Derniers articles
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« S’ils avaient les mots, les voitures n’auraient pas brûlé »
Enfant du neuf-trois, Annick Crambert (photo), enseignante à l'école Rostand depuis huit ans, parle des émeutes comme d'une "colère brute" menée par des jeunes "sans revendication", sans discours construit: "Ils veulent tout et tout de suite et ne mesurent pas le sens des termes qu'ils emploient. On ne leur a pas donné les mots". Au quotidien, elle se dit "choquée" par la violence de leur langage et n'ignore pas qu'en grandissant, la violence verbale passe à l'acte: "Les enfants emmènent la Cité en classe. Quand ils nous parlent, on a l'impression qu'il nous agresse, même si telle n'est pas leur intention. Leur code est de surcroît un obstacle pour être compris. Ils ont une grande difficulté à intégrer le français scolaire".
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Et s’ils avaient raison de faire du journalisme scandaleux.
"T'as rien à foutre ici, connard! Fous l'camp!", me hurle un jeune encapuchonné, accroché à ma fenêtre. Le temps d'ouvrir la fenêtre, il a disparu. Peut-être nous ferons-nous casser la gueule, histoire de payer pour les autres?
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aurore
Vous souvenez-vous d'Aurore? Maman de deux fillettes de 10 mois et 5 ans, en traitement de désintoxication, vendant les charmes de son corps pour payer sa chambre. On ne l'oublie pas. Elle te salue, Sabine. Autour d'un capuccino, dans l'obscurité du hall d'un hôtel de Bondy, elle parle, sans discontinuer, redevenir secrétaire, se réintégrer, emmener ses filles en province, quitter ce traquenard, renouer à la vie. Bonne chance Aurore!
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Un café s’il vous plaît !
Le tenancier du PMU, un Chinois efféminé, insulte d'un français minimal son fils, qui lui répond "racaille". Trois "Gaulois" sirotent un ballon de beaujolais nouveau au "prix comptoir" en parlant du 18 qui aurait dû sortir au tiercé. Sur le comptoir est inscrit "Il vaut mieux être saoul que con, cela dure moins longtemps" et "Si l'alcool te gêne dans ton travail, supprime le travail".
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Bondy Nord : cité dortoir
"On découvrait la faune dans les marais. On y a construit l'A3. Il y avait cinq cinémas à Bondy. On fixe chacun sa parabole au balcon et branche sa connexion internet. Il y avait l'Espace Giono, du théâtre, une bibliothèque. On a tout rasé. Il y a à la place une annexe de garderie, mais rien d'autre sinon la maison Balavoine". Touhami Abdli (à droite sur la photo avec son collègue Hocine Taguemount) compare son Bondy nord de celui des jeunes d'aujourd'hui, "une cité dortoir où l'on mange et l'on dort, c'est tout". En tant que responsable des gardiens d'immeuble pour l'agence "Bondy Habitat", il porte un regard d'urbaniste sur sa cité. Il explique les émeutes de l'avenue Jean Lebas par la fréquentation du lieu: tous les halls convergent vers la même artère. Visite guidée : le bruit infernal de l'autoroute qu'un mur antibruit ne parvient à couper, la minuscule poste et ses trois guichets pour 15'000 habitants, la Sécurité sociale qui est amenée à quitter le quartier nord, l'annexe du commissariat de police quasi toujours fermé. Pour lui, ces grandes barres sont l'essence du problème, mais un minimum d'effort peut tout changer. On a planté des arbres sur l'Avenue Suzanne Buisson. On s'efforce d'effacer les tags dans l'heure qui suit. On cherche à entretenir la luminosité et la propreté des halls d'entrée (l'état des boîtes aux lettres étant la vitrine de tout l'immeuble). On repeint les cages d'escalier. On inculque les règles du recyclage (photo de gauche), mais s'il est plus facile de tout balancer dans le vide-ordure. Il s'autorise un petit coup publicitaire en allant visiter les bâtiments de l'agence SEMIDEP, les concurrents parisiens (photo de droite).
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Le Palais du Quartier Nord
Au-delà du canal de l'Ourcq, rare sont les surfaces de jeu. Interdit de shooter le ballon dans le bois de Bondy. Un terrain entre deux barres sur l'Avenue Jean Moulin et une autre place, plus au nord, sans équipement. On est d'autant plus surpris lorsque l'on grimpe les marches du Palais des Sport, ouvert en 1999, le seul objet dont les Bondynois de l'autre rive du canal sont jaloux.
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I S L A M
"Vous savez, des journalistes de toute la France sont venus à la Mosquée de Bondy. Des Américains, des Allemands. Et bien j'ignore pourquoi, vous êtes le premier à qui j'autorise de prendre une photo à l'intérieur de la Mosquée." Mohammed Meniri, maître des lieux, m'ouvre les portes de son bijou, la première mosquée du 93, la seule totalement autofinancée, un lieu saint que les Bondynois ont attendu pendant 20 ans.
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Association Bondynoise de Transport pour Handicapés
Le froid me pousse dans un petit troquet au coin de la rue de Versailles, à Bondy Nord. Au bar, un inconnu me dévoile ses projets. Mustafa Maouloudi (en photo), habitant du quartier, a monté en septembre dernier l'Association Bondynoise de Transport pour Handicapés, dont il est président. Subventionné par le Fond Social Européen à raison de 26'000 euros les six premiers mois et investissant beaucoup de fonds personnels, il propose à 13 handicapés de Bondy les services de trois chauffeurs, une secrétaire et quatre véhicules.
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Pas de fumée sans pneu
Une voiture calcinée - la seule que j'aie vu en trois jours de va et viens en bicyclette! – repose Rue Noémie, à deux pas du commissariat de Bondy.