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Durant plus d’une semaine, les résidents du foyer de travailleurs migrants des Amandiers-Troënes (Paris, 20ᵉ) sont restés mobilisés contre l’expulsion de M. Niabaly. Ce retraité sénégalais de 79 ans a été expulsé par les forces de l’ordre le jeudi 26 septembre. Son tort : avoir hébergé son fils, « chose que les résidents des foyers n’ont pas le droit de faire puisqu’ils n’ont pas les mêmes droits que les locataires », dénonce le Collectif Pour l’Avenir des Foyers (Copaf).

Si Adef Habitat dénonce de son côté une « occupation illégale », les résidents rappellent que ces « hébergements solidaires » ont lieu depuis toujours dans les foyers de travailleurs migrants.

Lire aussi. Au foyer des Amandiers, un retraité expulsé pour avoir hébergé son fils

Grâce à la mobilisation des résidents après l’expulsion de M. Niabaly, des réunions se sont tenues avec les représentants du foyer, ceux de la mairie du 20ᵉ, de la ville de Paris et avec Adef Habitat. « Rien n’a été obtenu de la part de l’Adef », déplore Ladji Sakho, conseiller délégué au maire du 20ᵉ en charge des foyers de travailleurs.

Un sursis jusqu’à la fin de la trêve hivernale

En effet, une solution ambiguë a été décidée par le gestionnaire. « Adef a promis de ne pas mettre M. Niabaly dehors avant la trêve hivernale si la mairie promet de trouver une solution de relogement d’ici au 1ᵉʳ avril 2025 », résume le Copaf. Concernant les situations de trois autres résidents expulsés au cours des derniers mois ou sous le coup d’une procédure d’expulsion, rien n’a été acté.

« Oralement, Adef dit qu’il allait voir de leur côté pour M. Sy Mamadou, mais ils ne se sont engagés à rien pour le moment », précise Ladji Sakho. Durant l’été, alors qu’il était en vacances, M. Sy Mamadou, 78 ans, a été expulsé. Il a retrouvé la serrure changée à son retour et n’a depuis pas trouvé de solutions.

Adef est devenu l’Adef grâce à ces immigrés qui vivent ici et qui paient les loyers

« Nous sommes en colère face à l’attitude abjecte d’Adef qui refuse de concéder quoi que ce soit sur le fond et persiste dans sa volonté de continuer à expulser les travailleurs immigrés », déplore le Copaf.

La ville de Paris et la mairie du 20ᵉ ont réitéré par courrier leurs demandes de suspendre les expulsions jusqu’à avril 2025 et se sont engagés à chercher des solutions de relogement pour les résidents concernés. « La mairie n’a pas de leviers, Adef a la loi de son côté », constate Ladji Sakho. Pourtant, « Adef est devenu l’Adef grâce à ces immigrés qui vivent ici et qui paient les loyers », insiste l’élu. Un soulagement relatif et un combat qui continue pour les résidents du foyer des Amandiers.

Héléna Berkaoui

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