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Après la relaxe des deux policiers par le tribunal de Rennes dans le procès de Zyed et Bouna, une vive émotion a touché les personnes qui se sont rassemblées ce soir devant le tribunal de Bobigny. Les visages sont minés. Les personnes présentes ce soir ont voulu témoigner leur soutien aux familles des deux adolescents défunts et montrer leur mécontentement.
DSCF0123Ils étaient 350 personnes à avoir fait le déplacement devant l’entrée du tribunal. Des policiers sont présents également. Beaucoup de jeunes de quartiers ont tenu être présents. Plusieurs personnes portaient un autocollant à l’effigie de Bouna et Zyed, probablement une manière de montrer que ces deux adolescents mort le 27 octobre 2005 dans un transformateur d’EDF resteront à jamais dans leurs mémoires. Une grande banderole a été accrochée près de l’entrée de Tribunal de Bobigny : « La police Assassine, la justice acquitte ». Des stéréos ont été apportées pour l’occasion, on entend l’interview de Gaye Traoré, le grand frère de Bouna, revenir sur cette tragédie du 27 octobre 2005. A l’entrée quelques tables sont disposées en lignes afin de servir de la nourriture pour les manifestants. De nombreuses associations ont fait le déplacement telle que la brigade anti-negrophobie, Fergusons in Paris, stop le contrôle au faciès, Urgence notre police assassine…
Omar, membre du Parti des indigènes de la République porte à la main une pancarte à l’effigie d’Ali Ziri et enchaîne les interviews avec différents médias. Il s’exprime : « quand nous avons appris la nouvelle de la relaxe, nous avons été pétris de douleur, d’incompréhension et de colère. Dix ans après, c’est un moment difficile, car rendre ce verdict a été très long, on s’attendait simplement à ce que les deux policiers soient inculpés pour « non-assistance à personnes en danger » et quand bien même ce n’est pas grand-chose, et bien même ça, nous n’avions pas eu le droit. Même ça, les familles ont dû repartir comme-ci d’un certain point de vue, il ne s’était rien passé sauf la mort de leur enfant, de leur frère et ça dix ans après c’est inacceptable. Aujourd’hui, il y a plein d’amertume. En France, il y a une justice très clairement qui prend le pas et qui est en phase complètement avec ce qu’on fait les policiers. Et de ce point de vue là, ça en dit long sur notre société. Amnesty international avait rendu qui l’a intitulé : « Les policiers sont-ils au-dessus des lois ». Il faut croire que les policiers sont au-dessus des lois, il faut croire qu’en effet condamner dans ce pays là des policiers, c’est de l’ordre de l’impossibilité affective. Il faut croire qu’il y a une catégorie de sous citoyens. Pour moi, il y a une justice à deux vitesses et ce qui a été démontré une fois de plus aujourd’hui et qui nous met très en colère».
Un manifestant exprime lui aussi sa tristesse par rapport à la décision rendue par la cour d’appel de Rennes :  « j’ai beaucoup de déception car dix ans d’attentes c’est beaucoup.  Et le fait que cela soit médiatisé, ça a donné beaucoup d’espoirs à l’ensemble des personnes qui se sentent concernées. Finalement les deux policiers s’en sortent avec la moindre poursuite, cela laisse un goût amer . Moi, je ne suis pas là pour attaquer frontalement les policiers. Mais, je pense qu’avec tous les éléments qui ont été apportés , ils auraient dû être sanctionnés pour montrer l’exemple« .
Différents slogans ont été criés lors de ce rassemblement, notamment celui-ci: « Pas de justice pas de paix ». La pluie est tombée soudainement. Les gens ont couru pour trouver un endroit où s’abriter notamment devant l’entrée du tribunal. Des altercations avec la police auraient eu lieu à cet endroit juste après :


Les familles de Zyed Benna et Bouna Traoré ont décidé de faire appel de la décision rendue aujourd’hui par la Cour d’appel de Rennes. Affaire à suivre.
Hana Ferroudj

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