A un mois des élections municipales, les campagnes s’accélèrent un peu partout, les projets se confrontent, les alliances se font et se défont.

Cette année, le BB a choisi de couvrir trois villes de Seine-Saint-Denis au long cours : Bobigny, Aubervilliers et Saint-Denis. Dans chacune de ces trois communes, nous avons souhaité organiser un débat. Pour faire vivre, et non plus seulement raconter, le débat démocratique local.

A Saint-Denis, il aura lieu entre les deux tours, en partenariat avec nos confrères du JSD. A Aubervilliers, il est prévu le 9 mars prochain au prestigieux théâtre de La Commune et il devrait rassembler la quasi-totalité des candidat.e.s.

Mais à Bobigny…

Il nous faut vous l’avouer : à Bobigny, nous avons toutes les peines du monde à organiser ce débat.

Tout est programmé, pourtant. La date (le lundi 24 février), le lieu (le Canal 93), le dispositif… Non, la difficulté est ailleurs : elle est dans le fait de réunir les différentes têtes de liste autour d’une table.

Certes, à Bobigny, la campagne est peut-être un peu plus électrique qu’ailleurs, comme le raconte Héléna Berkaoui dans ses articles. Certes, la publication annoncée d’un livre-enquête d’une journaliste de l’AFP va ajouter encore un peu de tension à cette campagne.

Mais qu’est-ce qui peut bien empêcher des candidats de débattre démocratiquement ?

Nous leur avons proposé plusieurs dates et leur avons soumis un dispositif simple. Les candidats alignés face à un public, des thématiques connues à l’avance et deux heures d’échanges destinées à mieux connaître leurs projets et leurs propositions, sur des thématiques aussi cruciales que le cadre de vie, la jeunesse ou l’urbanisme. Le tout en public et diffusé en direct sur notre site.

Pourtant, les candidats louvoient. Un seul candidat a pour l’instant confirmé sa présence à ce débat. Les autres réservent leur réponse. Confirment puis se rétractent. Invoquent des problèmes d’agenda. Demandent si untel ou untel en sera. Expliquent qu’ils n’ont pas forcément le temps.

A l’échelle d’une campagne, il nous paraît pourtant possible – sinon indispensable – de prendre deux heures de son temps pour expliquer aux électeurs et aux électrices son projet. Pour confronter les visions. Trouver les points de consensus et les points de divergence. Exprimer sa singularité.

Ce débat, il nous paraît d’intérêt public et démocratique. Alors, nous nous servons de cette tribune comme un appel : le Bondy Blog invite publiquement les candidats à l’élection municipale de Bobigny à participer au débat que nous organisons, lundi 24 février 2020 au Canal 93.

Articles liés

  • Saint-Denis, ép. 6 : L’alliance a failli

    A Saint-Denis, la reprise de la campagne électorale a été marquée par un séisme local : l’échec in extremis de l’alliance entre Laurent Russier, le maire sortant PCF, et Bally Bagayoko, son adjoint LFI. L’épilogue inattendu d’une semaine de négociations âpres. Récit.

    Par Ilyes Ramdani
    Le 04/06/2020
  • Le maire et les Tilleuls : tension et répulsion

    Au Blanc-Mesnil, la réélection du maire (LR) Thierry Meignen dès le premier tour cache une autre réalité. Dans le quartier des Tilleuls, le ressentiment à l’égard de l’édile a laissé place à des affrontements, souvent violents, entre les soutiens de l’ancien maire communiste et ceux de son successeur de droite. Retour sur une campagne tendue.

    Par Héléna Berkaoui
    Le 25/03/2020
  • Report du deuxième tour : « C’est peut-être un mal pour un bien »

    Après le report du second tour, les campagnes sont en stand-by. Les alliances, les fusions, la campagne de deuxième tour... Tout cela est reporté à quelques jours, quelques semaines ou quelques mois. Comment les candidats perçoivent-ils cet entre-deux tours le plus long de l'histoire, en pleine crise sanitaire ? Nous en avons sondé quelques-uns.

    Par Héléna Berkaoui
    Le 18/03/2020