Derniers articles

  • Balzac Tower

    Un fond bleu. Une batterie illuminée par un projecteur. Un micro. Des instruments. Les cuivres brillent de mille feux. Un son saccadé s'échappe des baffes. Le volume explose. Le cœur fait boum-boum. Les mégots s’entassent dans les cendriers. Chance porte un chapeau, il serre la main. « Bienvenue. » C'est à l’un des étages de cet entrepôt désaffecté que le producteur et rappeur Chance Miller officie.

    Par Mehdi Meklat
    Le 26/02/2010
  • Voile, croix et casquettes en classe : c’est quoi ce Bronx !

    Une porte blanche. On dirait l’entrée « de derrière » par où passe la viande chez Carrefour. Non, c'est l’entrée d’une école dans le Bronx. Trois flics font le guet. Un portique de sécurité signale les objets métalliques. Videz vos poches. Donnez vos appareils. Présentez votre carte d'identité. « Ah non, mais imagine, tous les matins, ils se font fouiller et tout, ça motive pas pour venir à l'école », s'insurge Apo. Quand vous avez montré que vous étiez clean, vous pouvez entrer.

    Par Mehdi Meklat
    Le 25/02/2010
  • Ground Zero et premier pancake

    Un métro. Un hot-dog. Un taxi. Une enseigne lumineuse branlante clignote. Et le narrateur qui dit : « Chapitre 1. Il adorait New-York, il l'idolâtrait. » S'arrête. Il reprend : « Chapitre 1. Quelle que soit la saison, New York était une ville en noir et blanc. » Un métro, un baiser envolé sur le toit d'un building. Baiser volé. Le narrateur qui tente à nouveau sa chance : « Chapitre 1. Sa vision de Manhattan était trop romantique, comme tout le reste. » Un métro qui nique l'idée. Il bafouille. Abandonne, tout compte fait.

    Par Mehdi Meklat
    Le 23/02/2010
  • L’UMP et les femmes : wagon de tête, wagon de queue

    A l’UMP, il y a deux wagons réservées aux femmes : l’un en tête de train, le soir, quand le danger rôde, et celui relégué en queue. Bruno Beschizza, secrétaire général du syndicat de police Synergie Officiers, tête de liste UMP-Nouveau Centre dans le 93, est le grand frère de la première voiture. Aude Lagarde, numéro 2 sur la liste, épouse du maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde, nuance un peu la proposition du candidat-policier, préférant parler de « premier wagon » réservé « aux personnes vulnérables ».

    Par Mehdi Meklat
    Le 12/02/2010
  • « J’ai grandi avec des voyous, j’ai écrit sur eux »

    Extérieur rue – Plein jour. Perché, telle une meringue fondante au soleil, le Sacré Cœur suinte. Un nuage terrifiant s’y dépose. Le soleil disparaît. Un bruit de bottes frappe l’asphalte givré de l’hiver. L’homme a l’apparence d’un meurtrier russe envoyé par le KGB. Il fonce, tête baissée, une mallette noire à la main. Il porte […]

    Par Mehdi Meklat
    Le 11/02/2010
  • Et au milieu coule une fontaine…

    Fermez les yeux, même les moins de 18 ans. Vous êtes dans un hammam. Les femmes sont nues sous leurs serviettes trempées. Des perles de sueur roulent sur les corps exaltés. Il fait chaud. Leurs cons suffoquent et leurs mains miment des gestes si naturels. L'une raconte. Les autres écoutent, ébahies. Envahies sous les détails excitants de la conteuse.  

    Par Mehdi Meklat
    Le 07/02/2010
  • Ils dorment dans le froid et la boue : ce sont les Afghans

    Ça sent la pisse. Une poubelle est renversée. Des gants esquintés et dégueulasses baignent dans la boue. On patauge dedans. Un grand feu crépite. Un gaillard saisit un bout de bois, le lance dans les flammes. Ça brille. Le canal Saint-Martin, en contrebas de la station Jaurès, est gelé. Des planches brûlent. Réchauffent les visages. […]

    Par Mehdi Meklat
    Le 11/01/2010
  • Fadela Amara et la maison du bonheur

    La neige, mercredi, a blanchi les toits. Il fait un froid givrant. Le vent souffle et fouette les visages, fige les doigts. « Vous connaissez la rue de l'Argentière ? » Les bagnoles déboulent comme des éclairs. Une voiture de police. On fait un signe. On est paumé. Elle ne s'arrête pas. Le bus 11 nous a déposés en terrain inconnu. C'est une zone industrielle. Les poids-lourds ronronnent. Les pots d'échappements fument. Il caille. « Vous connaissez la rue de l'Argentière ? » Un homme : « Euh (il crache), on est dans la zone de l'Argentière (il recrache). Mais la rue, je connais pas. »

    Par Mehdi Meklat
    Le 07/01/2010
  • Farida Khelfa, la vie de pas lasse

    Si elle était une étoffe, Farida serait des voiles emportées par les vents. Des voiles multicolores. Jaune d’Algérie, gris des Minguettes, bleu du soir. « Je suis compliquée », avait-elle dit. Un des ses amis de longue date avait prévenu : « Pour la connaître, il faut la rencontrer plusieurs fois. » Quand elle a disparu dans la nuit, en […]

    Par Mehdi Meklat
    Le 25/12/2009