Derniers articles

  • L’armée, porte de salut ?

    On les appelle les « hitistes », littéralement les « teneurs de murs », non-profession répandue dans les quartiers. Perspective de carrière ? Généralement, aucune. Le hitiste revient toujours squatter le mur nourricier qui les a vus grandir, lui et ses potes. Partie à la rencontre de jeunes en galère, collectionneurs au mieux de petits boulots, marqués par l’échec scolaire, je croise Meheidine, 19 ans, qui a enfin trouvé la voie qui lui permettra de couper le cordon ombilical avec les murs des quartiers nord de Marseille. « J'ai trouvé ce qu'il me faut : l'armée. » Motivation réfléchie ou fuite en avant d'un jeune en quête d’un avenir ? Il nous raconte.

    Par Bondy Blog
    Le 07/03/2009
  • Hüseyin, fier de sa langue, de sa religion, de ses enfants

    Hüseyin, 60 ans, est propriétaire d'une épicerie dans le quartier turc de la rue du Faubourg-Saint-Denis. Assis sur sa chaise derrière sa caisse, il me reçoit gentiment. Son français est approximatif mais il est content lorsque je me présente à lui en turc. Originaire de Bursa, ville située à environ 200 kilomètres d'Istanbul, Hüseyin est arrivé en France en 1972. Avant de s'installer en région parisienne, Hüseyin a vécu pendant quinze ans à Vendôme, dans le Loir-et-Cher : « C'était calme, là-bas. Pour le travail, il n'y avait pas grand-chose mais on était tranquille. Moi, je travaillais comme ouvrier à l'usine De Dietrich, mais j'ai eu un accident de travail et je me suis fait opérer deux fois dans le dos. J'ai dû arrêter de travailler à l'usine. »

    Par Nassira El Moaddem
    Le 26/02/2009
  • « A force de travail, je sais que j’y arriverai »

    Dans l'une des ruelles perpendiculaires à la rue du Faubourg-Saint-Denis, j'entre dans une petite imprimerie pour y rencontrer Dilek. Cette jeune femme de 26 ans fait partie de la communauté alévie*. C'est son père, travailleur immigré depuis 1984 en France, qui la fera venir avec sa mère en 1991. Divorcée depuis peu, maman d'un enfant de 3 ans atteint d'une maladie grave, Dilek ne veut pas s'apitoyer sur son sort et fait du courage et du travail deux vertus inconditionnelles de la réussite.

    Par Nassira El Moaddem
    Le 25/02/2009
  • Les Turcs existent, nous les avons rencontrés

    Lorsque je pense aux Turcs de France, je ne peux m'empêcher de me remémorer ce portrait de ce grand monsieur moustachu, à l'élégant chapeau posé sur la tête, vêtu d'un manteau de laine vert, aux traits fins et aux yeux bleus pénétrants. Le portrait de ce monsieur que je voyais tous les mercredis matins, perché en haut d'une armoire de notre classe d'arabe dans ma Sologne natale, je le reverrai à Istanbul des années plus tard, lors de mon séjour académique sur les rives du Bosphore. C'était celui de Mustafa Kemal Atatürk.

    Par Nassira El Moaddem
    Le 24/02/2009
  • Le camion-coiffure qui déstresse le 93

    La Courneuve, 93, quartier Verlaine. Ce matin-là, les bénévoles s’affairent à décharger la cargaison de produits alimentaires pour les Restos du Cœur. Patrick, le responsable local, peste contre l’intervention télévisuelle du télégénique président Sarkozy. « Il y a de plus en plus de personnes dans le besoin et cela ne va pas aller en s’arrangeant, affirme-t-il, rien que sur l’aide alimentaire, nous avons enregistré 10 à 15% en plus de bénéficiaires cette année. »

    Par Adrien Chauvin
    Le 18/02/2009
  • « Nous travaille bien, pas dur » : made in China à Bondy

    La première fois que j’ai vu cette foule de Chinois, c’était un matin à 7 heures précises. Incroyable, me suis-je dit, probablement allaient-ils travailler dans une grosse boîte qui apprécie tout particulièrement la main-d’œuvre chinoise. Curieuse, j’ai pris ensuite à plusieurs reprises le même chemin qu’eux, et à chaque fois, à 7 heures pétantes, ils étaient là, certains à vélo, d’autres sortant de bus, d’autres encore arrivant à pied. Le soir à 19 heures, pareil, ils reprenaient en sens inverse le chemin qu’ils avaient emprunté le matin. A vu d’œil, ils étaient au moins 50 à marcher dans les rues de Bondy.

    Par Bondy Blog
    Le 12/02/2009
  • Commerce en banlieue : petits arrangements entre amis

    La cité, ce n'est peut-être pas la vie en rose, mais les placards y sont rarement vides longtemps. Surtout lorsqu’on se côtoie depuis des années. Tout se troque, se prête, se donne. Il y a maman qui envoie son petit avec un verre vide demander du sucre ou de la farine à la voisine. Ou le gamin qui toque à la porte pour des œufs ou un oignon. Mais les échanges et services rendus ne s'arrêtent pas là. Votre télé tombe en panne ? Allez en face. Sinon, adressez-vous aux jeunes en bas de l’immeuble. Avant la fin de la soirée, vous aurez un téléviseur dans votre salon. Certes, pas flambant neuf, mais c'est déjà ça !

    Par Bondy Blog
    Le 10/02/2009
  • Formations sucrées par l’Etat : la colère des chômeurs

    Le monde des chômeurs n'est pas content de vous annoncer la naissance de Pôle emploi. L'enfant né de l'union de l'Assedic et de l'Anpe. En guise de gourmette pour le petit, un collier étrangleur : la suppression de l'AFF (Allocation de fin de formation), qui fait partie d’une batterie de lois dites de refonte de la formation professionnelle. « C'est une blague ? Non ? Mais qu'est-ce que je vais faire sans l'AFF, moi ? », s’exclame Selma face à sa conseillère Pôle emploi.

    Par Bondy Blog
    Le 05/02/2009
  • En taule, p’tits boulots, maxi exploitation

    « Mon salaire est de 150 € par mois en moyenne, je suis payé à la tâche. Je travaille 8 heures par jour, du lundi au vendredi. Si je suis absent pour maladie ou autre, je ne suis pas payé et notre contremaître peut à tout moment nous licencier sans préavis, du jour au lendemain. » Vous pensez sans doute que celui qui prononce cette phrase est un pauvre habitant du tiers-monde exploité par une multinationale ? Détrompez-vous, c’est un citoyen français : Karim, 45 ans, père de famille. Il est ouvrier dans un atelier bien français, situé dans une commune du Val d’Oise : Osny. Sa particularité c’est qu’il se trouve dans une maison d’arrêt et que notre ouvrier est un détenu.

    Par Bondy Blog
    Le 03/02/2009