Derniers articles
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Fillon 2 : un ange passe
Tout est normal. Tout va bien. On est prié de ne pas tiquer. Fillon 2 est le déploiement naturel de Fillon 1, l'envol après la couvée. Pardon, mais non. Le deuxième tour des élections législatives a contrarié la nature UMP. L'oiseau a un fil à la patte. Il n'a pas la belle allure espérée. D'abord, il manque Alain Juppé. Le souffre-douleur des Français, le pénitent de la République, convenait merveilleusement au poste ascétique taillé pour lui : le ministère de l'écologie. Jean-Louis Borloo, moine paillard, remplace un moine soldat. Qui sait, il sera peut-être touché par la grâce du CO2. Le transfert de Christine Lagarde de l'agriculture à l'économie, première femme à accéder à cette responsabilité, et dont les propos sont empreints d'intelligence et de rigueur, est a contrario une bonne nouvelle. Pour le reste, la poursuite de l'œuvre d'ouverture à la gauche et à la diversité ethnique, avec la désignation des secrétaires d'Etat, ne répond pas à toutes les promesses. L'entreprise donne des signes d'essoufflement. Nicolas Sarkozy et François Fillon ont choisi l'apparat et la récompense plutôt que le mérite et la compétence.
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Législatives : gueule de bois annoncée pour « la diversité »
Un député ? Deux ? Trois au grand maximum? On s'achemine vers un très maigre bilan en termes de représentation de la diversité à l'Assemblée nationale. Il se pourrait même, qu'au soir du 17 juin, il n'y ait aucun élu arabe ou noir parmi les candidats de France métropolitaine. Ceux qui peuvent raisonnablement espérer l'emporter dimanche sont un UMP, Salem Kacet (en photo), et une socialiste, George Pau-Langevin. Les autres devront s'en remettre aux bonnes fées. Salem Kacet, cardiologue et professeur de médecine à Lille, a obtenu 36,32% des voix dans la 8ème circonscription du Nord, à Roubaix, arrivant juste derrière le candidat PS Dominique Baert (37,77%). Avec 27,84% des suffrages, George Pau-Langevin, Antillaise, talonne l'UMP Raoul Delamare (27,88%) dans la 21ème circonscription de Paris. Deux probables élus de la diversité, c'est bien peu, le PS ayant investi une vingtaine de candidats sous cette appellation, contre une quinzaine à l'UMP.
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L’UMP Jeannette Bougrab, dans le 18ème à Paris : « Je veux faire mieux que Nicolas Sarkozy le 6 mai »
Jeannette Bougrab a le regard noir d'une actrice italienne des années 50, avec, dans les yeux, quelque chose de vulnérable. A l'UMP, son parti, ils n'aiment pas trop ça, la femme fragile. Ils préfèrent la femme générale, la tenue pantalon au tailleur mauve. C'est dans cette couleur glamour que la candidate du parti de droite a visité les 35 bureaux de vote de la 18ème circonscription de Paris, où elle se présentait. Un rituel qui tient autant de l'affichage le jour du vote que du respect envers les électeurs. Professeur de droit à la Sorbonne, chargée de cours à Sciences Po, Jeannette Bougrab n'a que 33 ans. "De droite en économie, plutôt de gauche sur les questions de société", ainsi qu'elle se décrit elle-même, la jeune candidate espère obtenir dans sa circonscription, le 17 juin, au second tour des législatives, un meilleur résultat que celui qu'y a enregistré Nicolas Sarkozy le 6 mai, à la présidentielle, contre Ségolène Royal. "La candidate socialiste a réalisé ici plus de 60% des voix", rappelle Jeannette Bougrab.
