Derniers articles
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Qu’elle serait belle, la rue Jules Guesde, sans ses dealers…
« Il n’y a pas vraiment d’insécurité ici. Les zouaves, on les voit dans le jardin plus loin. Ils me disent de ne pas nettoyer sous les souches d’arbres où ils cachent leurs sachets de drogue. Alors j’y touche pas. » Patrick a 49 ans et il est éboueur dans le quartier de Wazemmes de Lille. Vêtu de son uniforme vert, le balai à la main, il ramasse les déchets qui jonchent le parc. Et raconte volontiers ce qu’il voit en arpentant chaque jour depuis quatorze ans la longue rue Jules Guesde.
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Mystique clochard
C’était en fin de soirée. Je marchais le long du canal de l’Ourcq, à Paris, lorsque je fis la rencontre d’un clochard. Allongé avec sa petite bière lui tenant compagnie, il grignotait une barre chocolatée aux saveurs de caramel et vanille. Je lui dis « bonjour ». Me regardant de ses yeux crispés et doux à la fois, il me dit : « Vous êtes qui, vous ? – Je suis un jeune du quartier. – Mais je ne vous ai jamais vu dans le quartier. – C'est que je ne sors pas souvent et à vrai dire, lorsque je sors c'est pour aller directement dans une librairie y acheter des livres. »
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Qui a dit que les jeunes étaient des délinquants irrécupérables ?
17 heures, ma chère mère m’envoie remettre une recette de grand-mère contre les maux d’estomac à une connaissance dans le quartier où j’ai grandi. A l’angle d’une rue, je croise des amis, ça faisait un bail que je ne les avais pas vus, même si quelques centaines de mètres seulement nous séparent. « Wesh pote, ça fout quo en ce momenti ? », je lance à Karim dans un langage local. Il me répond qu’il est en contrat à durée indéterminé, sans approfondir. Je lui demande sadiquement la nature de son CDI. Il me lance : « Un CDI de chômage ! » Après quelques rires, je comprends qu’il fait partie des 10,6% chômeurs de France.
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A la mémoire de Youssouf
Avec un groupe de jeunes du quartier Noailles, dans le centre-ville de Marseille, Youssouf devait participer à un atelier de journalisme et intégrer le Marseille Bondy Blog. Ensemble, ils se connaissent depuis l’enfance, partagent tout, les galères et les joies. En juin dernier, Youssouf, accompagné de sa mère, a pris l'avion pour aller au bled. Il n'y est jamais arrivé. Ses amis ont voulu réunir ici les souvenirs qu’ils souhaitent conserver de lui.
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Madeleine, horizon poubelle
Je la croise à la sortie d’un Monoprix, à Paris. Le vent de juillet caresse ses cheveux de soleil, sa peau un peu fripée trahit son âge. Elle souhaite paraître plus jeune, avec son rouge à lèvres d’un carmin diabolique. Elle joue les femmes fatales : hauts talons noirs, fuseau et t-shirt à paillettes. Elle fouille les poubelles du petit super marché, avec son caddie. Soudain, un bel homme, billet de 10 euros à la main, s’approche de cette silhouette frêle et lui tend l’argent : « Tenez, c’est dégradant de vous voir faire de la sorte ! »
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L’échelle de la crasse
Quand j'étais au lycée on avait un jeu, c'était l'Everest de la débilité. On traquait dans la cour de récré les mecs qui ne se lavaient pas régulièrement. Dés que nous trouvions une proie à pointer du doigt, une meute d'ados sans cerveaux, aiguisés depuis l’enfance à la vanne bien grasse et cuisante du ghetto de la cité, l’entourait pour l’afficher devant toutes les jolies filles jusqu'à ce qu'il pleure. Pour peu qu'il soit dans la même classe que nous, on le disait même à la maîtresse (oui, le Bondynois utilise le mot maîtresse jusqu'au lycée).
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Bourg-Saint-Maurice, sex-toy attitude
Le ciel, au loin, est noir. Sombre. Couvert. Rien de palpitant, rien de très excitant. Pas comme mardi, où la municipalité de Bourg-Saint-Maurice distribuait un sachet cadeau sur simple présentation d'une accréditation « médias ». A l’intérieur, un livret faisant l'éloge de la Région, et une « flower power ». Une fleur en plastique, sorte de marguerite avec sa proéminence jaune et ses élégants pétales blancs. Et l'hôtesse de nous dire, dans un sourire qui en disait long, « à vous de découvrir ce cadeau ». A cette phrase, je ne répondis rien, sinon une discret « merci », sachant déjà que le joujou irait dans le carton des gadgets accumulés sur la route du Tour, butin destiné à mes petits cousins...
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Journalisme indépendant en France profonde
L’hebdomadaire « Marianne » posait récemment la question : existe-t-il une presse d’opposition ? C’était à propos de l’article complaisant du « Nouvel Observateur » qui avait accueilli largement la nouvelle politique de communication de Nicolas Sarkozy qui voulait expliquer à tout le monde que ses erreurs de jeunesse, c’est fini, maintenant il est de gauche comme n’importe quel metteur en scène français aujourd’hui.
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« Un jour, je serai Mehdi le vrai Parigot ! »
Ils sont à la pointe de la mode parisienne : pantalons slim, col en V, chaussures vernies, longue chevelure avec la fameuse mèche pleine de laque qui recouvre leur front. Presque tous leurs amis sont parisiens, issus le plus souvent de milieux aisés. Mais eux, viennent de la banlieue parisienne. Leurs parents sont parfois Rmistesou au chômage. Il n’empêche, ils sont clinquants, autant qu’un jeune fils de médecin. Dans le quartier, lorsque l’un d’eux passe, il est regardé d’une façon anormale. Comme si un ovni se baladait sur la dalle. Faut dire, le contraste est fort entre ces dandys et les jeans Diesel-baskets Armani.