Derniers articles
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La messe à Bondy nord
Hier je suis allé à la messe. Ça faisait très longtemps. Dans mes souvenirs, je voyais ça autrement. Il y a le cadre, tout d'abord. Moi, c'était à Porrentruy – toute petite ville du Jura suisse – dans une église en partie médiévale et plus haute que tous les autres bâtiments alentour. Ici, à Bondy nord, la cité la plus impressionnante de la commune, les énormes barres d'HLM entourent et surplombent un cube en béton surmonté d'une croix. À l'intérieur, les poutres en métal font penser à un hangar.
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La rumeur reBondy
La rumeur revient dans la bouche de plusieurs jeunes. Elle disait que les "cagoulés" filmés (ou photographiés la rumeur varie) par des journalistes américains devant l’incendie du Mondial Moquette étaient payés. Le maire lui-même l'a dit lors d’une rencontre officielle. Les "cagoulés" viennent de la cité "de Lattre" au bord de la RN3. Lors de la même rencontre, le maire a dit que certains élus locaux avaient demandé à Sarkosy et au premier ministre d’utiliser des balles réelles sur les incendiaires. Tendus, les jeunes, tendus…
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Le marché en musique
Aujourd'hui, devant la gare de Bondy, c'est jour de marché. On vend de tout, chaussettes, fromages, cartes de vœux. Mais il est un stand qui attire tout particulièrement l'attention. C'est celui des CDs à dix euros. Là, les musiques africaines et antillaises sonnent à fond et les vendeurs annoncent les morceaux au micro comme des animateurs de discothèque. Pour rester dans l'ambiance, même dans le studio, j'achète un cd: "Le Top du Zouk". Avec "Alice ça glisse" et "Lolita ai lolita" dessus.
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Bondy party 3… Ou la banlieue qui va bien.
Contrairement à Sébastien, Sadjo, 26 ans, aime sortir à Paris. Pratiquement tous les vendredi, il "part dans un mouvement au Roxy's " avec Yacouba, informaticien, et Alex, assistant d'éducation. Dans ce bar, Stickee, un de leurs amis "du coin", s'occupe du "soundsystem". En résumé, il passe des disques et il chante. Reggæ, ragga, une pointe de rap et la boîte prend feu. Dans le bon sens du terme.
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Bondy party 2
Pour Mohamed, animateur de jeunesse, pratiquement personne ne sort à Bondy. "Quand ils sortent, les jeunes vont à Paris. Si une fille sort à Bondy, qu'elle veut un peu se maquiller, s'habiller, on la prend pour une fille facile. Et de toute façon, quand on sort, on n'a pas envie de voir la gueule du voisin." Plus tard, Sadjo, 26 ans, confirmera: "Ils ont condamné la station Esso ou quelques personnes se réunissaient pour boire un verre. Maintenant il n'y a vraiment plus rien. Et les filles n'aiment pas sortir en banlieue, ne serait-ce que pour leur sécurité. En plus, il y a une mauvaise mentalité à Bondy. Si une fille porte une minijupe, c'est automatiquement une salope. À Paris, elles peuvent faire ce qu'elles veulent."
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Quand un Suisse « monte » à Paris
Quand un Suisse "monte" à Paris, il prend le TGV. Et le TGV lui fait le plaisir de traverser les banlieues à toute vitesse et de ronronner comme un avion. Quand un Suisse arrive à Paris, il prend le métro. Et le métro lui offre de jolies Parisiennes habillées dernier cri et des arrêts aux noms familiers (Bastille, Louvre). Mais là, pour aller à Bondy, on prend le RER.
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Au revoir Bondy
Déjà une semaine que je suis à Bondy et j'accueille Paul qui va me remplacer. Trop court séjour? Très certainement. Mais bien assez long pour m'attacher à la ville et pour apprécier son incroyable richesse humaine. Merci à tous ceux qui m'ont aidé. Mohammed, Bahdja, Hassan et tous les autres. Pour moi Paris ne sera plus jamais tout à fait la même. Paris a une banlieue. Et cette banlieue est passionnante.
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Bondy, une ville sans graffitis
Une des choses qui me fascinent à Bondy, c'est qu'il y a très peu de tags et de graffitis. En tout cas moins que dans une ville de Suisse. Mohammed me dit que les jeunes n'aiment pas cela. Pourquoi? Mystère.
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Seul Blanc à Bondy nord pour aller voir Sadjo
Quand on marche entre les barres grises de Bondy nord, on comprend soudain ce que le mot ghetto signifie. Peu à peu, j'ai l'impression d'être le seul "Blanc" à la ronde. Alors qu'à Bondy sud, les populations sont encore mélangées, ici on ne rencontre plus que la communauté immigrée sur les trottoirs. J'accélère le pas, pas trop rassuré. C'est ridicule, mais je ne peux pas faire autrement. Le sentiment instinctif de "ne pas être où je devrais" met mes sens en éveil. Et puis le ciel gris est particulièrement oppressant aujourd'hui.