Derniers articles
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Mehdi et Badroudine font la «Polisse» à Cannes
Vendredi 13, 21h24. Nos cœurs claquent. On sort nos invitations, coincées dans les poches intérieures de nos smokings prêtés et apprêtés. Les gens s'agglutinent derrière les barrières. C'est comme à la télé. Le rouge du tapis est aussi rouge que les lèvres de Penelope Cruz chez Almodovar. Le noir et blanc des costards est aussi coloré qu'un film de Chaplin. Les invités sont tout à leur iPhone. Ils veulent garder ce moment à jamais. L'enregistrer, se le mater en boucle et dire, pour crâner : « J'ai monté les marches à Cannes. » Les photographes ne se bousculent pas pour nous photographier, nous les ravisés, embauchés trois jours dans le staff de France Inter.
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Carla Bruni-Sarkozy, le bébé du combat contre l’illettrisme
Mardi. Des lueurs blanchâtres traversent le hall du Centre Pompidou. Le jet des flashs rebondit sur le panneau blanc de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy. Des macarons à la rose s'ennuient dans le fond d'une assiette aussi pâle que la nappe dressée. Quelques serveurs font s'entrechoquer les verres de jus d'orange à ceux de pamplemousse. La brochette d'invités et la maîtresse de cérémonie, Carla Bruni-Sarkozy, viennent de débarquer. Elle porte un tailleur bleu très foncé. La meute médiatique s'excite derrière le cordon de sécurité. « Vous confirmez les déclarations de votre beau-père ? », lance une journaliste, d'une voix fluette. On se croirait à la sortie d'un tribunal, dans les séries américaines. Elle coupe court : « Merci pour ces magnifiques photos. »
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« Ben Laden, c’est mon père »
Le bus 249 est bondé. On se pousse. Le chauffeur demande d'avancer dans le fond. On descend près du lycée Jacques Brel à La Courneuve (93). Il est midi, l'heure d'aller se rassasier. Les lycéens filent fissa à la maison. On interpelle un groupe de filles. On lâche le nom de Ben Laden. « C'est pas un calife du Pakistan ? » sourit sérieusement une des quatre. Les autres la contredisent, se moquent. La troisième balance : « En tout cas, c'est pas un terroriste. Il voulait seulement faire du bien pour son peuple musulman. »
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La dramatique académie du Front national
La porte du métro s'ouvre. Ils sont quelques-uns à en sortir. Ils portent, pour la plupart, des sacs-à-dos. Ils ont le crâne dégarni par la calvitie guerrière. Ils prennent la première sortie. Ils veillent à leurs arrières, regardent à gauche, à droite. Méfiants. Prennent l'escalier principal. A l'extérieur, les ornements dorés de l'Opéra Garnier crament sous le soleil matinal. Sur les marches de l’académie de musique, un groupe de militants chantent à tue-tête. Loin de la poésie des chants lyriques, ils s'obstinent à hurler quelques slogans. « Le travail, aux Français » côtoie le titre phare de la matinée : « Marine, présidente ! »
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Afida T., un ange passe
Elle s’est forgée, comme un roc, grâce aux fêlures, aux blessures de la vie qui l’ont entaillée. Elle est devenue une rose avec ses dangereuses épines. Comme l'As de Solaar, elle a toujours piqué, mais pas que les cœurs. « J'étais un garçon manqué, jusqu'à 16 ans. Je me battais tout le temps. » Elle se chiffonnait dans la cour, mais faisait de belles rédactions, à l'encre ou à la plume. « Les autres me payaient pour que j'écrive à leur place. J'avais des 19/20. » Imagination débordante, commentaient les profs...
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France Télévisions s’ouvre aux quartiers
Trois écrans grésillent dans le hall de la Fondation France Télévisions. Sur le premier, Sophie Davant s'émeut devant des gens qui se sont fait « usurper leurs identités » . Il est 15h04. Sur le second, le cigare de l'inspecteur Derrick se consume doucement. Le dernier propose un match de tennis sur terre battue. A la balle de set, Marie Anne Bernard, déléguée générale de la Fondation France Télévisions, arrive. Elle nous emmène jusqu'à son bureau. On croise, collés sur un mur, une photo des frères Bogdanov.
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Flex et MC Jean Baptiste : le trip du ghostwriter
Flex croque dans le Giant. Mâche. Avale. Dit : « Le rap, c'est pour décrire la vraie vie, la réalité. » Flex croque dans le Giant. Pioche des frites huileuses à la couleur suspecte. Dit : « Moi, je suis pas là pour parler de grosses bagnoles que j'ai pas. » Flex, rappeur de La Courneuve, croque dans le Giant. On le croise au Quick des Six Routes. Il a 18 ans. Son rap est cru, réaliste, sans bling.
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Le requiem des fantômes, par Castelbajac
C'est une sombre histoire de fantômes qui ne fait pas peur. C'est la drôle d'histoire d'un fantôme qui ne se sent à l'aise ni nulle part. « Le fantôme en a marre d'entendre dire qu'il n'existe pas. »* Venez, prenez notre main, nous vous emmenons dans le monde des apparitions. Un étrange bâtiment de Créteil (94), la Maison des arts. A l'intérieur, il fait aussi noir que dans la nuit. On marche lentement, par peur de cogner quelqu’un. Un pas après l'autre. Accrochée sur un mur, une mâchoire avec des dents et des gencives saillantes. Quand on s’en approche, un cri strident retentit. On s'en éloigne, à petits pas. On croise des fœtus enveloppés dans des paquets, comme des jouets. On se croirait au supermarché. Une dame dit : « Ils sont vivants. »
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Robe noire ou djilbab ? Lycéenne musulmane interdite de cours
Dans ce lycée de Saint-Ouen (93), des élèves invoquent la devise républicaine inscrite au fronton de leur établissement pour contester une décision de l’administration. Les uns crient à la liberté bafouée, d'autres à la fin de la fraternité. Vendredi 11 mars, Sarah*, en plein cours de philosophie, est convoquée dans le bureau de la proviseure adjointe. On lui explique clairement qu'elle ne peut plus porter « la longue robe noire » dont elle est vêtue, que c'est un signe « religieux » et que c'est « interdit dans l'enceinte du lycée ». L'administration qui a pris cette décision d'interdit vestimentaire à l'encontre de cette jeune fille, estime que la robe noire en question est pareille à un « djilbab », longue tunique qui recouvre le corps, des épaules jusqu’au bas des chevilles.