Derniers articles
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« On nous abandonne! »
Dans la classe de "Bac Pro compta" du Lycée Lagrange de Bondy, deux étudiants seulement n'ont pas l'identité française. Tous proviennent de l'immigration. Se sentent-ils pour autant les enfants de la République? "On est obligé d'avoir les papiers français si on veut travailler…" Osant rappeler que le passeport n'est pas qu’une carte de crédit, que l'identité est autre chose qu'un enregistrement administratif, les langues se délient:
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Rêver d’ouvrir Bondy à des lycéens algériens
La classe BP11 du Lycée Lagrange de Bondy cherche à concrétiser un projet de jumelage entre leur établissement et un lycée algérien. Il s'agit de les inviter à Bondy, dans un premier temps, pour alimenter un débat sur la mémoire collective et la solidarité, et dans un second temps, organiser le "match retour". Salué par la visite de la Conseillère régionale IDF, Kristina Roger, la femme du Maire de Bondy, le projet avance, sous l'impulsion de deux enseignants, Charlotte Sechet et Hamid Belakhdar, réunissant peu à peu les 19'000 euros nécessaires. La parole aux lycéens:
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Bruits de couloirs au lycée Lagrange
"Pour l'instant, l'effectif des classes ne dépasse pas 24 élèves, mais avec les réformes, la situation des lycées de banlieue empire. Il y a de moins en moins d'adultes dans l'enceinte, des profs comme des femmes de ménage. Le niveau baisse. On a l'impression qu'il faut apprendre de moins en moins de choses, que le message est "Vite au boulot!" En effectif réduit, on est de moins en moins disponible pour des élèves de plus en plus préoccupés par des soucis extrascolaires".
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Mémoire vivante
Journée porte ouverte au "Club du 3ème âge heureux", à deux pas de la Mairie de Bondy.
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Ecole fleurie
8.20: Le directeur de l'école Rostand, Denis Defaix, ouvre lui-même les portes de l'établissement à ses trois cents élèves: "Etre visible, créer un lien entre l'école et les familles est primordial pour que s'instaure une relation de confiance". Mission accomplie, puisque les émeutes n'ont fait qu'une seule victime: l'épouvantail du potager. Un potager à Bondy?!? L'école a obtenu le prix départemental du concours "Ecole fleurie" pour la création de deux potagers dans sa cour de récréation.
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« S’ils avaient les mots, les voitures n’auraient pas brûlé »
Enfant du neuf-trois, Annick Crambert (photo), enseignante à l'école Rostand depuis huit ans, parle des émeutes comme d'une "colère brute" menée par des jeunes "sans revendication", sans discours construit: "Ils veulent tout et tout de suite et ne mesurent pas le sens des termes qu'ils emploient. On ne leur a pas donné les mots". Au quotidien, elle se dit "choquée" par la violence de leur langage et n'ignore pas qu'en grandissant, la violence verbale passe à l'acte: "Les enfants emmènent la Cité en classe. Quand ils nous parlent, on a l'impression qu'il nous agresse, même si telle n'est pas leur intention. Leur code est de surcroît un obstacle pour être compris. Ils ont une grande difficulté à intégrer le français scolaire".
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Et s’ils avaient raison de faire du journalisme scandaleux.
"T'as rien à foutre ici, connard! Fous l'camp!", me hurle un jeune encapuchonné, accroché à ma fenêtre. Le temps d'ouvrir la fenêtre, il a disparu. Peut-être nous ferons-nous casser la gueule, histoire de payer pour les autres?
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aurore
Vous souvenez-vous d'Aurore? Maman de deux fillettes de 10 mois et 5 ans, en traitement de désintoxication, vendant les charmes de son corps pour payer sa chambre. On ne l'oublie pas. Elle te salue, Sabine. Autour d'un capuccino, dans l'obscurité du hall d'un hôtel de Bondy, elle parle, sans discontinuer, redevenir secrétaire, se réintégrer, emmener ses filles en province, quitter ce traquenard, renouer à la vie. Bonne chance Aurore!