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Une information judiciaire a été ouverte lundi 9 octobre suite à la mort de Yacine, 24 ans, dont le corps sans vie a été découvert le 14 septembre. Un juge d’instruction a été nommé qui va reprendre l’affaire. La famille ne cessait de le réclamer depuis le 27 septembre : elle doute de la version officielle qui concluait à un décès par overdose.

La famille de Yacine a obtenu l’ouverture d’une information judiciaire, a annoncé le parquet de Bobigny. Elle était réclamée par les proches du jeune homme de 24 ans retrouvé mort dans une cave de son immeuble dans le quartier de Savigny à Aulnay-sous-Bois le 14 septembre.

« Un juge d’instruction a été désigné ce lundi par le président du tribunal pour reprendre l’affaire, il s’agit du doyen des juges », a confirmé auprès du Bondy Blog, Me Franck Lévy, l’avocat de la famille.

« Nous sommes ravis car c’est ce que nous réclamons depuis des jours, cela prend le bon chemin« , a réagi Billel, frère de Yacine, en première ligne dans la mobilisation pour connaître les circonstances de la mort du jeune homme. « Mais nous attendons de voir car nous avons été baladés à plusieurs reprises. On reste prudent ».

« C’est la mobilisation qui a payé, c’est le fait que tout le monde commence à en parler, que les médias s’intéressent à l’affaire, que cela se propage sur les réseaux sociaux », indique Me Franck Lévy. « Nous allons demander à ce qu’une nouvelle expertise médicale soit réalisée ».

La famille et les proches mobilisés ne croient pas en la version officielle d’une mort par overdose

La famille est mobilisée depuis le 14 septembre. Elle ne croît absolument pas en la version officielle donnée jusqu’à présent. Dans un communiqué de presse publié le 15 septembre, le parquet de Bobigny indique que l’autopsie n’a « pas révélé de traces de coups susceptibles d’entraîner le décès et conduit à écarter l’hypothèse d’une mort violente”. Le lendemain, il a fait savoir que l’analyse toxicologique a « révélé la présence de cocaïne à un taux très élevé compatible avec un décès par surdose ». Mais familles et proches ne cessent de répéter que Yacine ne consommait pas de drogue et s’interrogent sur la présence d’hématomes sur le corps inanimé du jeune homme, témoignent-ils. Ils souhaitent comprendre aussi pour quelles raisons Yacine a été retrouvé mort face contre terre, le pantalon baissé et une barre de fer sous son corps.

C’est pour cette raison que le 23 septembre, la famille de Yacine avait déposé une plainte contre X pour homicide au parquet de Bobigny, puis avait saisi, le 27 septembre, le doyen des juges d’instruction.

Pendant trois nuits consécutives, des échauffourées avaient éclaté entre le 24 et le 27 septembre entre la police et de jeunes habitants du quartier de Savigny. Au total, six voitures avaient été brûlées et deux écoles visées. Au sein de la maternelle du groupe scolaire Savigny, « une salle de bibliothèque a été complètement incendiée et le bureau du directeur a été partiellement brûlé », indiquait la mairie de la ville dans un communiqué. À l’école primaire, une fenêtre de salle de classe avait été brisée pour propager du liquide inflammable.

Samedi 30 septembre, famille et soutiens avaient réussi à rassembler environ 300 personnes au pied du 2 avenue de Savigny à Aulnay-sous-Bois, toujours en plein cœur du quartier de Yacine.

Une mobilisation qui avait fini par payer lorsque le procureur de la République avait accepté de recevoir la famille de Yacine mercredi 4 octobre au parquet de Bobigny. L’ouverture de cette information judiciaire avec nomination d’un juge d’instruction pour reprendre l’enquête est une petite victoire dans le combat de cette famille à la recherche de la vérité sur la mort de Yacine.

Alban ELKAÏM

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