Derniers articles
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Un café avec un braqueur de transports de fonds
Mon cahier sous le bras, je redescends dans le hall de l'hôtel pour un problème de ligne téléphonique. "Vous êtes assistante sociale?" me demande un homme. Veste noire, mine tendue, il tient un papier à la main, une facture qu'il ne peut pas régler. Il n'a pas d'argent. "Euh non, je suis journaliste." Tony, appelons-le ainsi, en a gros sur le coeur. Il est à deux doigts de faire une bêtise. "Je vais retourner voler. Cela me rend fou de voir ma famille dans cette situation!" Cela fait six mois qu'il vit dans l'hôtel avec sa femme et ses deux enfants en bas âge. Il a 30 ans, Tony. Et déjà un passé de braqueur. Je lui propose un café de l'automate à boissons. Il veut bien me raconter sa vie. Il ne sourit pas, Tony. Ses yeux bruns sont comme éteints.
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Vivre avec 517 euros par mois
De retour à l'hôtel, je retrouve Serge et Paolo qui se réveillent. Cafés, croissants et chocolat chaud dans un bistrot du coin. Serge me laisse le vélo (harnaché de deux très solides cadenas) et une précieuse liste de contacts. Bondy à bicyclette, c'est pratique mais limite kamikaze. Tiens, c'est peut-être pour cela que je ne vois pas d'autres cyclistes... Vais-je me faire piquer le deux-roues ou me faire renverser ? Inch' Allah comme on dit ici. Mes deux camarades sont partis. Ciao les gars!
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Un prof désigné volontaire
Je me suis levée tôt ce matin. Une chambre qui donne sur la Nationale à neuf pistes, c'est bigrement efficace comme réveille-matin. A 6h45, je suis venue me poster dans le hall de l'hôtel Eden. J'ai rendez-vous avec Laurent, un jeune homme que j'ai croisé à la réception. Hier, alors que j'attendais Serge et Paolo, pour aller suivre l'entraînement de foot du RC Blanqui, j'ai entendu le réceptionniste tunisien lui dire: "Ca doit faire une sacrée différence avec chez vous!".
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Clichy, la nuit
Frigorifié après l'entraînement, nous passons encore chez Gabrielle. Malgré l'heure tardive, elle a préparé un bon repas. Elle a aussi enregistré le reportage de France 2, où nous reconnaissons certains personnages, comme le frère de Mokhtar. Bof. Avec ce ton qui mêle si bien distance et sollicitude, le journaliste assène qu'il est resté dix jours à Bondy. Les jeunes nous ont dit six. Il y a deux ou trois bonnes choses, mais le reportage ne décolle pas vraiment.
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La mère, c’est une buteuse
Le Racing club s'entraîne les mardis et jeudis soirs. Il fait un froid de canard sur le stade Gazzi, et les joueurs ne sont pas très nombreux. La moitié a dû rester devant la télé, c'est ce soir que passe le reportage d'Envoyé spécial sur Blanqui et ils n'allaient pas bouder le plaisir de se reconnaître à l'écran: certains caïds ont témoigné, à visage caché.
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Relève de la garde
D'ailleurs, la relève est là: Sabine Pirolt, tout habillée d'orange, sur la place de la gare. J'ai l'après-midi et la soirée pour lui présenter quelques personnes, donner des conseils et lui souhaiter bonne chance. C'est tout de même une expérience bizarre, l'Hebdo à Bondy. D'habitude, mes reportages sont des aventures plutôt solitaires, que je maîtrise du début à la fin. Mais là, Sabine va écrire ce qu'elle veut dès que j'aurai le dos tourné!
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Le studio se concrétise, mais…
Je laisse ma carte. Ils parlent d'un Envoyé Spécial de France 2 qui doit être diffusé demain, et qui concerne la même affaire. A vos magnétos, je ne pourrai pas le voir, c'est l'heure de l'entraînement du Racing Club.
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SOS ça bouge plus
D'abord, quelques phrases pour se dire déçu des médias, qui stigmatisent le département 93 et oublient les initiatives et les gens de grande valeur qui y vivent. Puis l'adjoint au maire avoue sa colère contre le gouvernement de droite, qui a coupé dans les subventions aux associations pour donner plus d'argent à la police.
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Le mort qui n’a pas provoqué d’émeutes
Ce soir, je voulais aller à l'entraînement du Racing Club, mais c'est annulé pour cause de la pluie. Alors je retourne aux "Armes de la ville", pour croiser Yannick et voir un vélo d'occasion. 30 euros, c'est pas cher, mais l'objet est en question est en piteux état. Les pneus s'effilochent et les freins se bloquent, ce n'est même pas possible de l'essayer. Le vendeur s'en va en bougonnant. Changeons de sujet. J'aimerais que Radouane me raconte la mort de Mokhtar, il y a deux ans, dont j'ai entendu parler par Gabrielle. Ce jeune homme avait volé une voiture. La police a tiré. Mais pour éviter que la banlieue s'embrase comme il y a quinze jours après la mort des deux mômes dans le transformateur EDF, le maire aurait demandé à la famille d'organiser les obsèques au pays plutôt qu'à Bondy, où les cités avaient déjà commencé à bouger. Même Adrien, le fils cadet de Gabrielle, voulait aller à l'enterrement, tant l'émotion était grande. Pas question, a répondu sa mère, qui a de la poigne.