Derniers articles
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Rachid Boukrim, comédien de guerre
On l'appelait "Le Petit Maroc". C'était un immeuble habité par des familles marocaines, situé dans un quartier du sud de Lille, où la Seita, la fabrique de cigarettes, s'était implantée il y a longtemps. Rachid Boukrim est né en 1980. Il a grandi au "Petit Maroc". Ses parents, originaires du Rif, ont eu huit enfants, six fils et deux filles. Rachid est le quatrième de la fratrie. Le théâtre est son métier. "Aujourd'hui, j'en vis, j'ai récupéré mon statut d'intermittent", dit-il, content pour lui et pour ses parents. La première fois qu'il a travaillé, c'était pendant les vacances d'été. A 14 ans, il donnait un coup de main à son oncle, dans l'épicerie attenante à la boucherie de son père. "Au début, tous les ans, on allait un mois dans le Rif, voir les grands-parents maternels. Après, ça n'était plus que tous les deux ans, parce qu'il y avait moins d'argent." Un jour, la famille Boukrim, trop grande pour l'appartement du "Petit Maroc", s'établit non loin de là, à Wattignies, dans un pavillon "près de la ZUP".
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Un Sarkozy fraternel, presque amour
La "majorité silencieuse", cet électorat dont Nicolas Sarkozy s'était fait le porte-drapeau durant la campagne, a crié victoire. Il est 20h35, en ce dimanche de deuxième tour, lorsque le nouveau président de la République pénètre sur la scène de la salle Gaveau, dans le 8 ème arrondissement de Paris, où l'attend une foule de partisans. Ils sont des centaines, pressés les uns contre les autres, alors qu'à l'extérieur, des milliers de militants agitent des ballons bleus et se soûlent de "Marseillaise", entonnées en boucle. La France est justement au cœur du discours que prononce Nicolas Sarkozy, qui s'avance vers son micro dans un pas d'empereur. Il clame, comme le veut l'usage républicain, qu'il sera le président de tous les Français et qu'il respecte "Madame Royal" et les millions d'électeurs qui ont voté pour elle. Mais il annonce le changement. Il ne dit plus "je veux", il dit "je vais". Et notamment, noyau de son credo: "Je vais réhabiliter le travail, l'autorité, la morale, le respect, le mérite. Je vais remettre à l'honneur la nation et l'identité nationale…". Dans l'assistance, Karima, une jeune journaliste d'origine maghrébine qui a porté sa voix sur la candidate socialiste, craint les mots qui vont venir: "Il a stigmatisé l'islam avant l'élection, il a monté des Français contre d'autres Français", chuchote-t-elle. Mais les mots qui viennent la rassurent peut-être, elle qui, Nicolas Sarkozy élu, veut quitter la France pour le Canada. Le bientôt chef de l'Etat – il le sera sous peu, après la passation de pouvoir à l'Elysée – ne stigmatise plus, ce soir.
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La responsabilité de François Bayrou envers les banlieues
François Bayrou n’a pas besoin d’être explicite sur ses intentions. On comprend que cet homme-là vise l’Elysée, et rien d’autre. Alors, patienter cinq ans encore, ce n’est pas si long. Il va créer sa propre force de frappe, un Parti démocrate, a-t-il annoncé hier après-midi dans un grand hôtel parisien. Il présentera des candidats dans toutes les circonscriptions aux législatives de juin. Officiellement, il s’agit de doter la France d’une troisième formation politique importante, à côté de l’UMP et du PS. Mais le rêve de Bayrou est sans doute d’en faire un Parti démocrate à l’américaine, nouvelle offre d’alternance à la puissance de droite qu’est devenue l’UMP. Le Béarnais estime sûrement qu’une victoire de Nicolas Sarkozy le 6 mai, davantage qu’une défaite, servirait ses desseins. Il s’ensuivrait une crise au PS, qui provoquerait sans doute des départs vers le Parti démocrate.