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A Trappes, les candidats de la diversité se livrent un combat sans merci
Deux policiers municipaux, non armés, bonnes bouilles, entrent dans la permanence électorale de Djamal Yalaoui, rue Jean Jaurès, à Trappes. Ils viennent lui remettre une notification de leur patron, le maire socialiste de la ville, Guy Malandain, indiquant que la salle Jean-Baptiste Clément ne sera pas disponible le 7 juin. Raison invoquée : l'endroit est déjà réservé, même jour, même heure, par un candidat concurrent. D'autres dates sont disponibles, le 6 ou le 8, ajoutent aussitôt les envoyés de Malandain. Yalaoui ne veut rien entendre, convaincu que l'empêchement qu'on lui oppose est un coup monté du maire. Il signe malgré tout la notification, mais il prévient: "J'irai quand même le 7 à la salle Jean-Baptiste Clément et j'y tiendrai meeting, dedans ou dehors." Djamal Yalaoui est un avocat franco-algérien de 39 ans, citoyen de Trappes, une commune de 35 000 habitants située en grande banlieue parisienne, dans le département des Yvelines. La ville est connue dans toute la France pour deux raisons au moins. Une bonne : le comédien Jamel Debbouze est l'enfant du coin. Une mauvaise : la police y a arrêté à plusieurs reprises, ces dernières années, des individus identifiés comme salafistes, soupçonnés de préparatifs d'attentats.
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Hamza Lahlou pourrait sortir de prison aujourd’hui
Hamza Lahlou, 23 ans, étudiant en BTS, est toujours incarcéré à la prison des Baumettes, à Marseille. Un casier vierge, mais, bientôt six mois de détention préventive, dans l'attente d'un procès. Il a avoué avoir mis le feu à une poubelle et être l'auteur d'un graffiti dans le quartier de La Rouguière, à l'est de la ville, où habite sa famille. Les faits remontent à 2006. A la veille du ramadan, des personnes investissent une supérette abandonnée pour la transformer en salle de prière. Elles appartiennent à une association luttant depuis dix ans pour l'ouverture d'un lieu de culte musulman dans la cité. Les CRS viennent les en déloger un peu plus tard, avec force, provoquant une mini révolte dans le quartier: sept voitures et deux containers sont incendiés. Un seul confesse une faute: Hamza Lahlou. Feu de poubelle et graffiti, donc. Idir, envoyé spécial à Marseille, a relaté ces faits en détails dans un précédent post. Il y a une douzaine de jours, le Bondy Blog, de retour sur les lieux, a assisté à une séance du comité de soutien à Hamza Lahlou.
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La démocratie marseillaise à l’épreuve des intimidations Acte 3 : Slimane Azzoug, l’honneur d’un commerçant
Samedi 19 mai, milieu de matinée. On allait oublier Bernard Susini, le candidat de l'UMP. Il apparaît, Corse à la fois humble et étincelant, au marché de L'Estaque, village côtier où les chichis, délicieux beignets, s'accrochent à nos souvenirs mieux que la reproduction d'un tableau de Cézanne logé dans l'église. Adjoint au maire de Marseille, chargé du contrôle de la politique de la ville, Susini est donné perdant dans sa conquête de la 4ème circonscription. Le résultat réalisé ici par Ségolène Royal au second tour de la présidentielle, près de 58% des voix, plaide, selon "La Provence", le quotidien local, en faveur du sortant, le communiste Frédéric Dutoit. Jacques Lalain, qui suit Bernard Susini dans sa tournée électorale, veut croire que "la division de la gauche, qui part à trois", permettra à son candidat de sortir en tête au premier tour. Tiens, voilà Dutoit. A L'Estaque également, avec son jeune suppléant, Nabil Kadri. "Grâce à lui, j'aurai le vote des femmes", plaisante le communiste. Qui ne perd pas le nord : il a placé Kadri sur ses affiches de campagne. Méthode somme toute habile pour pêcher des voix chez les électeurs "algériens".
