Derniers articles
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« Nous travaille bien, pas dur » : made in China à Bondy
La première fois que j’ai vu cette foule de Chinois, c’était un matin à 7 heures précises. Incroyable, me suis-je dit, probablement allaient-ils travailler dans une grosse boîte qui apprécie tout particulièrement la main-d’œuvre chinoise. Curieuse, j’ai pris ensuite à plusieurs reprises le même chemin qu’eux, et à chaque fois, à 7 heures pétantes, ils étaient là, certains à vélo, d’autres sortant de bus, d’autres encore arrivant à pied. Le soir à 19 heures, pareil, ils reprenaient en sens inverse le chemin qu’ils avaient emprunté le matin. A vu d’œil, ils étaient au moins 50 à marcher dans les rues de Bondy.
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Virée pur Beur en Bretagne : «Et ta sœur, elle est réservée ?»
Il y a quelques jours, Idriss et Kader sont allés en Bretagne rendre visite à leur copain Abdel, qui suit une formation de six mois d’animateur en centre de vacances. Accueillis à leur descente du train à Quimper, Abdel leur fait un topo avant une rencontre avec d’autres jeunes en formation. Kader se fera passer pour un footballeur résidant à Amsterdam : « J’ai ramené que des polos, pas de capuches et j’ai modéré mon langage habituel. A Paris, mes potes sont tous arabes ou noirs, alors on a notre langage à nous, celui des quartiers. » Idriss, lui, dira qu’il est un jeune réalisateur qui débute dans le métier. Et aussi qu’il est de père italien et de mère algérienne « pour ne pas éveiller les soupçons ». Pourquoi ces bobards ? « Abdel nous a prévenus que les Arabes ne sont pas très bien vus par ici », raconte Idriss.
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Gala de boxe au Cirque d’Hiver : jeune demoiselle enchantée
Jeudi soir, je me fais embarquer par mon ami Saïd dans une soirée particulière. Said, de passage à Paris pour le boulot, est éducateur sportif à la mairie de Salon de Provence. Un passionné de boxe, sillonnant toute l'année l'Hexagone avec ses poulains. Il me tend une invitation pour un gala de boxe au Cirque d'Hiver. Qui n'a pas rêvé de franchir la porte du grand chapiteau couvert parisien ? Je m'y rends avec une certaine excitation et pendant le trajet en métro, quelques souvenirs me reviennent. Je me rappelle certains combats que l'on avait eus l'occasion de regarder à la maison: Brahim Asloum aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, et les images d'archives nostalgiques des Mike Tyson, Mohamed Ali et Marcel Cerdan.
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Commerce en banlieue : petits arrangements entre amis
La cité, ce n'est peut-être pas la vie en rose, mais les placards y sont rarement vides longtemps. Surtout lorsqu’on se côtoie depuis des années. Tout se troque, se prête, se donne. Il y a maman qui envoie son petit avec un verre vide demander du sucre ou de la farine à la voisine. Ou le gamin qui toque à la porte pour des œufs ou un oignon. Mais les échanges et services rendus ne s'arrêtent pas là. Votre télé tombe en panne ? Allez en face. Sinon, adressez-vous aux jeunes en bas de l’immeuble. Avant la fin de la soirée, vous aurez un téléviseur dans votre salon. Certes, pas flambant neuf, mais c'est déjà ça !
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Maman, je t’aime, mais laisse-moi vivre ma vie
Kahina était une femme indépendante, passionnée de stylisme et de mode. Son chemin vers le prêt-à-porter haut de gamme était tout tracé. A 34 ans, elle se retrouve avec une sandwicherie à gérer dans le 92. Elle rêvait de beaux tissus et d’invention de belles tenues, mais c’est friture et steak haché au quotidien. « Sans m’en rendre compte, dit-elle, j’ai laissé filer mon rêve pour réaliser celui de mon adorable maman. » Sa mère, arrivée d’Algérie dans les années 60, a connu toute sa vie les ménages et les petits boulots pénibles. Son plus grand souhait était de devenir patronne afin de ne plus être commandée par un patron.
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Formations sucrées par l’Etat : la colère des chômeurs
Le monde des chômeurs n'est pas content de vous annoncer la naissance de Pôle emploi. L'enfant né de l'union de l'Assedic et de l'Anpe. En guise de gourmette pour le petit, un collier étrangleur : la suppression de l'AFF (Allocation de fin de formation), qui fait partie d’une batterie de lois dites de refonte de la formation professionnelle. « C'est une blague ? Non ? Mais qu'est-ce que je vais faire sans l'AFF, moi ? », s’exclame Selma face à sa conseillère Pôle emploi.
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Ces bébés shootés au Coca
Quand des ados se cuitent à l’alcool nuit et jour, d’autres, encore plus jeunes, se shootent au Coca. C’est devenu une habitude dans certaines familles que de donner à boire aux enfants, dès l’âge de 2 ans, le mythique soda plein de bulles et plein de sucre. L’une des boissons les plus vendues au monde coule à flots dans le gosier des bambins. Elle en vient parfois à remplacer le lait. L’autre jour, dans le bus, je tombe nez à nez avec une maman d’une trentaine d’années accompagnée de ses deux enfants, des jumelles âgées de 2 ou 3 ans. L’une des petites semble réclamer avec insistance un petit quelque chose. Je m’attends à un biberon, un jouet, un bonbon. J’ai tout faux : la maman tend à sa petite fille une bouteille de Fanta, toute prête à être consommée.
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José fait des passes à la diversité marseillaise
C’est en 1939, à l’initiative d'un instituteur et d'un groupe d'amis, que le club du SO Caillols a vu le jour. « Un club distinct des autres, forgeant personnalité au fil du temps, s'interrogeant sur son avenir mais qui, par la pugnacité de ses fondateurs, se sent fait pour réaliser de grandes choses. » Je me renseigne avant mon interview sur l’historique du club : « Les grands desseins, la foi en un idéal, des hommes droits, généreux, ardents au travail sont toujours générateurs de réussite. » Une sacrée réussite, en effet, puisque des grands noms du football ont évolué au sein du SO Caillols : Jean Tigana, Christophe Galtier ou encore les frères Cantona sont passés par là et font encore la fierté de leurs entraîneurs.
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En taule, p’tits boulots, maxi exploitation
« Mon salaire est de 150 € par mois en moyenne, je suis payé à la tâche. Je travaille 8 heures par jour, du lundi au vendredi. Si je suis absent pour maladie ou autre, je ne suis pas payé et notre contremaître peut à tout moment nous licencier sans préavis, du jour au lendemain. » Vous pensez sans doute que celui qui prononce cette phrase est un pauvre habitant du tiers-monde exploité par une multinationale ? Détrompez-vous, c’est un citoyen français : Karim, 45 ans, père de famille. Il est ouvrier dans un atelier bien français, situé dans une commune du Val d’Oise : Osny. Sa particularité c’est qu’il se trouve dans une maison d’arrêt et que notre ouvrier est un détenu.