Derniers articles
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Un café s’il vous plaît !
Le tenancier du PMU, un Chinois efféminé, insulte d'un français minimal son fils, qui lui répond "racaille". Trois "Gaulois" sirotent un ballon de beaujolais nouveau au "prix comptoir" en parlant du 18 qui aurait dû sortir au tiercé. Sur le comptoir est inscrit "Il vaut mieux être saoul que con, cela dure moins longtemps" et "Si l'alcool te gêne dans ton travail, supprime le travail".
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Bondy Nord : cité dortoir
"On découvrait la faune dans les marais. On y a construit l'A3. Il y avait cinq cinémas à Bondy. On fixe chacun sa parabole au balcon et branche sa connexion internet. Il y avait l'Espace Giono, du théâtre, une bibliothèque. On a tout rasé. Il y a à la place une annexe de garderie, mais rien d'autre sinon la maison Balavoine". Touhami Abdli (à droite sur la photo avec son collègue Hocine Taguemount) compare son Bondy nord de celui des jeunes d'aujourd'hui, "une cité dortoir où l'on mange et l'on dort, c'est tout". En tant que responsable des gardiens d'immeuble pour l'agence "Bondy Habitat", il porte un regard d'urbaniste sur sa cité. Il explique les émeutes de l'avenue Jean Lebas par la fréquentation du lieu: tous les halls convergent vers la même artère. Visite guidée : le bruit infernal de l'autoroute qu'un mur antibruit ne parvient à couper, la minuscule poste et ses trois guichets pour 15'000 habitants, la Sécurité sociale qui est amenée à quitter le quartier nord, l'annexe du commissariat de police quasi toujours fermé. Pour lui, ces grandes barres sont l'essence du problème, mais un minimum d'effort peut tout changer. On a planté des arbres sur l'Avenue Suzanne Buisson. On s'efforce d'effacer les tags dans l'heure qui suit. On cherche à entretenir la luminosité et la propreté des halls d'entrée (l'état des boîtes aux lettres étant la vitrine de tout l'immeuble). On repeint les cages d'escalier. On inculque les règles du recyclage (photo de gauche), mais s'il est plus facile de tout balancer dans le vide-ordure. Il s'autorise un petit coup publicitaire en allant visiter les bâtiments de l'agence SEMIDEP, les concurrents parisiens (photo de droite).
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Le Palais du Quartier Nord
Au-delà du canal de l'Ourcq, rare sont les surfaces de jeu. Interdit de shooter le ballon dans le bois de Bondy. Un terrain entre deux barres sur l'Avenue Jean Moulin et une autre place, plus au nord, sans équipement. On est d'autant plus surpris lorsque l'on grimpe les marches du Palais des Sport, ouvert en 1999, le seul objet dont les Bondynois de l'autre rive du canal sont jaloux.
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I S L A M
"Vous savez, des journalistes de toute la France sont venus à la Mosquée de Bondy. Des Américains, des Allemands. Et bien j'ignore pourquoi, vous êtes le premier à qui j'autorise de prendre une photo à l'intérieur de la Mosquée." Mohammed Meniri, maître des lieux, m'ouvre les portes de son bijou, la première mosquée du 93, la seule totalement autofinancée, un lieu saint que les Bondynois ont attendu pendant 20 ans.
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Association Bondynoise de Transport pour Handicapés
Le froid me pousse dans un petit troquet au coin de la rue de Versailles, à Bondy Nord. Au bar, un inconnu me dévoile ses projets. Mustafa Maouloudi (en photo), habitant du quartier, a monté en septembre dernier l'Association Bondynoise de Transport pour Handicapés, dont il est président. Subventionné par le Fond Social Européen à raison de 26'000 euros les six premiers mois et investissant beaucoup de fonds personnels, il propose à 13 handicapés de Bondy les services de trois chauffeurs, une secrétaire et quatre véhicules.
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Pas de fumée sans pneu
Une voiture calcinée - la seule que j'aie vu en trois jours de va et viens en bicyclette! – repose Rue Noémie, à deux pas du commissariat de Bondy.
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Stop rumeurs
29% des jeunes Bondynois pensent que deux préservatifs valent mieux qu'un. 15%, que la pratique du sport diminue les risques de contagion. 50%, qu'il y a un risque à partager sa brosse à dent. Cette étude, menée par l'Hôpital Jean Verdier, montre la nécessité de l'action "Stop rumeurs", organisée dans les locaux de la Maison Daniel Balavoine, dans le quartier Nord, ce 1er décembre, journée internationale du SIDA.
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S’il s’agit d’une secte, elle ne fait de mal à personne
Au réveil, j'ai pris l'habitude de boire le café à l'angle de la rue des Sylphes, chez "Sam Pizza", à deux pas de chez moi. Quand le nouveau patron a racheté le bistrot, il n'a pu garder que le bar, une merveille des années 50. Tout le reste serait flambant neuf, si les ouvriers du chantier d'en face n'y répandaient par leur boue. Le café ne sert plus d'alcool. Marre qu'on lorgne les femmes venues chercher leurs pizzas à l'emporté, marre de voir les familles s'en aller, marre de ramener chez eux les ivrognes pour ne pas avoir de soucis avec la police, marre aussi de se battre pour vider tout le monde à minuit (il n'y a pas de licence 5, de disco, à Bondy et les licences 4, les bars, doivent fermer à minuit, deux heures plus tôt qu'à Paris). Ce matin, on parle des "fidèles" qui se baladent en robe blanche dans une cour située à vingt mètres de là. "C'est une secte", me dit-on.
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« Eux, ils sont heureux en banlieue »
Le Parisien du 28 novembre en faisait son gros titre en consacrant ses pages 2 et 3 aux habitants des quartiers sensibles. On y rencontre les danseurs amateurs du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) qui "préfèrent brûler les planches". Pedro, le chauffeur de bus qui n'a jamais été agressé. Laurent Berros, le grand rabbin de Sarcelles qui salue l'œcuménisme de sa cité. Joëlle, bénévole aux Restos du Cœur. Martha Marcello, l'immigrée haïtienne qui a chanté "l'Ode à la Joie" à la Grande-Borne, cité HLM de Grigny. Ils racontent tous "leur fierté de vivre ici, la solidarité, leur soif de reconnaissance, l'engagement des associations, leurs initiatives, leurs espoirs".