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J-1 avant le début du Ramadan. Quelle est l’ambiance dans la ville ? Pour répondre à cette question, il faut se rendre dans un lieu de passage obligatoire, célèbre dans tout Marseille: le Marché Soleil. En ce mercredi après-midi, je ressens l’Orient dans les rues qui mènent jusqu’audit marché, à l’ombre sous son toit, où se mêlent les odeurs de menthe et de poulet rôti, où se côtoient les plus jeunes et les plus vieux. A l’entrée, on trouve les aliments, les étales d’herbes, d’épices et d’olives. Puis c’est le boucher qui nous accueille, avec ses viandes hallal.

Ahmed, commerçant depuis 10 ans: «  C’est le bled ici, nous ne sommes pas du tout dépaysés, c’est comme là-bas ! Et aujourd’hui tout le monde vient. » C’est dans ce lieu que l’ensemble de la population maghrébine ainsi que les autres communautés musulmanes se donnent rendez-vous pour faire les courses de dernière minute en vue des préparatifs du 1er jour sacré de Ramadan. A la vue de cette effervescence, je me demande quel est l’état d’esprit des clients du marché. Des dames font la queue pour le boucher. Rachida, une maman de 45 ans qui termine ses emplettes, me dit : « C’est nécessaire pour faire plaisir à la famille d’acheter tout ce que, en temps normal, on n’achète pas. Ça passe par la viande, les sucreries, les gâteaux orientaux. Il faut être à la hauteur pour les plats qui seront servis lors de la rupture du jeûne. »

Je m’approche ensuite d’une jeune trentenaire d’origine lyonnaise. Elle passe son premier Ramadan sans sa famille et pour elle, c’est spécial: «  J’ai été assez surprise de trouver une telle ambiance à Marseille, il existe un vrai lien fraternel entre les gens et on peut tout trouver. Surtout, les gens sont heureux que le Ramadan débute, et moi, je sais que c’est grâce à cette ambiance que je me sens un peu moins seule ici, on est comme dans un tourbillon, les prix sont criés, ça parle autre chose que le français, on est ailleurs quoi ! » Je me fais la même réflexion, le mois de jeûne musulman amène cette union entre les peuples, c’est tellement visible.

Plus loin, j’aperçois un étale de boissons gazeuses que j’avais vues à Alger lors d’un voyage. Ce sont des marques algériennes. Ce qui me frappe c’est tout ce monde devant le rayon. Les gens, et les Marseillais en particulier, achètent ce qu’ils ont bu pendant leurs vacances d’été en Afrique du Nord. C’est un nouveau mode de consommation qui se développe de ce côté-ci de la Méditerranée. Le Ramadan, c’est pour moi comme pour beaucoup d’autres, l’occasion de pouvoir se retrouver en famille et de vivre un peu selon les coutumes et traditions venues d’ailleurs. Mais Marseille, c’est déjà ailleurs.

Malika Redjem (BondyMarseille)

Malika Redjem –

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