Derniers articles

  • Ich bin ein clichois

    Habiter à cinq minutes du RER c’est un luxe, je l’ai compris ce 6 mai 2007. J’avais pour mission de couvrir le résultat de l’élection présidentielle avec le collectif AC lefeu de Clichy sous Bois. Ca commence fort, à l’aller dans un bus plein à craquer, un dimanche, le 601 qui fait la liaison entre Clichy et la gare du Raincy. A ce propos le voyage était riche d’enseignements : en traversant les rues de cette ville, fief UMP, toutes les affiches de Ségolène Royal portaient les stigmates scripturaux d’un soutien à Sarkozy. Dans les artères de Clichy-sous-Bois, ville socialiste, c’était bien évidemment les portraits du futur président qui trinquaient. Comme quoi, on peut être voisin et ne pas aspirer au même destin. Dans le 601 où j’étais, donc ; Chou et Syllep m’appellent pour me rejoindre, ils partent en scooter de Bondy. Devinez qui est arrivé avec une demi-heure d’avance avec le double du trajet à parcourir ? Pas moi en tout cas. Cité enclavée jusqu'à la moelle des os.

    Par Idir Hocini
    Le 14/05/2007
  • Tirailleurs sénégalais : la fraternité ou l’oubli

    En ce soir de l’Aid El Kebir, je pousse la porte du foyer Sonacotra de Bondy. Sans être insalubre, l’endroit est un peu sordide. Chambres minuscules, douches et cuisine communes, mauvaises odeurs. C’est là que loge Mamadou Sarr, ancien tirailleur sénégalais de l’armée française. En ce jour de fête, il est avec un de ses compagnons, attablé devant un festin. Même si, dans cette chambre de 9 mètres carrés, cela signifie manger dans une casserole posée à même le sol. « En 36 ans, c’est la première fois que je suis loin de ma famille pour la fête. La fête sans la famille c’est pas vraiment la fête » dit-il. Ces hommes à la poitrine décorée ont passé leur jeunesse sous les drapeaux français et sont ici pour se soigner. Mais avec 27 euros par mois, vivre en France est un combat quotidien, aussi dur que ceux de leurs années de service, et pas forcément moins dangereux. « C’est vraiment pas facile, dit-il. Avec ce qu’on touche c’est impossible de vivre ailleurs qu’au foyer. La France nous a lâché ».

    Par Idir Hocini
    Le 11/05/2007
  • Université d’Assas, une fac de droit ou de droite ?

    La petite virée à Nanterre m’a donc amené ici, à la fac d’Assas qui a pour réputation d’être une fac où les étudiants sont de droite, voire d’extrême droite. Pas de jeunes militants de l’UMP en vue, pas d’évènement politique particulier comme j’ai pu le voir à Nanterre, c’est donc aux étudiants en vadrouille dans la fac à qui je dois m’adresser. Je me rends tout d’abord à l’étage où se trouvent les locaux des associations étudiantes. Parmi elles, l’UNEF dont  le syndicat appelle d’ailleurs à voter contre Nicolas Sarkozy. La demoiselle qui tient permanence m’explique que la réputation d’Assas vient du passé, qu’il y a eu le GUD autrefois, une association d’étudiants d’extrême droite qui a été dissoute à cause de ses actions très brutales. Aujourd’hui c’est le RED, une association qui aurait repris ce fonds de commerce, mais qui serait moins active. Mais à savoir si la fac d’Assas vote majoritairement à droite, la militante ne trouve pas qu’une majorité se dégage, et que de nos jours, Assas ne vote pas plus à droite que les autres facs.

    Par chou_sin
    Le 04/05/2007
  • Le marché aux puces des quartiers nord de Marseille

    Ça va faire des années que je vis dans des clichés format A4 agence Reuters prêt à l’envoi pour TF1. C’est pour ça que j’ai bien ri, quand au marché aux puces des quartiers nord de Marseille, j’ai vu, réunis dans les mêmes locaux, une association de femme, une mosquée et une association culturelle kabyle. […]

    Par Idir Hocini
    Le 17/04/2007
  • Les harkis au palais des papes : pour une juste intégration à la République

