Derniers articles
-
Autopsie d’une barbarie
Youssouf Fofana c'est un lionceau qui veut devenir roi de la jungle. Cette jungle du crime organisé qui n'a d'organisé que le nom. Celui qui est passé à la postérité sous le vocable de "chef du gang des barbares" est dépeint avec minutie par Morgan Sportès. S'il est à peine camouflé sous le prénom de Yacef, c'est la vérité nue de Youssouf qui se révèle. Mais c'est aussi toute la logique (ou illogique surtout) du personnage qui apparaît crument.
-
Reda, douze ans au service d’une Chorba pour tous
En cuisine, Reda Hadjila est un peu le chef d’orchestre d’ Une chorba pour tous. A mon arrivée, il donne aux bénévoles des recommandations sur les tâches à accomplir. Il est dans les locaux depuis 10h00 du matin, la veille, il n’a dormi que deux heures. En ce 27éme jour de ramadan, celui de la nuit du destin, la nuit ou le coran aurait été révélé, tout le monde s’active en cuisine sous la férule de Réda. Dans un coin, des mamans discutent et rigolent en découpant des légumes. Dans un autre, des jeunes filles s’activent à la préparation des plats en chantant des chansons berbères. Cette ambiance chaleureuse et familiale rappelle le bled.
-
«Bouge tes crampons» : des jeunes, du rugby et internet
Le Centre National de Rugby de Marcoussis, siège de la Fédération française de rugby et lieu d’entrainement de l’équipe de France, a ouvert ses portes durant quatre jours à 30 jeunes de banlieue. C’est l’opération « bouge tes crampons », parrainée par orange. Au programme des festivités : des entrainements d’initiation au rugby, entrecoupés de séances de coaching numérique pour former toute cette jeunesse au blogging et aux médias sociaux. Un mariage inattendu…
-
Sites de rencontres : pièges à crapaud ou à prince charmant ?
Les célibataires sont près de 100 millions dans le monde. En France, selon le dernier recensement de l’INSEE en 2004, ils seraient 35%, soit près de 18 millions de personnes seules de plus de 18 ans, dont 4 millions en Ile de France…Un marché très juteux pour les sites de rencontres qui fleurissent sur la toile et attirent de plus en plus d'hommes et de femmes en manque d'amour. Naïma et Sarah font partie de ces célibataires qui en ont eu marre d'attendre patiemment que le prince charmant frappe à leur porte. Alors quand on est seule à la maison avec un ordinateur pour unique compagnie, on se dit que le « prince charmant » n'est qu'à une portée de clic.
-
Le chemin de croix des étrangers à la Caisse maladie
Un peu distraite, Marta trébuche et tombe à genoux, au milieu de la rue. Elle essaie de se relever mais elle découvre, abasourdie, qu'elle n'y arrive pas. Elle ne pourra pas marcher pendant de nombreuses semaines mais son voyage homérique vient à peine de commencer. Point de départ : l'hôpital. À la « douane », on lui demande le « passeport », son numéro de sécurité sociale. Marta fournit une attestation car elle n'a pas encore reçu sa carte Vitale. Premier ennui : elle découvre que son numéro n'est pas valide. Il s'agit de chiffres provisoires obtenu lorsqu'elle est arrivée en France après d'interminables visites à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). «Avez-vous une fiche de paie ? », lui demande-t-on. « Bien sûr ! » répond Marta. Mathieu, son petit ami qui l'accompagne, retourne à toute vitesse chez elle à la recherche du dit document. Nouvelle consternation : le numéro qui figure sur sa fiche de paie n'est pas valide non plus.
-
Mathieu, SDF, sous le signe de Victor Hugo
Ma cousine m’a raconté avoir passé son samedi soir à marauder dans le quartier avec de parfaits inconnus. Elle était tellement enthousiaste qu'elle m'a donné envie de le faire. Pas pour me prendre pour mère Teresa, mais plutôt par curiosité. Elle est passée par un site internet, On Va Sortir, qui permet à des gens qui ne se connaissent pas de se rassembler et d’échanger autour de différentes activités, cinéma, restaurant, exposition, etc. Je prends ainsi contact avec Pierre, l’organisateur de la maraude. Le rendez-vous est donné, un mardi à 21 heures, devant la pyramide du Louvre, à Paris. Le thermomètre doit être à 2 ou 3 degrés en dessous de zéro. Je suis bien équipée, doudoune, gants, bonnet, écharpe. J'ai aussi apporté un gros thermos rempli d'eau chaude, du sucre, du thé, des touillettes et des conserves.
-
La vie de mes frères sera-t-elle la mienne ?
Mon plus grand frère, âgé de 23 ans, a arrêté l’école à 16 ans, après deux ou trois redoublements. A l’époque, je le voyais fumer, enchaîner les beuveries, collectionner les petits soucis avec la police, sans compter ses mauvaises fréquentations. Monsieur avait également tendance à enchaîner les bagarres de rue. Du coup, il a été envoyé au bled, pour ainsi dire, le bled à la française, en province chez mes grands-parents. Là bas, aussi, il menait « la grande vie ». Résultat : après quatre ans où il passa beaucoup de son temps à s’amuser, il est revenu à la maison, dans son ancienne chambre, et a fini, après six mois de glandage, par trouver un boulot de cantonnier.
-
La venue du pape : du Prozac dans la crise
Ce mercredi la Puerta del Sol de Madrid est encore noire de monde. Mais pour une fois les indignados espagnols ne sont pas seuls à exprimer leur mécontentement. A la veille de l’arrivée du pape aux Journées mondiales de la jeunesse, de multiples associations ont organisé une manifestation dans le centre de la capitale. Même si le mouvement du 15-M n’a pas donné de consignes, les indignés sont au rendez-vous et défilent aux cotés de nombreux militants laïques et homosexuels.
-
Les 355 heures de traversée de Mehmet, Kurde irakien
Mehmet est un jeune gaillard de 21 ans à l'humour débordant. Il habitait le nord de l'Irak, dans la Région autonome du Kurdistan, qu'il appelle, lui, tout haut, avec fierté, en kurde, « Hikûmetî Herêmî Kurdistan ». Un lundi bien ensoleillé de mai, je me trouve au centre commercial Bobigny 2 avec une amie. Après qu'on a fini de faire nos achats, nous prenons le chemin de la sortie, côté préfecture, pour prendre le bus. On passe non loin du cinéma, on s'approche du kiosque, lorsque sur la route je vois mon cousin. Il est en voiture avec apparemment un ami, il me propose de nous emmener là où nous rendons. Tout en roulant mon cousin nous fait la conversation, il présente son ami Mehmet qui nous fait un sourire, et je leur présente mon amie Isabelle.