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Djamel Bourras rallie Bayrou : les dessous d’un beau coup
Bercy est plein à craquer, en ce mercredi soir, pour le meeting de François Bayrou. Dix-huit mille partisans, à ce qu'il paraît. La vue d'un homme grand au crâne chauve parmi les invités d'honneur soulève des interrogations dans la tribune de presse. "Mais c'est qui ?" "On dirait Djamel Bouras." Oui, la personne pressée par les caméras de télévision est bien l'ancien champion olympique de judo. Je quitte alors les bancs de la presse et rejoins, pour un court moment, le carré VIP. Je m'approche du judoka et lui pose la question: "Pourquoi François Bayrou et pas Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal ?" "Parce que François Bayrou a une vraie humanité et qu'il est le seul candidat qui puisse rassembler tous les Français de toutes origines. Sinon, ça va péter", répond-il. Pour Bouras, "Ségolène Royal est une erreur qu'ont effectuée les militants socialistes en la désignant". Quant au candidat de l'UMP, "c'est un dictateur", tranche-t-il.
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Fayçal Douhane : « Le futur président de la République sera élu par la banlieue »
Fayçal Douhane est président du Club PolEthique, un mouvement qui vise à moderniser la vie politique en France. Il est conseiller national du Parti socialiste. Son activité militante l'amène à rédiger des notes électorales sur des modalités de votes. "Je me bats contre les a priori qui nous expliquent que les Français issus de l'immigration ne votent pas, ne s'expriment pas et n'ont peut-être pas tout à fait leur place dans le système politique français", dit-il. Fayçal Douhane estime que, sur ces questions-là, "le conservatisme est beaucoup plus fort parmi les élites au pouvoir qu'au sein de la population, qui demande dans sa grande majorité la présence de candidats issus de l'immigration dans les élections".
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Azouz Begag : « Je suis devenu un homme infréquentable dans le Sarko-système »
Azouz Begag a démissionné le 5 avril du poste de ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances. Il est l’auteur d’un livre, Un mouton dans la baignoire, qui raconte son épopée au gouvernement et ses rapports, exécrables, avec l’ancien ministre de l’Intérieur, candidat de l’UMP à la présidentielle. Il explique les raisons de […]
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Législatives : Mouloud Aounit défiera le PC à Aubervilliers-La Courneuve
Le week-end dernier, les militants communistes de la circonscription d’Aubervilliers-La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, ont investi démocratiquement leur candidat aux élections législatives : Gilles Poux, le maire de La Courneuve, est arrivé en tête, devant Mériem Derkaoui, suppléante de la députée sortante, et vous-même. Qu’allez-vous faire désormais ? J’ai décidé, avec le comité de soutien à ma candidature, […]
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Les poules de la rue d’Enghien
Un vrai démocrate est quelqu’un qui se pose des questions naïves. Moi, par exemple, je me suis longtemps demandé pourquoi il était si difficile de pénétrer dans le quartier général de campagne de Nicolas Sarkozy, 18 rue d’Enghien, dans le Xe arrondissement de Paris. J’avais cru, à son ouverture, au début de l’année, qu’on y entrerait comme au café, pour y lire le journal, y piocher de la communication politique, y rencontrer Rachida Dati ou Xavier Bertrand, les porte-parole du candidat. Pour y refaire le monde dans une ambiance accueillante et décontractée. Tu parles! Le QG de Sarko ressemble à une citadelle imprenable, avec sas et vigiles.
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Les minorités visibles du PS haussent le ton à l’égard de Ségolène Royal
Un mois après une première tentative, Prairial 21 récidive avec une deuxième lettre*, datée du 19 mars, adressée à Ségolène Royal. Ce club du PS, qui représente la majeure partie de la diversité au sein du parti, réclame une nouvelle fois une entrevue avec la candidate socialiste pour aborder avec elle la problématique des discriminations ethno-raciales en France. Le précédent courrier du 19 février comprenait une centaine de signataires (Bondy Blog du 23 février). Leur nombre a doublé depuis, tous, apparemment, militants du PS, la plupart d'origine maghrébine ou subsaharienne. Leur chef de file est une femme: Chafia Mentalecheta, déléguée nationale du parti à la lutte contre les discriminations et à l'accès à la citoyenneté. Prairial 21 s'estime snobé par Ségolène Royal. "Nous n'avons reçu aucune réponse à notre lettre du 19 février", affirme Chafia Mentalecheta. Le dernier courrier en date est rempli de précautions oratoires. On ne sait jamais. "Des rumeurs venant de Solférino (le siège du PS, ndlr) laissent entendre que le parti cherche déjà d'éventuels responsables d'une possible défaite de Ségolène Royal", ajoute la déléguée nationale. La direction socialiste pourrait être tentée de faire le ménage dans les instances lors du prochain congrès national.