Derniers articles

  • Sœur Emmanuelle, l’œuvre et la chair

    Avec son complice en écritures terrestres, l’abbé Philippe Asso, Sœur Emmanuelle avait planifié son immédiat après-mort. Voici que paraissent « Confessions d’une religieuse »*, ses mémoires posthumes, deux jours seulement après son inhumation à Callian, dans le Var. A ceux qui l’interrogeaient sur sa vie, elle répétait : « Attendez que je disparaisse, et vous en saurez plus. » Alors voilà : Sœur Emmanuelle, née Madeleine Cinquin, avait un corps. Et elle en souffrit. Les tourments du sexe – pardon d’être si direct, l’auteur l’est moins, elle appelle ça « l’aiguillon » – ne la quittèrent jamais. L’abeille pleine de vie qui l’avait piquée dans sa prime adolescence avait planté un délicieux parasite dans sa chair, dont elle ne put se débarrasser complètement. Et peut-être ne tenait-elle pas à s’en défaire.

    Par Antoine Menusier
    Le 26/10/2008
  • Ce blog est un pari !

    Quand j’ai mis pour la première fois les pieds à Bondy, le 11 novembre 2005 (tiens ! on approche du 3e anniversaire des émeutes), j’étais loin, très loin d’imaginer que ce blog que je venais ouvrir pour le magazine suisse L’Hebdo allait prospérer de la sorte, repris sur place par des jeunes, qui iront jusqu’à couvrir la campagne présidentielle pour Yahoo.fr, les municipales pour 20minutes.fr, ouvrir des filiales à Neuilly, Lyon, Marseille, Dakar et même – quelle ironie – à Lausanne !

    Par Serge Michel
    Le 22/10/2008
  • Les grossesses-détresse des filles de banlieue

    Toutes les femmes n’ont pas la grossesse bénie de Rachida Dati. Intérêt, mystère et impatience entourent la naissance à venir de l’enfant tardif. Rien de comparable avec le déni et le rejet dont certaines sont parfois victimes. En banlieue, la réalité pour les jeunes filles aux grossesses « dérangeantes » est tout sauf rose. Être enceinte quand le géniteur préfère conserver l’anonymat est un parcours de la combattante, qui plus est lorsque l’on vit dans une cité, ou que l’on est issue d’une famille où la chasteté, avant et hors mariage, reste une valeur morale très importante.

    Par Widad Ketfi
    Le 20/10/2008
  • Nos ancêtres les Gaulois sortent de terre dans le 9-3

    Qu’est ce qu’on trouve quand on fouille la terre sous un hôpital musulman à Bobigny ? Moi, j’aurais dit un couscoussier ou un tapis de prière. Mais non. On trouve nos ancêtres les Gaulois : 514 tombes, datées à partir de 250 avant Jésus-Christ ou dans ces eaux-là. Heureuse découverte faite à l’occasion de travaux à l’hôpital Avicenne. Neuf mois de fouilles plus tard, les archéologues ont eu la bonne idée de monter une exposition, sur place s’il vous plaît, pour que les locaux en profitent. Yves Le Bechennec, responsable des fouilles (à gauche sur la photo en compagnie de Lionel Pernet), a bien voulu tailler le bout de gras avec le Bondy Blog, pour un petit briefing sur les Gaulois de la Banlieue.

    Par Idir Hocini
    Le 18/10/2008
  • « Je ne m’attendais pas à ce qu’un juif me tende la main »

    Amis lecteurs, ne vous fiez pas aux apparences, ces deux tourtereaux marchant main dans la main, cheveux au vent et le sourire aux lèvres, sont à la rue. Brahim et se petite amie Eva traversent une période très difficile. Ils m’appellent un soir de semaine pour me donner de leurs nouvelles. Brahim m’annonce que sa mère a balancé toutes ses affaires par la fenêtre. Il semble déprimé mais surtout blessé par ce que sa famille lui inflige. Eva et lui ont dû louer une chambre à 50 euros dans le 18e arrondissement. Le lendemain, ils se sont rendus à la mission locale où ils n’ont pas trouvé l’aide escomptée.

    Par Bondy Blog
    Le 17/10/2008
  • Le bruit des sifflets, le choc des paroles

    Tout a déjà été dit en 2001 après le match France/Algérie, ensuite en 2007 après France/Maroc, notamment sur la protestation victimaire de la part des jeunes d’origine maghrébine, leur situation socio-économique, les discriminations qui plombent leur destin, les blessures de l’histoire et les problèmes d’identité. Des élections présidentielles, législatives, municipales et deux émeutes plus tard, on pédale encore dans la semoule.

    Par Nordine Nabili
    Le 16/10/2008
  • « Ici, ça nous appartient, Besson, il nous a pas demandé notre avis »

    Dans la nuit du dimanche 12 octobre, huit voitures ont été incendiées à Montfermeil, emportant avec elles les rêves de stars des habitants désabusés. Ces véhicules devaient servir au tournage d’un film de Luc Besson, « From Paris with love ». Apprenant la nouvelle, je me rends aux Bosquets, sur les lieux du « drame ». Accompagnée d’un nouvel acolyte recruté sur le tard, j’entre en terre hostile et ressens une atmosphère beaucoup moins festive que lors de ma dernière visite. Une camionnette évacue les dernières carcasses brûlées tandis que je m’engouffre dans la cité.

    Par Widad Ketfi
    Le 15/10/2008
  • Un prof de la Sorbonne ne veut pas d’une étudiante voilée

    Bientôt cinq ans que la loi sur la laïcité et sur les signes religieux dans les écoles publiques a été votée par le parlement. Dans les faits, le débat n’est pas clos. Il resurgit là où, en principe, il ne devrait pas. La législation du 26 mars 2004 affirmant la sacro-sainte laïcité franco-française ne s’applique qu’aux écoles publiques jusqu’au niveau secondaire (collège et lycée). Les universités ne sont donc pas concernées. L’exemple qui suit, tout chaud, atteste du contraire.

    Par Hanane Kaddour
    Le 14/10/2008
  • « Nous avons payé 700€ pour récupérer notre caméra »

    Manifestement, le reportage de M6 « Un été dans la cité » met tout le monde dans l’embarras. La chaîne, le maire de Sarcelles, quelques associations, et bien sûr les journalistes producteurs de l’objet du scandale. Le débat public de lundi soir à Sarcelles fut un rendez-vous manqué pour établir la vérité sur cette affaire. 

    Par Nordine Nabili
    Le 11/10/2008