Derniers articles
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Mieux qu’un film X, « Bel Ami »
23h02, une Lada, couleur vert caca d'oie, file dans la nuit bondynoise... « Accélère ! Il nous rattrape ! A droite ! Non ! Freine pas ! Tourne ! Putain il est encore derrière. C'est un vrai Hollywood chewing-gum ce type, il s'accroche comme la puanteur sur le fromage. Ah ! Ah ! C'est bon ! Il est tombé par terre comme une merde ! Filme avec ton portable pour Dailymotion ! Oh non, j'y crois pas, il se relève. Il lâche rien, ce bigorneau... »
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Koh Lanta à Bondy Nord
Le prochain Koh Lanta, ils vont le tourner à Bondy Nord, mais chut ! C'est un secret. Là-bas il y a tout ce qu'il faut pour jouer aux survivants, c'est le Mordor. Les candidats auront droit à un kebab par jour mais ils devront le bouffer avec les autochtones, c'est-à-dire nous. Ils vont crever de faim, les pauvres, pire que dans les autres saisons, où au bout de deux jours ils commencent à se battre entre eux pour une poignée de riz. C'est que pour nous, le « grec » d'un autre, il a toujours eu meilleur goût. Côté épreuves aquatiques, l'eau verte fluo du canal de l'Ourcq fera très bien l'affaire, et tant pis si un bras leur pousse dans le dos à la fin du jeu. En final, on les met sur des poteaux à attendre devant l'arrêt du 346, un bus qui ne vient jamais. Ça pourrait franchement être une bonne idée, surtout qu'à Bondy, le cadre s'y prête bien, on a de la vie sauvage pour de vrai ! En 3D.
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Grand-père, mort pour le drapeau
Ce soir chez les Hocini, c'est soirée Julie Lescaut ! Papa, maman et leur Tanguir de 28 ans (moi) devant la télé un samedi à 20h00. Mais c'est trop génial, la vie ! Merci à tous mes amis partis en furet à une soirée dans le 95 sans m'avoir appelé, me laissant moisir à Bondy avec mes parents. Bande de rats, je vous souhaite la pire chose souhaitable pour un Bondynois : rater le dernier train... Les infos commencent : « Ah ! Bah ! Bah ! Bah ! » commente mon père devant les images du séisme en Italie. « Il est bête! Il est déjà rasé et il se rase », analyse ma mère devant une pub Gilette Mach 3. « Je suis otage d'une soirée galère avec mes vieux bouffeurs d'huile d'olive. Libérez-moi ! », je griffonne sur un papier, avant de le balancer en boule par la fenêtre, le cœur plein d'espoir.
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Arrivage du bled
Quand j’étais petit, je détestais aller à Paris. J’étais trop bien dans ma petite cité, à Bondy, à deux pas d’une savane qui deviendrait plus tard le parc de la Mare à la Veuve, où tous les enfants des immigrés, et les autres, s’amusaient comme des petits fous. Paris, c’était trop la pauvreté de la misère qui fait peur : façades d’immeubles noires, rues super sales et des bistrots kabyles à foison où tu ne pouvais boire qu’un diabolo-menthe.
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Boutef, saison 3 : bienvenue à Little Algérie
J’ai un sac à dos et ce dimanche soir, je ne dormirai pas à Bondy. La dernière fois que je me suis retrouvé dans cette situation, c’était au Canada, quand j’ai crapahuté en tant que reporter pour Müvmedia et Télé Québec. Là, c’est la même chose, sauf que c’est Barbès que je m’en vais découvrir, tabernacle ! Il fait chaud, je suis en tee-shirt et je viens voir ce qu’il se passe à Little Algérie. Un p’tit goût de bled dans tout ça. Les rues sentent le pays. Il y a un quartier à Alger, ils font des petites brochettes, il y a les mêmes odeurs ici, à l’heure du repas. J’ai arrêté de fumer depuis deux mois, et à chaque pas, un Algérien veut me vendre un paquet de Marlboro au black. Franchement, si c’est la même came qu’au bled… Une taffe locale, ça agit sur vos poumons comme un champ de tabac cubain.
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Au supermarché du shit !
Je croise un vieux pote dans la rue, je demande de ses nouvelles, parce que ça fait au moins dix ans que je l'ai pas vu. Enfin, je demande, c’est un bien grand mot, c’est juste par politesse, la vie des gens, je m'en fous d'une force... Myope au peu d'intérêt qui lui est porté – il n’a encore rien dit, je baille déjà –, ce grand fada me répond le plus sérieusement du monde : « J'ai repris les études, je vais faire un BEP Politique pour être député. Pour l'instant, je suis en stage chez le préfet. » Ça faisait longtemps qu'on ne m'avait pas sorti une belle comme celle-là !
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Vive le kebab libre !
Un jour, quand je serai vieux, comme tous les Bondynois de bonne famille, j'irai faire mon hadj (pèlerinage, en arabe). J'irai vêtu simplement, frères parmi d'autres frères marchant dévotement vers l'Orient lointain. Pèlerin au visage radieux, de chaudes larmes ruisselleront sur mes joues palpitantes de joie. Elles entoureront un large sourire béat, mon âme emplie de bonheur, mon pas foulant enfin la terre sainte : la Turquie ! Mecque du kebab !
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Filles de banlieues, jouissez sans entraves !
Il y a un truc que je n’ai jamais bien compris chez les filles de banlieues : elles veulent vivre. Dés que ça a 21 ou 22 ans, ça veut faire des trucs complètement déments comme prendre un verre ou rentrer à la maison à 21h30, ou, summum de l’anarchie, appeler un garçon au téléphone. N’importe quoi ! C’est à cause des études, faut arrêter ça tout de suite. Ça leur a mis des idées démoniaques dans la tête. Les femmes réussissent mieux à l’école que nous, les rats, ce qui fait que de nos jours, elles se refusent aux plaisirs simples et sains de l’existence, comme faire le ménage, la cuisine ou rêver du grand amour qui ne vient jamais devant les « Feux de l’amour » toute l’après-midi. Ça veut vivre…
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Hard discount : c’est ton destin !
Au même titre que Louis Vuitton, il s'est imposé à Bondy comme le nouveau signe extérieur de richesse : le sac... Carrefour ! Une fois, j'ai voulu me faire plaisir en achetant du fromage qui en avait le goût, à Rosny 2. On aurait dit que j'étais Lagardère, tellement j'ai fait des envieux dans le quartier : « Bourgeois ! On mène la grande vie, hein ! Monsieur achète des yaourts au bifidus actif, des trucs vus à la télé… Nanti, va ! » Faut bomber le torse, maintenant, quand on rentre des courses faites au centre commercial ? Merde ! J'habite pas dans un township, tout de même. Acheter du Nutella dans un supermarché classique, c'est devenu bling bling à l'heure actuelle, vu la place qu'a prise le hard discount dans le cœur, et le ventre surtout, des Bondynois.