Derniers articles
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Parisienne ou banlieusarde ? Choisis ton camp, cousine !
Paris. Ses monuments sublimes, ses cafés mythiques, ses façades chics. Le monde entier en rêve. Les Parisiennes sont des icônes, des muses pour les artistes, des modèles pour les jeunes filles. De l’autre côté du périphérique, cet autre Paris qui n’est plus Paris et que les touristes ignorent ou font mine d’ignorer : la banlieue. Paris, banlieue, des mots, des univers qui vont très mal ensemble. Pour les « banlieusards » qui, comme moi, fréquentent un établissement scolaire à Paris mais vivent en banlieue, ce partage territorial et mental n’est pas chose facile. On ne sait jamais quelle attitude adopter. Alors, constamment, on joue à « être », on compose. On a recours à deux masques. Le masque parisien et le masque banlieusard.
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Avec les clandestins tunisiens à la soupe de Stalingrad
Lampedusa fait déjà partie du passé pour Bachir. Pourtant, les camps d’infortune de l’île italienne semblent l’avoir suivi jusqu’à Paris. « Cela fait un mois et vingt jours que je suis arrivé ici », raconte ce Tunisien de 26 ans, originaire de Tunis. Tout en regardant la queue qui s’allonge pour un repas chaud, il parle de la « chambre » qu’il occupe dans un foyer de la capitale depuis presque deux semaines, de l’ambiance cosmopolite qui y règne : « Il y a des clandestins de tous les pays, des Pakistanais, des Egyptiens et des Tunisiens, mais pas trop. »
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Moi l’Antillais, j’ai lu en public un extrait du « Journal d’Anne Frank »
La semaine dernière, je reçois un coup de fil inattendu de la mairie d’Epinay-sur-Seine (93), je chek ! On me sollicite afin que je puisse participer à la Journée nationale de la déportation du 24 avril. A moi, l’habitant des prairies parsemées de rognures et de béton armé. Celui qui réside dans les quartiers sensibles de la ville et loin d’être la personnalité du coin. A moi, le chrétien, qui suis très éloigné à cet instant de ce groupe de la population spinassienne, les juifs.
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T’as le permis ? Non, mais j’ai une voiture
Paris. Perdue entre le carrefour de l’Opéra, j’aperçois une jeune femme au volant d’un véhicule pas comme les autres : une voiture sans permis. Prudente, elle ralentit pour me laisser traverser. J’en profite pour lui demander son avis sur la conduite, « c’est une citadine très pratique, surtout dans un quartier de Paris comme celui-ci ! » répond-elle, avant de repartir de plus belle, direction le boulevard Haussmann.
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Fatous : la mauvaise réputation
Le racisme, dans ma génération, on n’en parle que très peu. C’est quelque chose qui vient de très loin, qui serait uniquement le fait de certains Blancs. Or, une forme de racisme provient de nous-mêmes. Nous qui sommes tous français ou presque et qui, pourtant, nous décrivons en tant que Noirs, Arabes ou Asiatiques. Nous et nos expressions qui nous stigmatisent. Nous et nos a priori qui nous rabaissent. Nous et nos idées parfois arrêtées, qui nous empêchent de nous considérer en tant qu'égaux.
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Ramadan : « Les journées sont interminables »
« L’orgie de bouffe » prévue à l’aube par Chérif n’aura finalement pas eu lieu. Même pas un peu d’eau pour prévenir la soif, ennemie redoutable du jeûneur en période de forte chaleur, comme c’est le cas aujourd’hui à Poissy, dans les Yvelines, où vit Chérif. Il a ouvert les yeux vers 6h30 du matin, soit plus de deux heures après la limite imposée par les premières lueurs du jour pour faire le plein. Il commence donc sa journée d’abstinence la gorge sèche et l’estomac complètement vide.
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Madame Topolanski, passeuse de culture
Dans beaucoup de quartiers en France, il y a toujours une dame, plutôt âgée, vivant seule, qui incite les jeunes à lire et à étudier. Dans le mien, cette dame était d'origine égyptienne. Elle se prénommait Gabbay. Elle a attrapé tous les jeunes à un moment donné. L'un d'eux, devenu grand, me raconte : « Madame Topolanski, elle nous a tous fait lire, elle nous a tous donné envie d'apprendre. Elle nous passait des livres, moi, je les cachais pour pas que ma mère les voit, mais elle comprenait direct et puis je lisais. »
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Trafics de drogue : la loi du silence commence à se briser
« Si ta grande sœur fait un article sur nous, on la défonce. » C’est ce qu’un petit garçon de onze ans a dit à ma petite sœur. Entre deux parties de billes, dans la cour de récré. Ce « Nous » dont parle le petit garçon, ce sont les « jeunes » de la cité. Ceux qui occupent la rue, en bas de chez moi, depuis de nombreuses années. Cagoulés, habillés en noir, on dirait des ninjas. C’est peut-être pour ça que des gamins prennent exemple sur eux, peut-être pour ça que ces jeunes sont des modèles. Ils leur rappellent leurs héros de dessins animés favoris, des héros dont l’ennemi est la police.
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Sophie, un mari en prison, trois enfants : l’épreuve
Sophie est une femme brisée et battante à la fois. Depuis l’incarcération de son époux pour détention de stupéfiants (1 kilo de cocaïne), il y a 18 mois, sa vie est devenue un cauchemar. Cette femme de 33 ans, mère de trois enfants a dû faire face à de nombreuses difficultés le jour où son époux s’est retrouvé derrière les barreaux. Convoquée chez les policiers, mise sur écoute téléphonique, compte épluché, cela n’est rien à côté de ce qui l’attendait.