membres du Ku Klux Klan, faisant référence aux dégâts causés à l’issue de la victoire du PSG sur l’esplanade du Trocadéro : « Les casseurs sont sûrement des descendants d’esclaves et ils ont des excuses #Taubira va leur donner une compensation », faisant référence aux propos de la Garde des Sceaux, évoquant une probable possibilité de compensations financières destinées aux descendants d’esclaves, déplorant le fait qu’ils ne possèdent que très peu de terres dans leurs pays d’origine.

Reste à préciser que le courageux tweet coup de gueule de JS a été supprimé pour faire place à des regrets mais pas à des excuses, ben oui, l’UMP condamnant les propos, acceptant les excuses (qui ne sont citées à aucun moment) et clôturant donc de 140 caractères le poids des mots, bien trop lourd d’un député bien trop lourd. En même temps, quand l’on apprend qu’Hélène Segara est également native de Six-Fours-les-Plages, nous ne pouvons qu’hocher la tête silencieusement, d’un air entendu. Ceci explique donc cela.

Là où le bât blesse, d’autant plus c’est que cette histoire fait tristement écho à la confrontation survenue entre les membres des forces de police et celle de trois des membres de la Brigade Anti Negrophobie, dont Almamy Kounate, lui aussi le politique, conseiller municipal à Fresnes, placé en garde à vue et qui sera présenté devant le tribunal de grande instance le 5 juillet prochain, au motif d’avoir résisté avec violence à son arrestation et avoir bousculé un policier.

Joint par téléphone, c’est un homme extra lucide, en colère et déterminé qui répond à mes questions, m’affirmant mesurer les risques de son métier : « je sais à quels risques je m’expose quand je fais de la politique » ,« répugné par la politique de gauche et de droite » et qui assure que « la France continuera d’être dans le déni tant que nous, citoyens ayant un minimum de respect pour l’histoire qui nous lie, continuerons de fermer les yeux ». Il ajoutera sobrement et froidement, au sujet du tweet de Vialatte,  n’être « même pas étonné par ce genre de propos » et que « le racisme n’a jamais été une maladresse ». On demande donc dédommagement pour avoir bousculé un policier mais on n’estime pas important la remise en cause de l’intégrité d’un peuple et le respect de ses souffrances ?

Ce qui à mes yeux est condamnable, chers lecteurs, c’est que même si l’on sait que la sphère politique n’est pas éclairée que par des lumières, nous savons cependant qu’en terme de communication, les piètres acteurs qui y évoluent sont conseillers ou maîtrisent eux-mêmes les ficelles de la communication politique. Alors, clairement, quel est le but ? Est-ce- que la scène politique française se transforme en Secret Story, reprenant les règles du savoir créer le buzz ? Faire de ses idées son cheval de bataille, c’est la règle des politiques, non ? où entretiendrais-je une idée reçue, utopique ou biaisée de ce qu’est la politique ?

Le « Twittweilergate », qui a valu un lynchage médiatique à Dame Valoche, a pourtant marqué l’actualité et aussi Ségolène, qui confiait récemment dans l’émission « C à vous » qu’elle « pardonne mais n’oublie pas », s’attirant au passage la sympathie de Marine Le Pen qui « salue le courage » de Sego. Comme quoi, tout est possible!

Mais il fallait un happy end et c’était sans compter la boutade de Christine Boutin (vous l’avez ?), lâchée comme un missile à l’encontre d’Angelina Jolie, ayant subi une double mastectomie préventive à un potentiel cancer du sein, déclarant,  hilare, je cite : « Pour ressembler aux hommes ? Rire ! Si ce n’était triste à pleurer ! » Voilà où nous en sommes. On ne précisera pas que le tweet fut effacé immédiatement après son envoi, non, on ne le précisera pas. Alors oui, c’est vrai, Cricri, c’est triste à pleurer. Entre tes propos, ceux du maire de Six-Fours les Plages en manque de reconnaissance et le reste, je pleure des larmes de sang.

Surfer sur la culture du buzz, c’est surfer sur la culture du vide. Vous surfez sur la vague mais je vous fais confiance, je sais que vous ne la lâcherez pas. Cependant, je ne peux cesser de repenser aux paroles de Despo Rutti, rappeur à la plume trempée au vitriol, dont les paroles de « Rédemption », sorti en 2010,  sonnaient comme une prophétie : « Comment en vouloir aux conservateurs quand la démocratie dit qu’être raciste c’est un droit ? (…) Les gens reconnaissent leurs torts, plus pour détaxer leur conscience que par question de bon sens ! » Rap, musique que j’aime. Je reprendrais sobrement le slogan de Kourtrajmé pour conclure et illustrer le fond de ma pensée : « Seigneur, ne leur pardonne pas car ils savent ce qu’ils font. »

 

Hadjila Moualek

 

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