Derniers articles
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Vendanges en Beaujolais : la vie des camarades
Dimanche 19 septembre, arrivée en gare de Belleville-sur-Saône dans le Beaujolais. Un homme d’une cinquantaine d’années m’attend dans le hall, une pancarte portant l’inscription « Longère » à la main. Il s’agit de mon futur patron : Jean-Jacques Longère, le propriétaire du domaine de la Croix du Mathy. Nous allons vendanger ensemble durant une semaine. Avec sa bouille franche de père tranquille, le viticulteur m’apparaît très vite comme un homme pudique qui ne se livre pas facilement. Néanmoins, nous profitons de la route pour échanger quelques mots.
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La semaine de Faïza
SAMEDI. Il y a des jours où on n'aime pas se lever. Cela tombe bien, c'est le concept du samedi matin. Comme je ne vis que par procuration, je fais ma ménagère de moins de 30 ans et regarde un programme débilitant. « Un dîner presque parfait », voilà le divertissement à l'intérêt relatif qui m'hypnotise. Cette émission c'est comme le capitalisme. Une bonne idée dévoyée par les bas instincts de l'homme. Les participants sont de vraies têtes à claque qui ont toujours des robots super perfectionnés qu'on imaginerait plus dans un bloc opératoire.
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Je suis un pédé comme ils disent
Je m’appelle Damien. Je suis dionysien depuis 6 ans. Je suis originaire d’une famille rurale et catholique d’Anjou. Avant Saint-Denis, j’ai habité quatre ans à Puteaux dans les Hauts-de-Seine et une année à Cachan dans le Val-de-Marne. Cela fait donc 9 ans que je n’habite plus en Anjou. Je me considère comme un réel Dionysien même si je n’aime pas le rap, le verlan et les chiens de mecs-à-chiens. Je n’oublie pas l’Histoire tant de la ville, de notre France et de notre Europe, ni celles des immigrants non-européens. Je ne peux connaître toutes les cultures mais j’y porte une attention certaine.
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Retraites : les lycéens bloquent la RN3 à Bondy
« Sarko t’es foutu la jeunesse est dans la rue », ont scandé une centaine de jeunes en plein milieu de la Route nationale 3, l’artère qui coupe en deux notre chère ville de Bondy : c’est officiel, les manifs ont dépassé le périf. Jeudi matin, les lycéens de Jean Renoir se sont spontanément regroupés pour suivre le mouvement de protestation contre la réforme des retraites. « Il y a des profs qui font grève depuis deux jours, ce matin (hier) à 8 heures on n’était pas nombreux et petit a petit le mouvement a pris de l’ampleur. »
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Mon premier entretien, avec des talons de drag-queen
Yes ! Mon premier entretien pointait le bout de son nez. Il était attendu comme le messie. Je n’ai même pas songé à le préparer car je ne savais pas qu’un entretien ça se préparait comme un examen. Mon père, quand il cherchait du travail, il démarchait les chantiers et demandait du travail. Rien de plus simple. Et ça marchait pour lui.
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« Tin chuis yomb ! – Qu’est-ce tu dis ? »
Oh la la, c’est fou ce que le langage évolue vite dans nos banlieues. Chaque génération, chaque coin a ses mots propres. Quand je vais en province, mes interlocuteurs ont parfois du mal à me saisir. Quelque chose m'énerve ? Je dis j'ai le seum et là, tout le monde est largué. Et encore, je ne vous parle pas de verlan, non, c’est juste du jargon. Un jargon bien ancré dans nos têtes, que j’entends pratiquement tous les jours, chez les petits comme chez les grands.
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Manif made in France pour trois grévistes coréens
« Très impressionnés ! » Trois syndicalistes sud-coréens n’ont pas perdu une miette de la manifestation parisienne du 12 octobre sur les retraites. L'immense cortège qui s'ébranle de Montparnasse avec ses fumigènes, ses slogans rythmés et la Batucada maison de Sud Rail les fait s'évader tout l'après-midi. « Ah, si on pouvait avoir une grande manifestation comme ça en Corée ! » s'extasie Eui Hyuk Shim, du syndicat KMWU (Korean Metal Workers' Union ) en remontant des lunettes rectangulaires sur son nez qui lui donnent un air docte et intello.
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Les glaneurs indésirables
Comme tous les mercredis et samedis, maman Gris et ses trois enfants se rendent au Marché de la Ferme. Pas à n’importe quel moment, en toute fin, histoire d’aller fouiner dans les cartons de fruits et légumes abandonnés à même le sol car trop abîmés pour de fins palais. Cette mère-là et ses rejetons ne sont pas seuls à profiter du bon plan. Y a du monde dans le secteur. Depuis qu’ils se sont retrouvés à Bobigny, on ne sait trop comment, Madame Gris et ses enfants vivent cachés, longent les murs, empruntent des tunnels de maquisards pour ne pas être vus et s’en vont ainsi piquer allègrement les aliments. Avariés ? Qu’à cela ne tienne ! Ils feront un bon festin.
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«On ne va quand même pas mettre un vigile par étage !»
Deux cents logements, 1200 habitants : un immeuble à Aubervilliers. Rencontre, fin septembre, entre les résidents et le bailleur social. Rendez-vous a été donné à la loge du gardien. Une dizaine de locataires ont répondu présents à l’invitation de leur bailleur pour débattre du ménage et de la propreté. Une atmosphère pesante règne dans la loge. Pendant une heure, seule la directrice de l’organisme public HLM (OPHLM) parle. En scrutant le visage de certains locataires, on comprend que son discours politiquement correct agace certains et endort les autres.