Derniers articles
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Madame R a perdu ses nerfs
Madame R. est née en Pologne dans les années 60. Elle se marie à 19 ans. Pour des raisons impérieuses, elle s’enfuit, laissant une fille qu’elle ne reverra que bien plus tard. Elle qui avait des aspirations artistiques gagne sa vie en faisant des ménages, la nuit dans une société et la journée chez des particuliers. Aujourd’hui, elle vit seule avec un adolescent, né d’une brève liaison, dans cette cité où tout le monde se connaît. Madame R. a perdu ses nerfs il y a déjà quelques années.
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Les Canaries : ses plages, son bitume, ses cayucos
Que peut-on ressentir quand on débarque sur une plage touristique, luxueuse à souhait, entourée d’immeubles tous plus scintillants et moches les uns que les autres, après avoir passé 10 jours sur un bateau de fortune, sans eau pendant les deux derniers jours de traversée, sans espace, bravant le froid, le soleil, la mer, la mort ? Quels sentiments peuvent nous inspirer le décor que nous découvrons, alors que des policiers nous « accueillent », brûlent nos vêtements et nos objets personnels tandis que la Croix Rouge nous fournit un kit d’habits qui sera notre principale garde robe pour les semaines à venir ? Est-on heureux et plein d’espoir, heureux d’être toujours en vie et plein d’espoir devant cette image de l’Europe riche et oisive (même si très laide, car dénaturée par l’urbanisme à tout crin et le tourisme massif et saccageur) ?
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Vaulx-en-Velin, le lycée dont l’Education nationale ne voulait pas
Pour aller à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, vous prenez le métro jusqu’au terminus de la ligne A, et ensuite le bus. De préférence le 51 ou le 56. Ce n’est pas long, une petite demi-heure. A la descente du bus, rue Jean Foucaud, vous apercevez au loin un bâtiment qui domine les autres avec une sorte de gigantesque panneau portant une inscription. C’est intrigant. Vous vous approchez jusqu’à pouvoir déchiffrer le slogan, qui plane sur la ville comme un message apaisant : « Mondialisation : entre le profit et l’humain, Vaulx-en-Velin choisit l’humain ! »
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Tout près de l’enfer, un paradis : Corbeil-Essonnes: Lycée Robert Doisneau
On ne dira jamais assez les charmes de la banlieue parisienne. Corbeil est une petite ville charmante, presque bucolique, avec un lacis de rues tortueuses traversées par la rivière Essonne. Nous sommes à une trentaine de kilomètres au sud de Paris. Une colline domine la ville, sur le flanc de laquelle on peut traverser une cité aux allures anodines, les Tarterêts. C’est là qu’il y a quelques semaines, une embuscade a été tendue à une patrouille de police par un groupe de jeunes gens.
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Tour de France des banlieues
J’ai l’impression d’être un paresseux. Pourtant je me lève à des heures avouables (8h, pas plus tard, promis-juré) et je me couche rarement avant deux ou trois heures le matin suivant. Mais j’ai pris du retard dans le récit de ma tournée des lycées sur le blog, alors je culpabilise. Entre les prises de rendez-vous, les déplacements, les rencontres avec les classes, la chasse au wifi pour essayer de relever les mails, la délicate question de savoir si, venant de Forbach, on peut passer à Corbeil puis à Poitiers puis à Lille en trois jours (je vous passe le détail des heures de rendez-vous), une petite interview à un journaliste et un saut à Bondy pour faire le point avec l’équipe du blog… euh… je m’y perds un peu.
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Sérieux ! Des journalistes ? Ici ?
On nous annonce la venue de journalistes en lien avec le Bondy Blog. Le 14 novembre à l’atelier Sciences po du lycée on les attend. Un peu plus tôt on nous annonce la présence de deux journalistes suisses en plus de Mr Hamidi. On les imaginait avec des chocolats dans la main, un accent venu de nulle part, avec quelques lingots d’or dans les poches… . La preuve que les préjugés ne vont pas seulement dans un sens. Ils arrivent … Ils nous expliquent leur projet puis ils nous interrogent pour demander si on avait des sujets à proposer. Une main se lève timidement, puis une deuxième, puis petit à petit mis en confiance nous levons la main de plus en plus jusqu’à même attendre quelques minutes pour pouvoir parler. Nous, élèves de ZEP, personnes vivant en banlieue, citoyens de France remercions l’initiative menée par ces journalistes de pouvoir nous laisser nous exprimer et non de venir nous demander « quelqu’un parmi vous a-t-il participé aux émeutes ou brûlé des voitures ? » ou ce genre de choses et pour cela on les remercie. Et nous allons pas laisser passer cette chance offerte de pouvoir « l’ouvrir ».