Derniers articles
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Plongée au cœur des centres d’appels
Dans la grande salle pourvue de téléphones et d'ordinateurs, les retardataires s'installent au premier poste disponible. Nous sommes en banlieue parisienne, dans un centre de télé-enquête. Les murs sont nus. Hormis quelques affiches publicitaires, rien ne rappelle l’entreprise. Déjà quelques-uns des enquêteurs, casque ou combiné sur les oreilles, se sont mis au travail.
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La semaine de Faïza
SAMEDI. Il y a des jours où on n'aime pas se lever. Cela tombe bien, c'est le concept du samedi matin. Comme je ne vis que par procuration, je fais ma ménagère de moins de 30 ans et regarde un programme débilitant. « Un dîner presque parfait », voilà le divertissement à l'intérêt relatif qui m'hypnotise. Cette émission c'est comme le capitalisme. Une bonne idée dévoyée par les bas instincts de l'homme. Les participants sont de vraies têtes à claque qui ont toujours des robots super perfectionnés qu'on imaginerait plus dans un bloc opératoire.
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La semaine de Faïza
SAMEDI. La nuit blanche est une idée brillante. Je ne fais pas de prosélytisme pour les nuits sans sommeil, je parle de l'événement nocturne parisien. La promotion de la culture, tant qu'on ne la brade pas, j'y suis favorable. Dans l’absolu, je suis contente que des performances artistiques soient organisées. C'est pourtant là le hic. Performance artistique ou le terme insignifiant. Généralement, quand on l'emploie, c'est que l'art dans la démarche ainsi dénommée n'est pas une donnée évidente. C'est un peu comme les gens qui se présentent comme consultant, on ne sait pas trop en quoi consiste cette profession ni même son utilité. Mais le terme est joli et permet de briller à la cantine des cadres.
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La tour infernale
La tour fend l'horizon. La succession de fenêtres identiques donne une impression d'infini. Au loin, une silhouette déchire le voile noir du brouillard automnal. Elle approche à toute vitesse de l'entrée. Samira parcourt hâtivement les quelques mètres jusqu'au hall. Juchée sur ses escarpins aux talons de huit centimètres, elle donne l'impression de marcher sur l'air. Elle file droit, sans jeter un regard à la meute qui enfume l'entrée en rejetant de larges bouffées de cigarettes. Le cimetière de mégots forme un tapis peu ragoûtant.
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La semaine de Faïza
SAMEDI. J'adore les mariages. Ça casse le mythe, je sais. Mon passage devant Monsieur le Maire est mal engagé. Alors je vis le bonheur par procuration. Je déplore d'ailleurs d'assister à si peu de cérémonies où l'on se promet pleins de choses comme dans les films, jusqu'à ce que la mort nous sépare. Cet été, j'ai même songé à monter une entreprise d'incruste dans des mariages auvergnats.
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La semaine de Faïza
SAMEDI. Je suis adepte de la politique de l'autruche. En mai 1968, si j’avais été de De Gaulle, j'aurais commencé à agir en novembre. Cette propension à laisser traîner les choses me joue des tours. Cela fait quelques jours que je ressens des picotements dans la gorge. Le changement de temps, avec cette impression de vivre quatre saisons en une journée, m'a tuée. Les symptômes de la crève s'annonçaient mais j'ai fait comme si tout allait bien. Je me suis dit que mes ennemis avaient fomenté un complot contre moi. Une poupée vaudou à mon effigie et me voilà privée de ma voix, dont je fais un usage important (qui a dit abusif ?).
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Pour quatre heures de TIG, t’as Sexion d’Assaut au Zénith
Des notes de « Sexual healing » de Marvin Gaye, s'échappent d'une sono lointaine. Une file d'attente se forme devant un stand barré d'un slogan « Orange Rockorps, tu donnes, tu reçois ». Les responsables de cette action « citoyenne » parrainée par l'opérateur téléphonique, s'assurent que les formulaires de participation sont correctement remplis. Une autorisation parentale dûment complétée est requise pour les mineurs. Le stade de Livry-Gargan en Seine-Saint-Denis accueille ce samedi après-midi une soixantaine de bénévoles venus redonner des couleurs à des murs vétustes et gris.
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La semaine de Faïza
SAMEDI. Après un été passé à essayer d'oublier la vie politique française passionnante j'ai replongé. Et pour frapper un grand coup j'ai décidé d'aller à la manifestation organisée par plein d'associations pour les droits de l'homme, vaste programme, pour protester contre, je cite, « la xénophobie ambiante », vaste programme bis. Les manif, une fois qu'on en a fait une, on les a toutes faites. A la sortie du métro, il y avait les communistes qui distribuaient des autocollants, des numéros de L'Humanité, que par humanité j'ai pris... Il y avait une foule importante très United Colors of Benetton. Vu la masse d'Auvergnats je me suis dit qu'il y allait avoir des problèmes.
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La semaine de Faïza
SAMEDI. Je ne suis pas Wonderwoman, ni Superwoman. Ni mythomane, ni érotomane, ni pyromane. Bon j'arrête la litanie des mots en - ane. Oui, moi j'adore les vacances, je ne dirai jamais ô grand jamais « Oh heureusement que je reprends le travail, ne rien faire ça m'embête. » Dans notre belle société sarkozyste où il faut travailler plus, pour gagner plus, l'oisiveté est mal perçue. Comme je suis une rebelle à temps partiel j'ai envie de déclarer haut et fort : vive le temps libre, vivent ces moments où le temps est suspendu et où l'on est fatigué de n'avoir rien fait.