Derniers articles
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Dans l’antre de la police
En France, on a coutume de désigner l'armée comme "la Grande Muette". Mais, depuis les émeutes de l'automne, ce rôle a été largement repris par la police qui fuit le contact avec les journalistes. On apprécie donc à sa juste valeur l'autorisation qui nous a été accordée d'aller interroger Pierre-Henri Machet, commissaire principal, chef de la circonscription de Bondy et de Pavillons-sous-Bois (65 000 habitants au total, selon les chiffres officiels).
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La peu banale histoire du matricule 73792
Jeudi le hasard a voulu qu'on se retrouve quelques instants seuls avec Kamel. On a parlé de choses un peu plus intimes que lorsqu'il y a le groupe – les filles, les problèmes de délinquance qu'il a eus dans son adolescence… C'est quelque chose d'omniprésent, le groupe. Ici, les jeunes sont toujours ensemble. Le groupe les porte, il les protège sans doute, mais j'ai aussi l'impression que parfois il les étouffe et leur impose une forme de conformisme.
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La police a dit oui !
Je vous avais annoncé avoir fait les démarches auprès de la Direction de la sécurité publique de Seine-Saint-Denis pour obtenir l'autorisation d'interviewer le commissaire Machet, à Bondy, et certains de ses subordonnés. La demande a suivi son cours et je viens d'apprendre qu'elle a abouti! C'est ok. Je pourrai donc rencontrer la police. Enfin, moi ou mon successeur, car il n'est pas sûr que l'entretien pourra se faire avant mon départ. Je vous tiens au courant.
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Petites histoires de police au quotidien
La police a mauvaise presse, à Bondy, pire encore que les journalistes. Et pas seulement chez les jeunes. Mickey est un ami du maire, quadragénaire d'allure bonhomme et souriante, c'est un employé de la commune. De son vrai nom, Mikhaël Ichkhanian, d'origine arménienne, sa famille s'est réfugiée en France après le génocide.
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La deuxième Grande Muette
"Les keufs, on les caillasse". Chacun selon ses mots, les Bondynois expriment une méfiance commune. Accusée de ne jamais être là quand il faut, de contrôler au faciès, de privilégier l'intervention à l'investigation, de déserter la périphérie, la Police n'a pas la cote. Interlocutrice incontournable, au front de la crise des banlieue, je voulais connaître son avis.
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Ils l’ont tué, comme mon frère
Il est 18h. Reda m'appelle. "Regardez dans le Parisien. Les flics, ils ont fait comme à mon frère. C'est exactement la même brigade". Le jornal rapporte que des gendarmes de la brigade de Seine-et-Marne surveillaient une entreprise récemment victimes de plusieurs vols. Ils sont intervenus lorsque trois véhicules, chacun avec une personne à bord, quittaient les lieux avec plusieurs kilos de déchets métalliques. Les conducteurs auraient refusé de s'arrêter. L'un deux, âgé de 34 ans, a été abattu par un gendarme. En autre a été mortellement blessé au torse, heurté par une voiture de police et le troisième a été appréhendé à son domicile. On comprend l'état d'esprit de Reda lorsqu'il faisait encore ses affaires. "Nous, c'était la tolérance zéro avec la police. On s'était dit: "La première voiture qui vient, on lui tire dessus".
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La police a abattu mon petit frère
"Lorsque j'ai vu mon frère couché dans le champ, j'étais choqué, complètement perdu. Aujourd'hui encore, plus de deux ans après les événements, je suis choqué. Je le serai tant que je ne saurai pas la vérité. Sur place, il y avait des flics en civil. Ils m'ont dit: "Comme se fait-il que tu sois si calme? Cela se voit sur ton visage que tu vas faire quelque chose. Ne fais pas de conneries. Sache que l'on te retrouvera toujours, même dans vingt ans". Si Reda est choqué, il dit aussi avoir la haine de ces flics qui ont descendu son frère comme un chien. "Ce sont eux les voyous. Nous, les jeunes de la banlieue, nous ne sommes que des pions". Si seulement Mokhtar n'avait pas écouté le petit gitan.
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Le mort qui n’a pas provoqué d’émeutes
Ce soir, je voulais aller à l'entraînement du Racing Club, mais c'est annulé pour cause de la pluie. Alors je retourne aux "Armes de la ville", pour croiser Yannick et voir un vélo d'occasion. 30 euros, c'est pas cher, mais l'objet est en question est en piteux état. Les pneus s'effilochent et les freins se bloquent, ce n'est même pas possible de l'essayer. Le vendeur s'en va en bougonnant. Changeons de sujet. J'aimerais que Radouane me raconte la mort de Mokhtar, il y a deux ans, dont j'ai entendu parler par Gabrielle. Ce jeune homme avait volé une voiture. La police a tiré. Mais pour éviter que la banlieue s'embrase comme il y a quinze jours après la mort des deux mômes dans le transformateur EDF, le maire aurait demandé à la famille d'organiser les obsèques au pays plutôt qu'à Bondy, où les cités avaient déjà commencé à bouger. Même Adrien, le fils cadet de Gabrielle, voulait aller à l'enterrement, tant l'émotion était grande. Pas question, a répondu sa mère, qui a de la poigne.