Derniers articles
-
Coups de feu au Kef, panique à Poissy
En prenant le téléphone, je mourrais d’envie de savoir ce que mon oncle, de sa petite maison du Kef, dans l’ouest tunisien, pensait de l’après-Zine mais aussi des événements en Egypte. A tort ou à raison, les Tunisiens font maintenant office de pionniers parce qu’un jour d’hiver, ils décidèrent de reprendre une liberté dont on les avait injustement spoliés. Le réseau est faible et Oncle Mohamed, ce lundi 7 février, hurle en décrochant son Nokia 3310, comme si ses cris pouvaient combler le millier de kilomètres qui nous sépare, lui là-bas, moi à Poissy.
-
Au Caire : « Des hommes armés sur mon palier. J’hurle »
Houria est une enfant du Sud, de Marseille. Houria sourit tout le temps. Chez elle, le bonheur, c’est un travail d’équipe ; ses yeux clairs et sa voix douce accompagnent son sourire coloré. Il faut la voir parler de l’Egypte, de son appartement au Caire, de ses voisins, de la bonté des Egyptiens, de leur chaleur. L’Egypte, on l’aime ou on la quitte. Très vite. Houria décide d’y rester. Encore quelques mois. Un peu comme lorsque l’on reprend une-toute-petite-part-de-gâteau-au-chocolat-trop-bon.
-
« La contagion tunisienne est rapide et puissante »
Bondy Blog : quel avenir pour la Tunisie au lendemain de la chute de Ben Ali ? Pierre Vermeren : Pour la Tunisie c’est une libération après cinquante ans de régime autoritaire. Les Tunisiens ont été déçus après les promesses faites à l’Indépendance en 1956. De ce point de vue-là, cette liberté soudaine, c’est un grand moment de joie ! La caractéristique de cette révolution c’est qu’il n’y a pas de leader autoproclamé. On s’oriente vers un renouveau de la classe politique tunisienne. En même temps c’est aussi une période à hauts risques, la situation économique est fragile et la révolution la met en péril. Le processus politique est en cours mais il va falloir prendre en compte ceux qui ont perdu leur pouvoir, des personnes qui se sont compromises dans la répression sous Ben Ali, qui ont torturé ou faisaient partie des forces de sécurité. Tout n’est pas fini. Hier, encore à Kef il y a eu quatre morts, l’agitation demeure. Le troisième risque est extérieur : la Libye, le monde arabe en général, les groupes djihadistes, l’Iran n’ont pas intérêt à ce que la situation se déroule bien.
-
Tunisie : les intellos parlent de la révolution
« J’écris avec toi bien-aimée mon sang mon cœur ma voix. Avec ma patrie Tunisie mon offrande. Je ne suis qu’à toi je peux me déchirer pour toi. Tunisie ma chérie ma Tunisie chaude amante ».Comment ces vers de Moncef Ghachem ne pourraient-ils pas résonner au regard des évènements qui secouent le Maghreb ? La révolution de jasmin, le poète auteur de Car vivre est un pays lui dit merci. Merci aux jeunes, et un souhait : « Que la Tunisie ne manque pas ce moment à la fois glorieux, furieux et mystérieux ».
-
Un grain de sable dans l’objectif
Le désert tunisien, elle l’aime autant que les Bédouins qu’il cache. En 2007, Catherine Dressayre, photographe depuis presque quarante ans, a l’opportunité de partir faire une marche du désert en Tunisie avec des amis. Un hasard qui se répètera trois fois. La première fois, ce qu’elle en tire c’est l’esthétique du désert, son graphisme, la façon qu’elle a de regarder les choses. Des émotions qu'elle essaie de retranscrire dans ses photos. La seconde fois, elle rejoint deux chameliers qu’elle aura rencontrés lors de sa première expédition et avec qui elle s'est liée d’amitié.
-
Le nationalisme et la propagande ont tué l’Egypte
J+365. Il y a un an, je passais tous les jours à la même heure devant la Place Tahrir. Elle était alors inconnue du grand public. Aujourd’hui, elle est le point névralgique des affrontements du Caire. D'ordinaire, la place Tahrir accueille les pique-niques du week-end, des matchs de football et les roucoulades de jeunes couples amoureux. Les baisers donnés à la volée et les baignes des petites bagarres. Autour d'elle, sur la longue rue Qasr el Ainy, devant le grand bâtiment administratif Mugama'a et autour du métro Sadate, les policiers s'ennuient à faire les cent pas pour un salaire de misère, enroulés dans des uniformes souvent bien plus grands qu'eux.
-
Même Neuilly a fait la révolution du jasmin
Rendez-vous est pris au Plaza, une adresse chic de la banlieue huppée de Tunis, sur la côte balnéaire de la Marsa. La terrasse donne directement sur la plage. Expatriés, stars du show-biz, bourgeois… Ce beau monde se bouscule autour d'un magnum de champagne ou d'une bouteille de whisky. Malgré (ou en raison de) l'instabilité du pays, les VIP ne dérogent pas à leurs habitudes. Le décor est planté.
-
Un couple, trois enfants : leur vie dans un garage à Tunis
Nous sommes en plein quartier chic de Carthage, à quelques centaines de mètres du Palais présidentiel tunisien. Près des villas cossues et des voitures de luxes, il arrive de tomber nez à nez avec des gens qui vivent dans des conditions déplorables. C’est le cas de la famille Keffi. Originaire du Kef, région située dans l’ouest du pays, les Keffi sont arrivés dans les années 90 dans la banlieue de Tunis. Faute de travail, ils ont quitté leur ville natale pour subvenir à leurs besoins.
-
Egypte : «Ici c’est la guerre, la folie s’est emparée des hommes»
Voilà près d’une semaine que le peuple s’est soulevé en Egypte. Des manifestations, des armes, des barres de fer ou encore des magasins pillés. Tel est le quotidien des Egyptiens depuis mardi. La crainte de se faire attaquer pour quelque raison que ce soit est de plus en plus grande. De plus, plusieurs milliers de prisonniers se sont échappés de la prison de Wadi Natroun à 100 km au nord du Caire, dimanche matin, ce qui accroît les tensions et la peur dans le pays. La police a semble-t-il quitté les rues. Ce sont les hommes des quartiers qui s’organisent en milices afin de protéger leurs habitations, leurs familles et leurs commerces.