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La démocratie marseillaise à l’épreuve des intimidations Acte 2 : Henri Jibrayel en son royaume
Vendredi 18 mai, fin de matinée. Il y a une petite fête, ce jour-là, à La Castellane, une cité du 16ème arrondissement de Marseille où Zidane a grandi. Un repas de midi est servi sur l'esplanade aux habitants du quartier. L'association culturelle Femmes du monde est aux fourneaux pour préparer un riz. En période électorale, les candidats vont à toutes les tambouilles. Le communiste Frédéric Dutoit (photo de droite) et le socialiste Henri Jibrayel (photo de gauche) arrivent sur les lieux à un quart d'heure d'intervalle. "Dire que ce devait être radieux, quand on voit ce que c'est devenu", marmonne Dutoit, complet gris clair et cravate rouge, en approchant des immeubles blancs de La Castellane, suivi de son équipe de campagne. La blancheur des murs paraît plus belle au soleil. Et le ciel est plus bleu que bleu. Six mille habitants, 50% de chômage, disent les statistiques. Mais l'humeur n'est pas aux statistiques déprimantes. Le candidat du PCF est venu sans son jeune suppléant, Nabil Kadri (lire le prochain article). "Il est commercial, il travaille", explique Frédéric Dutoit pour justifier son absence.
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La démocratie marseillaise à l’épreuve des intimidations Acte 1: l’agression de Karim Zeribi
Jeudi 17 mai, début d'après-midi. Au Vieux-Port, entonnoir des passions marseillaises. Le corps d'un individu a été retrouvé au bout d'un ponton. Accident ou meurtre ? Pour "La Provence", grand quotidien régional, un feuilleton commence. Les jours suivants apportent des indices. La victime était hémiplégique. Un témoin affirme l'avoir vue avant son décès, dans une chaise roulante, poussée par un autre homme, qui l'aurait peut-être précipitée dans l'eau. La personne handicapée et celle qui l'accompagnait étaient soignées dans un hôpital psychiatrique. Les élections législatives ont lieu dans trois semaines. Face au port, j'attends Karim Zeribi, 41 ans, ancien chevènementiste, invité régulier des "Grandes Gueules" sur RMC, fondateur du parlement des banlieues et, surtout, candidat de La Nouvelle Gauche dans la 4ème circonscription des Bouches-du-Rhône, qui regroupe une bonne partie des quartiers nord de Marseille. "On arrive, on va manger", me dit-il au téléphone. Cinq minutes passent. Une voiture se gare sèchement à mes pieds. Trois hommes s'en extraient, énergiques, veston et lunettes noires. Allure de flics ou de caïds. C'est Karim et deux membres de son comité de soutien: Yassine Draja, qui travaille dans les forages d'eau, et Karim Driouche, prothésiste dentaire.
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Les insoumis de la diversité claquent la porte du PS
Ils l'ont fait. Ils ont envoyé leur démission au parti. Une dizaine de socialistes représentatifs de la diversité, estimant ne plus être entendus et encore moins écoutés par les instances dirigeantes, ont dit "ciao" à François Hollande, le premier secrétaire. Ça s'est passé samedi, lors du Conseil national du PS. Ils ont annoncé qu'il se présenteraient sous l'étiquette "divers gauche" aux élections législatives de juin. Leur slogan: "De l'audace à l'Assemblée nationale". Quelques-uns se sont retrouvés ce dimanche 13 mai dans une brasserie en face de la gare de Lyon, à Paris. Le Bondy Blog était à leur table. Le leader naturel du groupe est une femme, Chafia Mentalecheta, mère de trois enfants. Une lionne, Chafia, avec du feu dans les yeux. Elle a faim de politique, mais elle ne goûte pas aux plats réchauffés de la rue de Solférino. "Ils sont d'accords d'avoir des Arabes et des Noirs à l'Assemblée nationale, dit-elle à propos des dirigeants socialistes, mais des Arabes et des Noirs dévoués. Ils veulent restaurer le deuxième collège des musulmans de l'Algérie française."