Derniers articles

  • Médailles du mérite pour parents valeureux

    « Tu sais qui c’est, lui ? », demande un grand gaillard à son camarade. Le vigile accompagne sa question d’un mouvement de tête pour montrer le monsieur d’origine maghrébine qui vient de passer. « C’est le daron de… », dit-il dans un éclat de rire à faire trembler la porte du Cargo, une salle des fêtes de Bobigny. « Figure-toi, qu’un jour, tout gamin, j’étais en train de me taper avec un gars dans la cité. Il est intervenu pour nous séparer et nous a dit : "Pourquoi, vous vous battez. Ce n’est pas bien, on ne doit pas faire ça !" », raconte-t-il avec différents gestes de mains et des mimiques pour rappeler ce moment épique. A la fin, le stentor rit de nouveau à se décrocher une côte pendant que son copain portant un blouson sur lequel est écrit « médiation urbaine » rigole de concert.

    Par Bondy Blog
    Le 26/02/2011
  • Lotfi et la pizza AK 47

    Lotfi, un mec qui parle peu. Le genre de type qui bouge en silence. Qui fait ses affaires en toute discrétion. Une main de fer dans un gant de velours. Au lycée, il restait au fond. Muet. Il ne participait jamais au cours, ni pour répondre aux questions des professeurs, ni pour mettre son grain de sel quand ça partait en cacahuète. Il observait, papotait parfois avec moi en prenant soin de ne pas se faire repérer. Je l’aimais bien. Il était simple, de confiance. Calme, la force tranquille, il ne fallait pas le chercher. Un jour il défonça comme un chiffon un mec à base de droites dans la mâchoire. C’est impressionnant de voir quelqu’un de réservé s’acharner sur un mec. Lotfi était toujours dans les embrouilles de quartiers. Pas si calme que ça…

    Par Bondy Blog
    Le 25/02/2011
  • Couscous à l’oeil et bière à flots

    Une musique qui bouge, une ambiance sympa et chaleureuse, une déco rétro, des clients nombreux. Nous sommes à la Cordonnerie, un café branché, à deux pas des Halles, dans le IIe arrondissement de Paris. A l'angle des rues Greneta et Saint-Denis, à deux pas de la Cordonnerie, la Fontaine de la Reine, un monument parisien méconnu. Le bar s’est agrandi en annexant une ancienne cordonnerie. D’où son nom. Il est plus de 20 heures, on attend le couscous dans un joyeux brouhaha. Sur les tables, des mojitos, des cuba libre, des pintes de bière, du coca… Des touristes, des Parisiens, des étudiants, des bobos se retrouvent ici pour se détendre en ce samedi soir.

    Par Bondy Blog
    Le 24/02/2011
  • Tabassé par des agents de la BAC : mâchoire fracturée

    Samedi 12 février, aux alentours de 14h30, Hedi (prénom modifié) est assis dans le camion utilitaire d’un ami. Ils sont alors trois dans le véhicule garé sur le parking des 3000 à Aulnay-sous-Bois, revenant du foot. Quatre policiers de la BAC arrivent discrètement pour procéder à un contrôle. Ils font descendre en premier Hedi et l’un d’eux lui fait une fouille au corps. S’attardant trop sur ses parties intimes, Hedi lui dit : « Enlève ta main j’ai mal ! – Tu veux que j’appuie plus fort ? », lui répond le policier, et il exerce une pression plus forte. Hedi repousse sa main et lui tourne le dos pour se tenir l’entre-jambe quand soudain l’agent de la BAC lui met un coup de poing violent en pleine mâchoire. Un deuxième policier intervient pour tenir Hedi par la gorge et son collègue lui remet un coup de poing de l’autre côté de sa mâchoire.

    Par Inès El laboudy
    Le 23/02/2011
  • Doit-on s’immoler en banlieue ?

    A l’instar du jeune Tchécoslovaque Jan Palach ayant usé du même mode mortifère en 1969 pour dénoncer l’invasion de son pays par les chars russes, l’immolation du jeune Mohamed Bouazizi voulant dénoncer un système tunisien indigne, va sans nul doute être gravée dans l’histoire de ce début du 21e siècle et par conséquent dans notre inconscient collectif.

    Par Bondy Blog
    Le 22/02/2011
  • La semaine de Faïza

    SAMEDI. Je me transforme en Jane Fonda. Comme je n'ai rien de mieux à faire de ma vie et que je suis légèrement frustrée de ne pas participer aux révolutions de jasmin qui fleurissent dans le monde arabe, je participe à des manifestations à Paris. Aujourd'hui le programme, c'est manifestation pour la démocratie en Algérie. Vaste chantier, soyons réalistes demandons l'impossible. Et puis bon si ça fonctionne, sur un malentendu, je pense qu'on pourra tenter de résoudre la crise économique et la faim dans le monde dans la foulée.

    Par Faïza Zerouala
    Le 19/02/2011
  • Quand Paris était allemand et en noir et blanc

    Dans le hall d'exposition de l'université de Seine-Seine-Denis ont été dressés dix larges panneaux qui illustrent ces quatre années où Paris fut allemand, passant du rang de capitale de la France à celui de carpet de l'occupation nazie. Pour tous ceux qui faisaient l'école buissonnière, voilà un laconique rappel des évènements. Mai 1940 : les Allemands s'emparent de la capitale tandis que le gouvernement français et deux tiers des Parisiens fuient vers le sud de la France. Le pouvoir est confié au maréchal Philippe Pétain qui installe le nouveau gouvernement à Vichy (Auvergne). Comment ceux qui restent à Paris vivent-ils pendant les quatre années d'occupation allemande ? Voilà le fil directeur de cette exposition qui aborde différents aspects de cette cohabitation entre la soldatesque allemande et des Parisiens tels que le rationnement, la collaboration, l’antisémitisme ou encore les mouvements de résistance clandestine.

    Par Bondy Blog
    Le 18/02/2011
  • Ils étaient frères, les voilà ennemis

    L'odeur du souffre. Le bruit des bottes qui frappent la terre. Ses yeux sont des billes qui balayent le paysage. Il rôde, épie. Hier soir, quand il a vaguement passé un gant de toilette sur son corps dégueulasse, il a senti une boursouflure sur son épaule gauche. Le poids du fusil automatique dont il ne se sépare plus. Il endure en silence. L'armée, c'était la bonne planque, se disait-il. Jamais il n’aurait imaginé ce soulèvement.

    Par Mehdi Meklat
    Le 17/02/2011
  • Triche : nous sommes tous des héros du fond de la classe

    « La triche c’est pas bien. » Je suis sûre qu’à vous aussi, on vous l’a déjà dit. Que celui qui n’a jamais tourné la tête vers la copie de son voisin pour vérifier si sa réponse est bonne quitte cette page sur le champ ! Certes, il existe quelques rebelles, des élèves modèles, mais je vous assure que même eux ont déjà eu un micro-torticolis en interro de chimie. J’ai vu la première de la classe l’année dernière prise en flag au moment où elle tentait de débusquer la petite réponse qui lui aurait donné son 20 !

    Par Sarah Ichou
    Le 16/02/2011