    A quelques jours du premier tour de la présidentielle, la communauté harki s’est réunie en congrès au palais des papes d’Avignon, sous le pilotage de l’AJIR (Agir pour une Juste Intégration à la République). La même origine, le même faciès exotique et les mêmes problèmes de discrimination; sauf que les uns en rentrant chez eux […]

    Par Idir Hocini
    Le 15/04/2007
  • La marche des oubliés

    Aclefeu appelle plusieurs associations d’horizons différents à s’unir pour participer à une manifestation « la marche des oubliés » samedi 14 avril de Bastille à République. Départ 15 heures.  Pour une pomme croquée; je suis arrivé 40 minutes en retard à la conférence de presse organisée à Paris pour annoncer la marche des oubliés. Parce qu’elle était destinée à […]

    Par Idir Hocini
    Le 12/04/2007
  • Un coupable parfait ?

    Cette après midi aura lieu le jugement du Jeune Hamza Lahlou incarcéré depuis plus de quatre mois et qui risque plusieurs mois de prison pour des faits qu’il a toujours nié. Ouria Djelouli, membre de son comité de soutien nous raconte les faits. Passer l’après midi à la terrasse d’un café sous le soleil de la cité phocéenne c’est un cliché. Une Marseillaise en retard aussi, plutôt infondé pour le coup puisqu’Ouria Djellouli est pile à l’heure. Dossier de presse à la main, cette jeune étudiante en droit est venue me rejoindre pour me parler d’une affaire qui exacerbe les passions au quartier de la Rouguière, situé à l’est de Marseille ; celle du jeune Hamza Lahlou, incarcéré depuis 4 mois à la prison des Beaumettes. Tout a commencé en 1996 quand la communauté musulmane du quartier multiplie les demandes pour disposer d’une salle de prière. Une ancienne superette abandonnée en bas des tours ferait un local idéal. Pendant dix ans, une association locale va jouer le jeu pour essayer d’en disposer. Toutes les conditions que demande l’administration sont remplies mais au fur et à mesure, la liste de celle-ci s’allonge. En vain, puisqu’ à la veille du ramadan 2006, le quartier n’avait toujours pas sa salle de prière. Ne tenant plus, certains membres de l’association, la joue Don Quichotte et forcent le local abandonné. Quelques semaines plus tard, la police débarque pour rendre la superette à son abandon. « De la folie, confie Ouria, c’est une armée qui a débarqué. De bon matin, il n’y a que des vieux qui prient, on les a virés. C’était assez violent, surtout vu le nombre de CRS, c’était très impressionnant ». Certains jeunes de cette cité, réputée tranquille, ont alors craqué : deux contenaires ont pris feu le premier soir. Malgré les tentatives des associations pour calmer le jeu, sept voitures brûlent la deuxième nuit, ainsi que la porte de la chapelle du quartier. « Pourtant, les bonnes soeurs ont toujours soutenu les revendications pour la salle de prière», déplore mon interlocutrice à l’accent si chantant.

    Par Idir Hocini
    Le 10/04/2007
  • Au pays des boites aux lettres

    Difficile de s’intéresser à l’activité économique de Bondy sans parler de la Zone Franche Urbaine (ZFU) de Bondy Nord. Fruits d’une loi promulguée il y a dix ans par un gouvernement de droite, nous nous sommes intéressés aux résultats obtenus dans une municipalité de gauche.

    Par chou_sin
    Le 03/04/2007
  • Des élèves en cours d’alphabétisation

    Comment trouver son chemin dans la société quand on parle peu ou mal le français ? Notre langue, les non francophones ont envie de l’apprendre. Un passage nécessaire pour vivre une citoyenneté pleine et pour se retrouver dans le vocabulaire des administrations. A Bondy, l’agence nationale de cohésion sociale et l'égalité des chances (ACSE) et la ville de Bondy mettent en place, chaque année, des ateliers de socialisation à dominante langagière (ASL) – qu’on appelle couramment « cours d’alphabétisation ». Salima Bouamra, formatrice du centre social Georges Brassens anime l’atelier de niveau avancé qui accueille une dizaine de femmes de plusieurs nationalités. Ce cours hebdomadaire permet aux unes et aux autres, - mères au foyer pour la plupart -, d’échanger des points de vue sur la vie quotidienne et sur… les présidentielles.

    Par nadia_boudaoud
    Le 30/03/2007